‹ La traite des chanteuses (moeurs de province)Chapitre 38 sur 71 · IL · texte numérisé non relu

IL

Le commissaire de police n'aime pas les artistes pour une raison bien simple : c’est qu’ils gagnent plus d argent que lui ; il admet que des femmes fassent ce métierlà, mais il trouve ignoble qu'un homme ose chanter à leur côté — et de oe fait, il se fait petit autocrate de clocher et persécute quand il le peut les artistes hommes — soit que leurs papiers ne sont pas en règle, soit tju on le critique dans des chansons* Un jour un artiste arrêté pour ce fait, lui faisait observer que les empereurs, les rois, les présidents de la République ont été ch un son nés et ne s'en portent pas plus mal pour ça ;il a répondu ; « C'est parce que ce sont des imbéciles qui ne surent pas se faire respecter, »

Un jour un groupe d s artistes vînt lui rendre visite pour lui dire que la Direction les exploitait honteusement en prenant 90 francs de pension par mois et 50 francs de chambre. Il répondit qu'il avait assisté au repas des artistes la veille**, et que pïus d'un « domestique de ferme » n'était pas nourri comme ce la, même le dimanche.

1 A traits dus chanteuses

On n’est pas plus aimable, n’est-ii pas vrai?... Encore une ignominie de commissaire de police une de plus!

... à mes débuts le 28 décembre (j’avais alors quatorze

J ™ ager j* l - yrK l ue de Lyon m’engageait dans un concert d une ville voisine. Il avait reçu du tenancier M C la somme de 40 francs qui m’était destinée à titre d’avancesur œ tte somme il me remit le montant du voyage, soit 6 francs, et retint le reste pour ses honoraires.

J arrivai à dans la soirée.

^ ivée le P^ron me présenta à un vieillard

rhcTt^W M - ”* ? qn Ü falIait ( l’ le ^ donne

i hospitalité. Sur mon refus il entra dans une violente

toléré et me menaça... Je montai à la chambre qui m’était dostmee et m’y barricadai, car il avait tenté l pémïrer chez moi par la force. Etant donnée mon inexpérience de la vie, je passai la nuit debout, à pleurer Le lendemain matin, comme je voulais partir,' il envoya

Z ; 8 ; &n \ ts m d[s «t W* j’étais une voleuse et qu ayant reçu des avances ( ?) j e ne voulais pas débuter

Ôidm Je COUtai - le r aUX agentS ’ puis au commissaire

missaL T T ° J T- “ LyOD ' Aussitât Portai plainte au comissairo do police, qui ne donna aucune suite à l’affaire

vr C S e ’ danS Sâ slm P lioité - n’est-eîle pas navrante : Et que penser de cet agent de l’autorité qui .e refuse a protéger une enfant de quatorze ans??...

Briançon cette ville située à une altitude presque ridicule, enlinoculée dans la neige et l’ennui, rêvait d avoir un beuglant.

--- : J-! jp.-

LES CITES DÉCADENTES 187

Elle s'adressa donc au maire sous les espèces d’un troquet*

Le maire résista, prétextant que le lupanar devait suffire à charmer les loisirs de ses administrés*

Et, comme l'autre insistait, faisant valoir que la ville manquait plutôt de gaieté, qu'elle avait besoin d'agréments, de musique, il s'attira cette réplique dont Fingénuité montagnarde n'échappera à personne : « Il n’y a donc plus de piano au bordel?... » Le maire finit néanmoins par donner F autorisation demandée... Mais à qui?*** Je vous le donne en mille... A la dame F ..., propriétaire du lupa na r ! / f

La lyre s'aggravait d’un gros numéro... ou le gros numéro s'aggravait d’une lyre, comme on voudra.

Et comme la maison close touchait la nouvelle maison ouverte, la tenancière entreprit — complétant sans doute l'idée du maire — de les réunir ; ce qui fut fait

Les clients, par un couloir, passaient d'une maison à l'autre avec une égale facilité* Il arrivait parfois que le concert était soudain interrompu par le cri traditionnel : « Toutes ces dames au salon I »

Un comique, spécialement engagé, faisait l’intérim I.**

La dame F,., ne tarda pas à s'apercevoir, avec une certaine stupéfaction, que les pseudo-chanteuses avaient beaucoup plus de... résistance que ses... habituelles pensionnaires. Elle prit alors le parti de licencier son ancien personnel, et le bordel devint un grand concert,*, ou le grand concert devint un grand bordel**, comme vous voudrez.,,

Il durerait encore... mais, héîafi I la tenancière voulait, dans son fruitier, des fruits trop verts.** et les magistrats l'envoyèrent réfléchir sur le danger qu’il y a à vouloir satisfaire tous les appétits.

Le maire était un simple, mais que dire du com-

IBS

Page 1