BI
-. Au Bl..., Ja tenancière ne donne sa clef à l'artiste que orsquo celle-ci est accompagnée d’un client qui doit, préalablement payer le droit de monter! '
lem Ut"VnT nt ; <iW: 16 S ° ir ’ ICS artistcs trouvent dans i éu'" ,‘ ent lm P° se P ar 1» tenancière!...
A Ch... on n'engage que des prostituées,
A S... on promet aux artistes 3 francs, les quêtes et la nourriture. U jour, une artiste, coupant sur son assiette
ZiTZT de v'% CJU ’° n Venilit de ,ui seryir ’ constata 1 était rempli d asticots. S’etant plainte, elle fut do ce jour, très mal considérée. *
En ete, il faut aller s’asseoir avec les messieurs sous les
LES CITÉS DECADENTES
petites tonnelles a pas éclairées », où il se passe de drôles de choses.
Le commissaire de police y venait faire son petit pacha ; il paraît même que la patronne, M me G... lui était très chère. 1/avant-veille de mon départ, je reçois un ordre de police de ne plus chanter» Etonnée, je me Tends au bureau de police pour m'informer. On me répond : ft Sorte# d'ici, ou je vous fous dedans! » J’ai voulu m’expliquer... ah! bien, oui... Encore un peu et le commissaire me faisait sortir en me passant à tabac.
J© mont© trouver le maire et député, M. L. C... (un député socialiste, s. v. p.), On me dit qu’on a autre chose à faire qu’à s’occuper des chanteuses.
Là encore il paraît que la tenancière M me C... était du dernier mieux. Je ré avais doue rien à obtenir...
Le soir je me présente pour chanter. Impossible !... Ordre de police.
— Payez-moi, dis-je à la patronne, les jours faits, et je pars.
— Non, finissez votre engagement et je vous paierai.
Fai donc travaillé là 13 jours pour rien et j'ai dû m’en
aller ainsi. -Fai écrit au préfet de police de Paris»., qui ne ni a jamais répondu..,
A V... le patron est plus gentil : il garde les petites femmes pour lui et deux de ses amis ; mais malheur à celle qui s’écarte du,., droit chemin. Là j’ai écrit au préfet qui a eu la main ferme et a fait interdire les quêtes.
AA... le maire est un ancien vétérinaire de l’armée. Quand on lui a demandé d’interdire les quêtes, il a répondu (ju’il fallait que ses soldats s’amusent. Vous voyez d’ici la femme qu’il faut là-dedans.»» Aussi, les chanteuses qui vont à À.*» n’en peuvent plus sortir ; ce sont do vraies fiEles à soldats. Je suis allée trouver ie commissaire : il a les bras liés, ainsi que le juge de paix,
Tout artiste, homme ou femme, arrivant dans une ville, est tenu de se présenter au commissariat de
police où on loi délivre un petit papier dans le genre de celui ci-contre*
Dans d’autres villes (une dizaine) on leur fait cadeau, en même temps, d’un petit carnet... de visite..»
À 1 Eldorado de T,.., dirigé par un sieur T... (Tellier, probablement), les chanteuses adressent au commissaire de police une pétition sur la manière odieuse dont elles sont traitées par le patron qui les force à se prostituer, — après avoir, toutefois, prélevé le droit de jambage. Le commissaire commence une enquête, tous les faits sont reconnus Exacts... et les autorités refusent de poursuivre F affaire ! !
Autres lettres, se passant de commentaires :
A,.», 18 mai*
... Si l’on supprimait les quêtes, ces messieurs, tels le Procureur, le Commissaire, le Substitut, etc,.., qui sont des hommes comme les autres, no viendraient plus si volontiers, car toutes ces petites daines font le plus souvent leur choix parmi les membres de la magistrature, et si malheureusement une plainte était poussée, on voit d’ici comment elle serait interprétée*
Il est vrai qu'il y a des petits salons cachés, particulièrement réservés aux. notables de la ville , qui rie mie rat faire en cachette la petite fête f et naturellement Ü réy a pas de danger pour eu# car le commissaire est presque toujours là et ce n’est pas lui le rtwi ns chéri de ces dames.
Un artiste.
Où la liberté des artistes passe après la liberté du commerce... (même quand Ü s'agit de la traite des blanches).
ct^.Wl *&&!*&
(? 0 !/ite "5c '<bu.zdit.
ai
^Urik»'k«
/Ju&jL /U, -*e*#b£z>. au»*** À Uk 2 ’/œàfeïf#: . ......
■^*as|i4t***' 'J <&*&*£ * $***^ t <2
-JU«A Üm • -OttX ï)& ^ijvua JL -vu*) •tuXUMC'fVMCKV/*
4ar Witifa», *n. eUU. Vitti- 4>u£iaJt tlflwUlsfyo
|*u*i*fc yKtowi^i ■
®i£mmm . £l. tf.-tâfZ ..^£$?.~. -...
I ^t.(^H»».»w > «**■*. SlM^, '
JÆS CITÉS DECADENTES
... Voici co que m’& dit M. le maire d J À... : u Ce n'est pas la première fois que des artistes viennent me révéler des faits semblables, La dernière fois on a convoqué tous le monde au bureau de police, et îa majorité des artistes ont démenti ces faits. Devant cette attitude incompréhensible, je n’ai pas cru devoir donner suite à l'affaire*,. Voyez-vous y le jour oit nous .supprimerons ?cs quêtes et tes pensions obligatoires } les tenanciers fermeront leurs établissements t et alors nous aurons tous les créanciers contre nous, qui nous accuseront <f avoir causé la catastrophe par des arrêtés entravant la liberté du commerce!!! ?! ?
--- Le concert est fréquenté, par derrière en cachette, par les têtes les plus saillantes de B***g, par les plus hauts fonctionnaires qui, bien entendu protègent les directeurs, en récompense de la discrétion que ees derniers ont poitr les bombes effrénées que Von fait chez eux...
B*.., janvier 1906*
Je profite de T occasion pour vous parler du maire de B... en faveur des artistes. Le nouveau règlement est entré en vigueur depuis le 1“ janvier dernier. 11 est partout respecté, excepté pourtant chez F... ■ seul, celui-ci a obtenu une prolongation d’un mois. Pourquoi?*** Toujours pour les mêmes motifs. Le propriétaire à F*.., M. V**., est l ami intime du maire, et en même temps est 1 er adjoint. Qui paierait V..* si Pou enlevait à son locataire les petits bénéfices provenant des moyens que nous condamnons r Voici encore un© autre et puissante raison ; Des gens haut
placés très friands des copcerhs F... — et encore plus des dames artistes — ont, parait-il insiste pour obtenir que F.., ait une nouvelle prolongation...
Il y a un mois à peine» deux ou trois jeunes gens de bonne famille mineurs viennent de M... à- B,.* pour faire bombance». La police, aussitôt de les chercher ; elle croit les pincer elles F... Vers une ou deux heures du matin, le commissaire apparaît subitement et, au nom de la loi, se fait ouvrir les chambres des dames artistes. De jeunes Maçonnais, point! mais deux ou trois messieurs, haut fonctionnaires, — et*., gens mariés!... — étaient couchés avec cen dames!... Alors rapport du commissaire demandant la fermeture du concert. Réponse du maire : une prolongation d’un mois est de nouveau] accordée à F... ! ! !
... Il no faut pas compter sur l’appui des autorités de la ville ; le maire tient les deux magasins do nouveautés et les directeurs sont scs meilleurs clients. Le procureur de la République reçoit en cadeaux, des fils qui vont à la chasse, force lièvres, perdreaux» faisans, etc... comme hommage à la liberté qu’il leur laisse d’exercer tranquillement leur industrie...
N...» 10 octobre 1905.
... À deux reprises différentes» le Secrétaire avait appuyé les demandes de notre syndicat auprès de T ancien et du nouveau maire. Ce dernier avait fait faire une enquête par la police locale, d’après laquelle le maire n’a pus jugé à propos d’intervenir, disant que, si les artistes veulent améliorer leur sort, à N..., ils n’ont qu’à le faire d’eux-mêmes et que le syndicat n’a qu’à s’entendre avec
LES CITES DÉCADENTES 203
les directeurs de la ville sans demander Faide de la municipalité.
Quant à lui personnelle ment (le maire actuel) il préfère au contraire que, vu la moralité douteuse des chanteuses desdits établissements! elles logent et mangent ensemble dans un lieu commun ; en cas de besoin il pourra ainsi les trouver immédiatement. Et il ajoute qu’il n’hésiterait pas à mettre « en carte » celles qui se feraient remarquer d’une façon exagérée,
Br,,,
Comme on se plaignait dernièrement à quelques personnages influents de la ville sur la quantité considérable de soi-disant artistes qui débarquaient à B,**, il a été répondu : te Mais tant mieux, tant mieux!... De cette façon, nos femmes sont en toute sécurité, »
■ *. Il faut avouer, à la honte de beaucoup, que, dans les petites villes de province en général, cette catégorie de trafiquants, {les tenanciers) est en meilleurs termes avec les autorités du pays, très heureuses lorsqu’elles en ont l'occasion, de faire plaisir à leurs digues amis par F emploi arbitraire de la force du Pouvoir dont ils ont été revêtus,
La 11..,
,,, A F époque dont je vous parle, au café des « Fleurs », U y avait un Salon, dit te parc aux huîtres, h loué à l’année par des membres participant» qui étaient : le secrétaire du Parquet, des avocats, des clercs, notaires, agent s-voy ers, un directeur d une grande compagnie de chemins de fer.
de® conseiller® de préfecture r:,
en sus du i„™, 1 , ’ La, les consommations,
d m l "n J nüeIj 86 Payaient le double du prix fixé
f aUssi V ™ «ait chez «od„. derrière u n
.■ rideau, a la. lueur discrète d'un bec de izw à dntm*
’ .‘"T" CI1Mre P” globe opaque It li n 2 cru co boudoir inhabité sans l’entrée dus ari ~L * tour do rôle y faisaient , des artls *«« qui, a
Ajoutons ,« C ,S
ïrïSÆi* -
Boïoïr^rcî?" ?°ï io S""*-», i-
S au mur, Je 23 avril 1906
Riant lc P !s>°rf <1 à's2'N tS 1“ 2$ l ? n /? 8avo } r î» !e »*eu- JJxccIlence en vue, ~ * fonde P llr le père d’une
ce C be.^îanti e %fi" «rf™*!’ q "t lqUe teln P s e * lui-même , 0 , j, , , iont arrive avec Ja marée.
-«^re, M. Ar-
senté le beuglant ,l e vrovinlr"Ll‘ G , r f ndf -. FamlU, prément. A-t-il craint de f i .i ' , qU 11 ex,ste véritable-
de l'Ambigu de le se'îi)d'îT,- P0USSer es hauts cris au public
aurait pu^roirc « Une P eint »™ que l’on
1 r< cx 'i2ercc du beuglant moderne P...
LES CITES DECADENTES
tion scandaleuse dont vous vous ÔooUpez; en ce moment*
À la date du 10 mars 1905, j’ai enfin obtenu un arrêté dûment approuvé le 25 du même mois par la préfecture de Maine-et-Loire, et me donnant à peu près satisfaction.
M ai s M. le Maire de S ai; mur ayant, pour d'autres motifs, donné sa démission, a été remplacé par l’un de mes collègues qui avait réclamé avec moi des mesures sévères contre les beuglants*
Circonvenu depuis par les peu intéressants tenanciers de ces établissements et par de vieux beaux fortunés eu puissants à Saumur, qui préfèrent aux joies du foyer domestique les « plaisirs » pimentés qu’ils ne sauraient trouver chez eux, M* le Maire actuel s’est, à mon grand regret, laissé déborder par des influences et des considérations qu’il eût dû écarter sans miséricorde*
Ainsi la quête interdite par F arrêté municipal du 5 mars I90Ô est de nouveau tolérée* C’est d’ailleurs le seul moyen apparent d'existence des prétendues artistes qui s’exhibent à Saumur.
Bien d’autres abus supprimés par F arrêté susdit sont revenus et ont repris leur cours comme si rien notait*
Et tout cela sous le faux prétexte de l’intérêt du commerce* Il paraît qu’il n'y a que ce commerce qui prospère, à Saumur*
Le directeur de l’un dos journaux où je collabore me disait un jour : ti Vous a I lez vous faire dollar per. Songez donc que les dépenses qui sent du ressert des beuglants s’élèvent ici à plusieurs centaines do mille francs* n Et comme jo inc récriais sur F ex âgé ration de ce chiffre, il m’en donna les raisons que je me dispenserai de rééditer mais qui ne sont point de nature à donner à certaines categories de commerçants et a d’affaires n sa uni u roi ses, la bonne opinion qu’on en voudrait avoir.
L’arrêté municipal auquel j’ai fait allusion subsiste toujours en droit, mais en fait n'est nullement appliqué en ce moment.
Interpellé à ce sujet, M. 1© Maire a déclaré qu’il s’en passait bien d’autres dans les music-halls parisiens. Cela peut être mais n excuse nullement ce qui se passe ici*
« Monsieur, tu© disait un éminent personnage officiel, vous avez raison, au fond, dans votre campagne contre les cafés-concerts. Les tenanciers de ces bouges ne m T inspirent aucun intérêt, je vous assure, mais vous avez ici umo population spéciale de militaires qui a des mœurs particulières et à qui il ne faut pas trop imposer la contraint©. »
Je m’abstiens d’insister, j’aurais peut-être trop à dire.
II n’y a en ce moment, ici, que deux beuglants qui fonctionnent. À 3 a suite de F arrêté municipal que j’ai obtenu, deux autres ont' fermé leurs portes, ne pouvant plus vivre avec la nouvelle réglementation. S’ils avaient attendu, ils auraient pu recommencer comme les te Arts » et la a Renaissance » sur lesquels vous me permettrez de no pas trop insister.
Veuillez, etc,,.
À. Micheatjx,
Bédacteur en Chef au te Courrier de Séumur », Con s eiller munie ipa l .