‹ La traite des chanteuses (moeurs de province)Chapitre 50 sur 71 · KL · texte numérisé non relu

KL

D’une habitude ou d’un défaut Faisaient la confidence.

Il s'agissait tout simplement De ta phrase amoureuse Que la femme dit au moment,

Au moment d'être heureuse,

Passons, si vous voulez, le second couplet.

Moi , dit la blonde, il itFcn faut peu Pour me réjouir Famé ;

Quand je vois un coin du ciel bleu Aussitôt je me pâme.

Les yeux fixés vers F au-delà Je dis, calme et docile :

« 1 /inventeur de ce bonheur-là N’est pas un imbécile, »

ts Moi, dit la rousse, en vérité Je suis toujours muette

Car je sais la civilité Puérile et honnête.

J’ai bien soin de me rappeler, Retenant mon haleine

Qu’il est malappris de parler Quand on a bouche pleine, n

La logique de Gaston (h

Naïveté enfantine.

Quand la maman du p’tifc Gaston Lui ht cadeau d’ son p’tit frèr Jules

(1) Georges Ondet, éditeur.

LES COMPLICITÉS

Sitôt qu’il aperçut F poupon,

L’ gose* demanda, Fair incrédule :

et Maman, réponds-moi sans tricher Où quVest qu'on achèt 3 les p’tits frères?

Cest-y qu'ils rien'nt du Bon Marché,

Du Louvr 3 ou d T la Bel F Jardinière? »

La maman du jeun 3 polisson D’vant cett’ question embarrassante,

Pour fair plaisir au p’tit garçon Itépondit d un’ voix complaisante :

u Les p'tit's filFs, vois-tu, mon bijou,

Ou va les chercher sous les roses,

Kt les garçons vien’nt dans les choux Quand c’est Fpapa qui les arrose... »

Le troisième couplet ne vaut rien, même dans le genre ignoble *

Or un soir qu'il était au lit Cherchant à pénétrer e’ mystère Tout à coup F gamin entendit Causer dans la chambr’ de sa mère ;

H T « mon ptit chat, » disait Y papa ; Lt maman lui répondait d p même :

“ ■ tïliéri, si f suis ton p'tit chat,

loi, tes mon p tifc chou à la crème. »

e Son p’tit chou? Qu'esW quW raeontMà? »

décrie Gaston qui prêt 3 F oreille ;

« J 3 crois plutôt qircn fait d' chou, od-dà, Maman veut m’ la fair" à F oseille.** a

LA TRAITE DLS CHANTEUSES

Alors, s?avançant à pas d’ loup,

LT gamin s’écri’ d’un p’tifc ton rosse :

et Maman! si tu boulottes le chou.

Me fi’-toi d’avaler un gosse,,* »

Ovariotomie (1}

Lettre d'une jeune opérée à Vune de ses amies*

J 1 viens rF me faïr fair’ F a ovariotomie ».

Ab! là’ là! ma chèT% quelle opération!...

Et comm’ t’es sûr’ment ma meilleure amie J T te griffonn’ ci-joint mes p tit’s impressions : J’avais d'abord pour que F docteur m’endorme,

Bien, qu’ ce soit une clios’ qui m’urriv souvent ;

S ouï’ni ont, d’habitud’ j’ prends pas d’ chloroforme, j’ prends général’ment dans les vingt-cinq francs.

Ecoute — avant tout — il faut que j te dise Le médecin en chef est un homme charmant ; l\ s’est tout d’abord mis en bras d T chemise,

Et ça m’a rapplé mon premier amant.,,

SeuFment c* méd’cin-là, c’est une autre affaire :

I! a su tout d’ suit’ trouver F bon endroit,

Et j’ai constaté qu’il connaît, ma chere,

Vraiment son métier sur le bout du doigt...

Passons le troisième couplet , pour ne point risquer de procès.

fl) Georges Ondet, éditeur.

LES COMPLICITÉS

y-là q«* j’arriV maint 7 liant à P instant critique Où l'on npa rtiré tout's mes,,, illusions ;

C’est un sa!’ moment qu’a rien d’ poétique Et qui vous procure un’ drpP d’impression :

Fourrant ses gros doigts sur ma p’tit’ peau rose,

Le méd’cin en chef s 7 met à m’ farfouiller,..

... Bref, c’est l’deuxième homm’ qui m’ait pris quéqu’ehûse, Mais la premier’ fois, j’ai pas tant crié!,,,

Enfin, à présent, e’est fini, ma chère;

Et c’ n’est pas trop tôt, sacré nom d’un chien ï Maïs puisque avec toi j’ veux rester sincère,

J’dois t’avouer qu’ dans Y fond, je n’ regrette rien. Maintenant, c’est réglé, grâce à e’tte aventure J’ suis d’venu’ kif-kif un gardien d’ sérail :

J* suis sûr que j’ n’aurai pas d’ progéniture Et sans accident j" f rai mon p’tit travail,

Et puis, y a encore un autre avantage :

On n’est pas toujours très bien disposé...

Un’ fois tous les mois,,, quéqu’fois davantage,

On a beau vouloir... y faut se r’poserî Tandis qu’à présent, vois-tu, ma cocotte,

Grâce aux résultats de coopération J’aurai plus vit’ fait d’arrondir ma p’iote,

Puisque j’ n’aurai plus jamais d’ mort’ saison.

Vous êtes édifiés, lecteurs, sur les chansons qu’il faut à la province. n

Un commissaire qui collabore :

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