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CHAPITRE IX

Les complicités

Ifü gouvernement responsable, — Un homme récalcitrant. “ fonctionnaires complices. — Chansonniers, musiciens et éditeurs coupables. — Une lettre de Waldeck- Itousseau. — La Grande Coupable : la Société des éditeurs, auteurs et compositeurs de musique. — Le comité s'émeut.,, mais n’agit pas. — Quelques membres de la Société* — Chansons suggestives, -— Un collaborateur imprévu***

Dans ce scandale ; la Traite des Chanteuses , qui dure depuis près de trente ans, il y a plus que des responsabilités, il y a des complicités*

Les responsabilités incombent :

! Au gouvernement qui, plusieurs fois, pris à partie par la Presse, s f est désintéressé de la question et n’a jamais fait le nécessaire pour entraver le mouvement décadent *

2° A un homme du ministère de ^Intérieur qui n’a jamais cessé de s’opposer à toutes les réformes projetées — et cela par entêtement pur — et qui a longtemps découragé les meilleures volontés en se servant des plus détestables arguments qui soient, pour essayer de prouver que ces questions se rattachaient aux grandes questions de la prostitution... Ce qui est faux ! les cafes-concerts étant soumis aux mêmes obligations que tous les débits de boissons (droit de licence’ droit de consommation, — loi de 1880).

Quant aux complicités, elles sont multiples,; elles vont d abord du préfet aux conseillers municipaux en

passant par les procureurs de la République* les maires et les commissaires de police. Mais la grande coupable, c'est cette Société des Auteurs, compositeurs et éditeurs de musique qui draine cyniquement des millions et des millions depuis trente ans (1906, près de deux millions l) dans les beuglante de province, et qui n'a jamais rien tenté pour le relèvement moral du café concert tombé dans une décadence extrême ; au contraire, les complices sont donc : tous les chansonniers qui fournissent les ignominies ne pouvant être chantées qu'en ces sortes d'endroits ; tous les musiciens qui les mettent en musique ; et enfin tous les éditeurs patentés qui les éditent.

Les coupables sont : les agents lyriques qui, depuis trente ans, font la traite des blanches sous prétexte de fournir des chanteuses aux tenanciers qui vivent surtout de leur prostitution.

Cela a assez duré.

J'ai donné la preuve des responsabilités qui incombaient aux autorités locales et gouvernementales. Pressons donc l'homme néfaste, M, H..., qu'il me semble urgent de mettre à la retraite, si Ton ne veut point piétiner sur plae* et si Ton désire vite la solution de F autre grande question : la prostitution.

N eus allons donner les preuves de cette mauvaise volonté en extrayant quelques passages d'une correspondance échangée entre un brave fonctionnaire (qui cherchait déjà à cette époque ce que je cherche encore aujourd'hui) et un de nos sénateurs .

Cher monsieur.

J’ai vu M. H,.., et ai eu avec lui un entretien de 2 heures 1/2. J'avais eu soin do me faire recommander à lui par un de vos amis qui est un de ses collègues. Aussi, j'ai trouvé un homme courtois, poli, mais d’un caractère ombrageux, méfiant, voyant partout des difficultés, des

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impossibilités, et estimant que lui seul connaît la questien qui vous intéressait. Dans un bureau rempli de paperasses éparses, semées à terre, sur des tables, des chaises, des fauteuils, passant à chaque instant sa main sur son front, il se donne des airs d'Atlas supportant le monde.

Il m'a entretenu des artistes du Français, dont il ignore Fauteur, mais qu'il croit justes dans le fond tout en les supposant un peu exagérés. Ne connaissant pas F organisation des cafés-concerts, il aurait été sur le point de s'aboucher avec M, L..,, mais il aurait reculé, dit-il, devant la crainte d'un chantage de la part du journal. J’avais fortement envie de rire devant ces suppositions si inexactes, qu’il faisait d'un air à la fois mystérieux et entendu d’un homme qui en sait long et qui a, de tout, une profonde expérience.

Naturellement j'ai feint d’ignorer quel était l’auteur de ces articles, et s'ils étaient vraiment conformes à la vérité.

Je lui ai dit que M, P..., sénateur, désirait voir son arrêté étendu comme arrêté préfectoral dans tout son département, et que mon Préfet était désireux de lui donner satisfaction ; que dès lors nous lui serions très reconnaissants de nous donner des instructions précises et prochai nés dans ce sens»

Là-dessus, emballement de M, H»»» qui me déclare qu'il u est pas possible d’établir un arrêté ainsi avant qu’il n ait fait faire une enquête dans tonte la France, qu'il faudra longtemps, très longtemps ; que cette question se rattache à celle de la prostitution en général (ce qui est faux absolument les artistes ne sont pas, ou du m o in s ne déviaient p&s etre des j^rostitvêesJ et que cette question n’ayant pas été réglementée depuis Saint-Louis, on ne peut élaborer une réglementation sans études préalables, travaux sérieux, etc., etc...

Devant cette disposition a enterrer l'affaire sous la force d'inertie, je lui ai glissé doucement que, d’une part M. F... y tenait et qu'il était intime avec M W. IL., ce qui gênerait mon préfet s'il ne pouvait lui donner satisfaction, et ensuite que je croyais savoir que le Français, armé jusqu aux dents, se proposait de revenir sur la ques-

tîon d'ici à peu de temps, et de faire imo campagne violente.

Alors,*, Tout retard exagéré pourrait être dangereux pour nous tous, lui et moi.

Je crois que ces 2 derniers arguments Tout un peu touché. Il a l’intention d’activer. Mais toutefois, ne pensez-vous pas, cher monsieur, que d'ici à quelque temps une démarche nouvelle auprès de M. W, K.., serait nécessaire? Au besoin, si vous le jugez utile, on pourrait rallumer le Français ou d'autres journaux, et produire quelques articles violents dans quelques semaines, si vous constatiez une mauvaise volonté évidente.

D'autre part, on pourrait vous faire adresser, à l’intention de M, le Président du Conseil, une pétition de la chambre syndicale des artistes dramatiques et lyriques, demandant P application immédiate de l’arrêté de Rennes dont ils détiennent un exemplaire.

Je suis à vos ordres pour ces diverses manoeuvres ou toutes autres que vous jugerez utiles. Veuillez m’envoyer vos intentions, et je les exécuterai. Je rentre à Rennes où je serai retenu jusqu'à fin mois par les opérations de la révision, et j’y attendrai vos ordres.

Veuillez agréer,,, etc,., : X,,,

F. S. On ne pourra prendre d’arrêté préfectoral pour le « département en question » avant la circulaire ministérielle, parce que, d’après la lot, je suis tenu d’en adresser un exemplaire à l’Intérieur. Et M. H.,, m’a prévenu qu’il me répondrait que cet arrêté est prématuré et que je ne devais pas le prendre avant d’en avoir référé à l’admis nistration centrale. Autrement dit : Deux ans de perdus, Féteignoir obligatoire , F éternelle force d'inertie des bureaux, ïe découragement de toutes les bonnes volontés!

Deuxième lettre.

22 février 1902,

Cher monsieur,

J’ai l’honneur de vous retourner la lettre de l’Intérieur, C’est navrant de voir les choses les plus simples et les

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plus utiles enrayées par l'esprit de routine et la sotte prétention de certains ronds-de-cuir qui ne veulent recevoir aucune impulsion du dehors et repoussent toutes bonnes mesures du moment qu’elles n’ont pas germé dans leurs cerveaux.

Je crois que c’est une grave erreur (1) de vouloir joindre la question des cafés-concerts dont nous tenons la solution à la très complexe question do la prostitution qui demande de longues études préalables (depuis le temps 1).

C. est vouloir enterrer cette affaire qui pourrait être réglée de suite, tj autant plus facilement qu’une série d’arrêtés préfectoraux s’appuyant sur les lois existantes et ne modifiant ri eu à la réglementation actuelle, ndnpêcherait pas des études plus complètes qui aboutiraient ptm tard h propos de la prostitution à une législation spéciale s il y a lieu. Mais dès aujourd’hui, sans bruit et sans délai, nous aurions une solution sérieuse, sinon parfaite.

Veuilles donc demander au 3* Bureau de la Sûreté, à l'Intérieur, le questionnaire que M. H,,, a adressé à toute les Préfectures, Vous y verrez qu'il s’agit de la prostitution avouée ou clandestine dans les maisons de tolérance, les débits et un peu partout ■ c’est un travail de statistique surtout, qui n’a rien h faire, au moins directement, avec les cafés-concerts.

Iis seront bien avancés, à l’Intérieur, quand, au bout ci un an, ils sauront qu’i! y a tant de fillettes de 15 ans se prostituant librement ou dans des lupanars. Qu’est-ee que ecîa leur dira au point de vue des cafés-concertsP Ce sera une étude intéressante au point de vue d’une réglementation générale de la prostitution, mais les cafés-concerts ne sont pas des maisons de tolérance, ou, du moins, ne devraient pas on être. Puisqu’un arrêté préfectoral permet d’enrayer cet abus, qu’on le prenne d’abord et les bureaux pourront ensuite faire leurs longues études sur la prostitution generale, et aboutir quand nous serons tous morts.

Veuillez agréer, etc.,.

Signé ; X...

(1) C’est même une infamie.,.

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Voua pensez bien qu'en 1906, M, H.,. f è l'Intérieur, n'avait même pas commencé son enquête. Cet homme se croit indispensable!... et pourvu qu'il parle à tort et à travers d'arrêtés royaux, d’ordonnances impériales, tout le fatras légal dont il a la mémoire farcie, il est heureux et content...

C'est toujours lui, paraîMl, qui met encore à présent des entraves au décret que veut prendre M. Clemenceau.

(1) Les signes incompréhensibles représentent la signature de Waldeck-Rûusseau.

Quand débarquera-t-on cet homme qui, par sa nonchalance et sa mauvaise volonté, semble faire le jeu de tous les agents Du Mec et de tous les téïiancieis Marlou !

La société des éditeurs, auteurs et compositeurs de musique.

Je sais que la Société porte un nom un peu différent du nom ci-dessus, Los auteurs et les compositeurs, en effet, sont mis en premier, par une habitude bien naturelle, un respect des conventions. On les paye en monnaie de singe, c'est-à-dire en gloire, si toutefois ee mot n'est pas trop ronflant pour de petits fabricants de chansonnettes — que, la plupart du temps, — ils fout faire par autrui.

Les éditeurs ont gardé la dernière place dans la

théorie ; mais n’allez pas croire que la modestie soit pour quelque chose dans cette acceptation... Loin de là!... Les derniers glanent dans les champs... et dans les chants, la meilleure gloire est, à notre époque, celle qui est tintinnabulante.

—* Après vous, messieurs les auteurs... après vous h., s'écrient les éditeurs.

Au syndicat de la rue Chaptal, MM. les éditeurs, seuls, sont puissants, tout-puissants 1... Ils daignent toutefois nous laisser toucher des droits ; mais c est tout (quand les comptes sont justes, encore 1).

On se souvient des démêlés de la Société de la me Hippolyte-Lebas et de la Société des éditeurs, auteurs et compositeurs de la rue Chaptal. N'y revenons pas ; non plus que sur le scandale S... présent dans la mémoire de tous les membres de la Société. Rappelons simplement qu'un agent général, après plus de dix ans de géranee, fut mis dans l'obligation de promettre de rendre ... — pour la galerie... — plusieurs een-

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taines de mille francs détournés avec la complicité de certains membres influents.

Mais, fur ce scandale, il a neigé,,, tout a été blanchi, . Pensant naïvement que le comité qui avait succédé à l’autre... (celui que Ton avait chassé) possédait quelque moralité, j'adressai au Président, — homme probe, je suis sûr, avec lequel je n 7 eus jamais que d'amicales relations, la lettre suivante :

Monsieur le Président,

Par une courte conversation que j’eus cette semaine avec M. Gasehard, agent général de notre Société, fai su que le Comité s’était ému de mes articles sur la a Traite des Chanteuses »,

Je ne pense pourtant pas avoir appris quelque chose de neuf, et tous les comités qui se sont depuis vingt ans succédé à la Société savaient très bien à quoi s’en tenir sur les beuglants ou les cafés-concerts de province.

Tl a donc fallu qu’un journal assez répandu m’ouvre ses colonnes pour faire une campagne contre un état de choses ignoble que vous connaissiez mieux que moi, — pour vous émouvoir,..

Et maintenant F*,. À présent qu’ officiellement vous savez,,. qu’ai lez-vous faire?... Car enfin nous n’en sommes plus au temps où Ton répondait ■ u C’est exagéré.., c’est beaucoup exagéré,., »

Vous savez actuellement que rien de ce que j’écris n’est exagéré, mais que je suis dans mes articles forcément audessous de la vérité. On vous le dira quand vous voudrez, au Ministère de l’Intérieur.

Les cafés-concerts do province sur lesquels la Société prélève annuellement quelques millions de droits, ne sont que de vulgaires maisons de prostitution, Be ceci nous sommes sûrs.

Mais ce dont je suis également certain c’est que la Société n’a jamais rien fait pour enrager le mouvement décadent de ces cafés-concerts de province.

Il en résulte, du reste, que les éditeurs sérieux, tels que vous, u éditent plus de chansons, celles que vous pour-

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riez éditer n’ayant pins cours en province. Il faut, pour les beuglants des chansons emplies d’immondices qui, la plupart du temps sont éditées en sous-main par des éditeurs assez peu scrupuleux qui se font, par ce fait, .es complices des agents lyriques et des tenanciers, sortes o personnages qu’il est inutile de qualifier.

Par sa constante acceptation, la Société se trouve donc être beaucoup la cause de la décadence d’un art qui pourrait Être un petit peu lyrique, mais qui n est plus que lubrique. Elle aurait dû jeter le en d alarme, étant aux

PT J’en^nclu sTque les véritables auteurs, les vrais poètes, les chansonniers de talent, n’ont plus rien à faire chez vous, puisqu’ils se trouvent sans éditeurs et sans mterorètes — pour la province, du moins.,*

J’ai’rêvé, M. le President, la mort des beuglante et je crois toucher au but, le secrétaire particulier de M. Clemenceau m’ayant assuré que le Ministre de llntene allait signer le décret que je lui demande, le decret qu ordonne :

1® Suppression des quêtes, loteries ou tombolas, sauf dans les représentations ayant un but réel de bienfaisance ;

2° Interdiction de la pose des artistes sur la seine ,

3° Interdiction aux directeurs, propriétaires, gerants des établissements susvisés, de nourrir ou faire nourrir soit chez eux, soit ailleurs, soit directement ou tn*re«tement, les artistes ; de Us loger ou de Us faire les contraindre ou les exciter, meme tacitement, a soupe ou à consommer (tons leur établissement;

4“ Suppression de toute communication entre Us spectateurs et les artistes, pendant les représentations ou repe-

^Le^café-eonoert va donc pouvoir revivre en provmce sous une forme plus correcte ; on va pouvoir y jouer des Dieces y chanter do véritables chansons,

P Voulelvous joindre vos efforts aux miens? Les membres du Comité n’ont qu’à adresser a M. le Ministre de 1 rieur une pétition demandant le même decret que mon Tl rae semble que la Société n’a qu a y gagner, tout au

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moins les éditeurs, les auteurs et les compositeurs sérieux.

j@ me tiens à votre disposition pour discuter cette question avec le comité. Mais je vous saurais gré de m’appeler le plus tôt possible, désirant, dans mes articles, éviter de prendre à partie une Société dont je suis membre et de laquelle je n’ai jamais eu qu’à me louer jusqu'à ce jour.

Agréez, etc...

Cette lettre plus que courtoise resta pourtant sans réponse,

La Société des éditeurs, auteurs et compositeurs de musique se refusait à me convoquer 1 à m’entendre... ! î et cela contre tout droit, puisque j appartiens a cette Société depuis plus de douze années.

À cela, il y avait une raison.,.

C’est avec stupéfaction que j’appris, dans la suite, qu’un nombre considérable d'agents lyriques ou traitants de chair blanche, faisaient partie de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, soit à titre d’auteur, soit à titre de compositeur ou d’éditeur, souvent même les trois réunis!... (l)

Le Roi des Mecs, pour sa part seule, touchait trois retraites !...

Sans commentaires, n’est-ce pas?

Je vous assure qu'en visitant l’hôtel particulier que cette Société s’est fait construire avec l’argent dont la plus grande partie a été ramassée dans la prostitution, vous n’auriez jamais cm celai... Les couloirs

(1) Il n’est pas mauvais, en revanche, de faire savoir que MM. Gabriel Montoya, bon poète et meilleur chansonnier, et Xavier Privas, le prince des chansonniers — qui rêve comme moi la. création d’un véritable Conservatoire de la Chanson — quoique vivant do leur métier, n’arrivent pas à être admis à la Société des... Editeurs, auteurs et compositeurs, au titre de sociétaire.

C’est incroyable!..*

discrets, le silence dm grandes salles, les hauts murs sévères sur lesquels sourient ou pleurent, en des poses trop cherchées, les feus maîtres photographiés ; tout ce décor de maison honnête éloigne de 1 esprit la présence, en ces lieux suintant l’austérité, des traitants de chair blanche. On voit mal, il faut l’avouer, Ambroise Thomas, s’entretenant jadis presque familièrement avec le Roi des Mecs, le satyre éhonté du quartier Saint-Denis, qui s’écriait un jour dans une assemblée de cette Société :

Assez de chansons pornographiques ! !? !

Le Roi des Mecs a plutôt l’ironie cynique !

Lorsque le maire de Rennes, le premier, prit l’arrêté interdisant les quêtes, le logement et la nourriture obligatoire, un journaliste se rendit rue Chaptal pour interwiever un agent... fameux par ses cambriolages.

Ce que ce dernier répondit montre bien jusqu’à quel point ces gens placent la question argent au-dessous de la moralité la plus élémentaire :

Vous avez raison, nous dit notre interlocuteur, de croire qu’il y aurait exagération à appliquer le reglement strict. Les cafés-concerts importants s'en tireront, mais les petits établissements no pourront pas vivre un mois.

Exiger la séparation des hommes et des felnmes, c est les forcer à refaire leur local, on les amener à faire habiller les artistes chez eus, ce qui existe du reste dans beaucoup d’endroits. Quant aux bénéfices h à côté n ils sont évidemment discutables, et Ton pourrait les réglementer. Mau il est candide d’en espérer la suppression, qui entraimran vite la fermeture et la perte d'un débouché pour les petits

artistes (!?)* n

„ j]t les obligations purement administratives, les

déclarations de programme et d’états-civils, les autorisations, qu ? en sera-t-il ?

„ Co qu'il en est déjà. Pure formalité, sur le papier, dont la police elle-même ne tient compte que dans une

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mesure raisonnable- Autrement il vaudrait autant les fer* mer tout de suite.

Le Roi des Mecs s’est écrié :

— Assez de chansons pornographiques !

Pour une fois, je suis de l’avis du Roi des Mecs, car les titrce des chansons qui composent le répertoire habituel des beuglants prouvent que ce..* profond psychologue a raison :

Examen de Flora, Bouché , Vierge à Vendre t Quitte ta chemisette, Le Curé de Bazeilles, On en a pour son pognon, Quand tu feras un gosse, Ma Gouape, Le petit Grégoire, Légende des grains de beauté, Exercices d*assouplissement. Sale rosse, Ça te ferait du bobo, Pleins, Ma Nichonnette, Si fêtais moineau, Tambour du régiment, Je m’en /.,,

Il y a là-dedans des obscénités, des ignominies clé’ goûtantes, des injures grossières et stupides.

Voulez-vous des extraits de trois chansons? La première est pourtant signée d’un homme qui ne manque pas de talent... quelquefois.

Confidences de dames (1)

Trois dames des plus comme il faut À huis clos, par prudence.

(1) Georges Ondet, éditeur. — M. Gndet, officier d'académie, t >pero la rosette j membre de la commission des comptes de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, dont sont présidents d'honneur : MM. Laurent de Rillé, officier de l'instruction publique ( P), et David (Henri), dit Darsay, officier d© la Légion d'honneur, sénateur I

À la tête d'une société, qui vit en quelque sorte de Ja traite des blanches, un sénateur, officier de la Légion d honneur — - ça ne fait pas mai, n'est-ce pas?

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