CHAPITRE X
Fausses artistes
La prostitution dans l'antiquité» — Rapport du maire de Rennes. -— Conséquences sanitaires. — Les avariées. —- Comment on mate les mijaurées. — Augmentation sensible des vols et des suicides en province, — Ravages des pseudo-chanteuses dans F armée. — Quelques victimes. — Le Syndicat des Artistes Lyriques a jeté le cri d’alarme. — Inertie des maires. — Les petits ménages. — Il faut chasser les pseudo-chanteuses. — Plaintes de directeurs. — Quelques protestations.
Que le culte de l'amour ait fait naître chez beaucoup de peuples de 1 J antiquité le respect de la prostitution, cela, jugé avec la morale du temps, peut encore nous paraître compréhensible.
On sait qu’à Babylone toutes les femmes, et même les filles des meilleures familles étaient tenues de se prostituer au moins une fois !
En Phénicie, les courtisanes sacrées, après s’être percé les seins de longs fuseaux d’or, descendaient, aux saisons neuves, le long des ruisseaux en se donnant aux étrangers, au profit du Temple oii Ton adorait le jeune Adonis, tombé sous la dent féroce du sanglier.
Le roi d’Egypte Ohéops, plus pratique, s’étant ruiné
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en édifiant la fameuse pyramide de Giseh, prostitua longtemps sa fille... pour rentrer dans ses débours.
(Si les Du Mec descendent par hasard d'un Roi, ce doit être de celui-là...)
Les dieux, à qui l’on prêtait la morale douteuse des hommes de cette époque, semblaient sourire à ces dévergondages.
Aujourd'hui, certaines prostituées, celles surtout qui n'ont d'autre excuse que la paresse, ont pris T habitude de se réclamer de l'Art. C'est pourquoi, sans doute, elles envahissent nos théâtres, et surtout nos cafés-concerts.
Pour réfréner ces mœurs décadentes, l'antiquité avait des Moïse, des Isaïe, des Platon, des sages, enfin, tandis que, de nos jours, à peine trouve-t-on quelques hommes qui, bravant le ridicule et la blague y osent élever la voix au nom d'une question de moralité purement humaine»
Oui, toutes les femmes ont le droit de se prostituer ; mais nul être ne peut s'arroger le droit de pousser des jeunes filles dans le vice, ou de fournir sciemment à des femmes les moyens de se livrer à la débauche... pour de l'argent. — Il est lâche
Do doucement détruire une femme, et creuser Sous ses pieds une trappe ■ et centre elle abuser,
Qui sait?»., de son humeur peut-être hasardeuse; Prendre ce pauvre oiseau dans quelque glu hideuse*.. Oh î plutôt qu'arriver jusqu'à ce déshonneur,
Plutôt qu'être, à ce prix, un riche et haut seigneur,
Et je le dis ici pour Dieu qui voit mon âmo
■T'aimerais mieux, plutôt qu'être à ce point infâme,
Tïl, odieux, pervers, misérable et flétri,
Qu'un chien rongeât mon crâne au pied du pilori L*.
s'écrie Don César de Bazan dont les idées sur l'hon-
ne te té, envisagée au point de vue social, sont pourtant assez larges*
Corrompre une jeune fille dons un but de LUCBE devrait encore rester pour tous les peuples civilisés le plus abject des crimes.
L'art, ainsi considéré, devient alors, en quelque sorte, la grande couverture de la prostitution clandestine, quand il n'en est pas le tremplin. Le mal, fait par ces fausses artistes, échappées des maisons closes, des trottoirs parisiens ou provinciaux, par ces pseudochanteuses fabriquées en huit jours par une agence lyrique, est incommensurable* Que de médecins, que de bons mais rares commissaires de police ont déjà signalé — en vain, hélas! jusqu’à présent!... —- les méfaits, tant physiques que moraux, de ces créatures !
On peut en juger par les lignes suivantes, extraites textuellement d’un rapport officieux sur la prostitution clandestine, qu'adressait, il y a quelque temps, le commissaire de police de la ville de IL,, à son sénateur ;
En ce qui concerne les chanteuses de cafés-concerts, le mal causé par ces filles pour être moins apparent tur les registres de la police ifest ni plus ni moins grand, mais ne se fait point, sentir dans le même milieu. El je tiens, des personnes les mieux renseignées sur les maladies que, sur 10 malades vénériens, ceux-ci sortis de la haute classe, 8 sont les victimes de ces prétendues artistes de, cafés-concerts. J'ai même appris que, à une époque où précisément les cafés-concerts ne portaient pas encore leurs ravagqs à R..., une troupe théâtrale de passage, jouant le Tour du Monde vint s'installer en représentatiens dans cette ville du 18 avril 1879 au 4 mai de la
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même année. À la troupe proprement dite était joint un corps de ballet nombreux, composé, paraît-il, de très jolies filles. La jeunesse de R...; se disputa les faveurs de ces nouvelles venues, et, après leur départ, le nombre des vénériens s’était augmente do 75 0/0.
Aujourd'hui, moins violent peut-être, le même mal sévît à R..., et provient surtout des chanteuses des cnfés-cun- CttTts qui ont fait leur triste apparition dès 1880 et se sont maintenus jusqu’à ce jour au nombre de trois et de quatre, ayant chacun de 8 à 10 femmes, car je ne parlerai pas d'un café, dit « du Sport », aujourd'hui « Alcazar >* qui avait pris naissance vers 1868 et qui est mort presque avant d’avoir vécu.
Je ne saurais me contenter, dans ce rapport, de signaler le mal vénérien que répandent à profusion dans les villes qu’elles traversent, ces femmes qui sont de véritables prostituées et qui cependant échappent aux mesures sanitaires à cause de leur prétendue profession. Je crois qu'il est aussi de mon devoir de signaler le désordre public qu'elles occasionnent, la désolation, quelquefois même la misère, et toujours le déshonneur qu'elles jettent dans certaines familles.
Ces prostituées, en effet, après le souper obligatoire et de nombreuses libations, le tout exigé du tenancier qui en tire ses meilleurs profits , n'ont rien de mieux à faire que de parcourir au bras de leurs amants de la nuit les rues do la ville, criant, vociférant, entonnant des chansons obscènes, troublant la tranquillité des habitants. Ces faits amènent souvent devant le Tribunal de Simple Police les jeunes gros qui les accompagnent, et qui prennent également à eux seuls la responsabilité de tout le tapage. Je suis d’autant mieux placé pour prétendre que ce sont ces filles qui sont la cause de tous ces bruits et tapages, que, tfepuis le moment oà Varrêté de M. le Maire de lt*.., prix à la date du 25 janvier 1902, et mis à exécution le 10 février suivant t réglementant la police des cafés-concerts , tous ces bruits et tapages nocturnes mit cessé. La police, eu effet „ depuis celte époque n'a pa,s eu tin seul cas de ce genre à constater. C'est qu'à la suite de la mise
4 exécution de Vûrrêtéj deux cafés-concerts sur trois ont été fermés et les füles sont parties : Quant au troisième, seul existant aujourd'hui) il s 1 est conformé an nouveau règlement ; il ne donne plus à boire et à manger aux chanteuses , libres ou plutôt obligées de quitter rétablissement après la représentation , sans avoir été un moment fa t contact AVEC LE PUBLIC,
Je prétends aussi qu’aux maladies qu’elles engendrent, aux désordres qu’elles provoquent dans leur passage dans une ville, ü est bon d’ajouter un mal plus terrible encore, à mes yeux, et à coup sûr plus regrettable, c’est le déshonneur, Ces femmes, en effet, s'accrochent quelquefois à un individu auquel elles font croire à un amour qu’elles no ressentent pas, font ainsi de ces hommes leur chose, leur esclave, une pâte qu’elles pétrissent si bien à leur gré que celui-ci ne songe plus qu’à faire descendre cette créature des tréteaux du café-concert pour la. posséder tout entière, l’avoir à lui seul, tandis que c’est lui qui appartient à la femme, qui devient sa chose, son esclave, au point d’oublier avec elle, pour elle et à cause d’elle toutes notions du devoir, de l’honnêteté et de 1 honneur.
Parmi d’autres nombreux faits que j’ai constatés, je ne parlerai que des trois derniers cas auxquels j’ai été mêlé.
Ici, c’est un jeune sou s-lieu tenant, obligé de donner sa démission à cause du scandale qu’a occasionné sa liaison avec une chanteuse, ancienne femme en carte. À eette prostituée, il n’a pas craint de faire passer dans son doigt une bague de famille, bague armoriée, d’attacher à son cou la chaîne avec un médaillon, que portait sa sœur le jour de sa première communion, et enfin, de placer dans son album le portrait de cette même sœur en costume de communiante.
Là, c'est un homme marié, père de huit jeunes enfants, homme parfaitement honorable, jouissant de l’estime générale, ayant une situation très en vue dans sa ville, jusqu’à ce jour bon mari, excellent père de famille, qui, tout à coup, oubliant ce qu’il doit à lui-même, ce qu’il doit a sa situation, à sa femme, à ses enfants, se jette à corps
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perdu dans les griffes d'une chanteuse de café-concert, et engloutit sa fortune pour satisfaire les caprices de cette fille
Enfin, c’est un jeune homme de 20 à 21 ans, appartenant à xmo des familles les plus en vue, qui a eu le malheur do faire Ja connaissance d’une chanteuse ; les parents sont incapables de contenir les débordements de leur fils ; celui-ci fait des dettes qui sont payées par la famille ; mais un jour arrive, cependant, où le crédit lui est fermé ; il lui faut quand même de l’argent, toujours de Fargent pour satisfaire cette prostituée. Il a alors recours à F escroquerie, aux faux, ce qui l’amène devant le tribunal correctionnel qui, vu son jeune âge et sa première comparution en justice, te fait bénéficier de la loi de sursis.
Tels sont les faits que l’on relève contre ces chanteuses qui, en outre, viennent se fixer d’une façon définitive dans une ville, lorsqu’elles ont pris dans leurs dangereux filets quelque fils de famille, grossissant ainsi le nombre des filles galantes.
Eh bien ! ce style pmd’homesque est tout de même le style d’un brave homme qui écrit la vérité.
Ce qui se passe dam la ville de B... se passe dans presque toutes les villes de France, on a pu le voir par les lettres précédemment publiées.
Les conséquences sanitaires sont terribles. Mal nourries, contraintes d’absorber des quantités considérables d’alcool, de s’habiller dans des locaux trop étroits et mal aérés, sans feu l’hiver, de chanter en décolleté au milieu de multiples courants d’air, de veiller continuellement jusqu’à trois, quatre, voire même cinq heures du matin, et enfin d’emmener le client sérieux qu’elles introduiront dans des drape où tout le monde passe, ces malheureuses sont la proie de toutes les maladies à recevoir et à propager. Aussi presque toutes meurent-elles avant la trentaine, terrassées par la phtisie qui trouve en elles un terrain préparé par 1 alcoolisme et le plus souvent par la syphilis, car
il est interdit, à ces prostituées, de refuser l’amant syphilitique imposé !...
Dans une petite 'ville du Midi, à 11,.., un vieux baron, châtelain dans les environs, était tellement atteint par le « terrible mal » que l'entrée des maisons clones lui était interdite. Un jour, il s'adressa au patron d'un beuglant, le sieur M... lui offrant 200 francs s'il pouvait contraindre une de ses pensionnaires à lui donner ses faveurs-
Deux artistes, invitées par M... à s'exécuter, ayant refusé de se vendre à l’avarié, fuient chassées sans paiement, après avoir été dépouillées de leurs bijoux qui furent retenus pour solde de leurs dettes, de jeu!
Ne nous apitoyons pourtant pas outre mesure sur * les prostituées ; ce sont elles qui, en déshonorant le métier d'artiste lyrique, sont la cause que beaucoup de véritables artistes se trouvent dans l'obligation de faire la noce, ou de se voir résilier. Elles ont été les instruments de dépravation, de décadence, entre les mains expertes et des agents lyriques et des tenanciers de beuglants.
Je Fai écrit déjà, et rnc répète à dessein :
Les femmes qui entrent en maison savent, pour la plupart, où elles vont (il y a bien par-ci, par-là de braves filles que l'on y attire par la promesse d'une situation honnête et lucrative), tandis que, sur dix chanteuses, partant pour la première fois en province, six, pour le moins, en moyenne, arrivent à destination sans se douter de la façon dont le tenancier entend leur faire gagner leur vie. Les quatre autres, les initiées, relèvent presque toujours des registres sanitaires.
Mais les six égarées sont vivement mises au courant ; c'est en prenant avec le patron le verre de Famitié, qu'elles signent... l’engagement, sans le lire.
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Ce sont les novices, qui se déclarent enchantées d’une pareille réception. A celles qui lisent... entre Ses lignes... et qui refusent d’apposer leur signature, le patron réclame le voyage et les huit jours avancés par F agent.,, lyrique. Quelques-unes (celles qui le peuvent) remboursent... les autres, se trouvant dans l'impossibilité de rendre la somme avancée et sachant quel sort leur est réservé... attendent les événements, liais les novices ne tardent pas à déchanter. On sait le reste...
Les débutantes honnêtes, qui n’ont vu dans le concert qu’un moyen honnête d’exploiter leur voix et leur diction, se regimbent, refusent, protestent... tandis que d’autres, les véritables prostituées et celles « qui s y sont faites » — pour employer l’expression de l’une de ces malheureuses — vont excuser leur camarade auprès de la clientèle»
Ijîi guerre est déclarée i la débutante mijaurée sera s if fiée par les amis de Monsieur ; à table, Madame lui servira un choix d'épithètes mal son riantes pour l’aider à digérer quelques maigres plats. Elle sera en butte à toutes les tracasseries, Si elle veut fuir, on lui gardera sa malle... des commissaires de police refusent de l'entendre ou des juges de paix fa condamneront... a rendre, avant son départ, 1 argent de son billet!... Ses quêtes ne lui rapportent* à elle, que les quelques sous des gens pris de pitié... encore lui faudra-t-il accepter les pinçons, les sarcasmes grossiers et les rebuffades des habitués,,, déçus. Tout Feutrai ne r a vers la prostitution clandestine, nul ne la retiendra, personne ne lui tendra une main secourâble... (Que de vierges sont ainsi tombées!...) pas même souvent le commissaire de police encore un ami du patron ! Et cette chute lamentable, honteuse, forcée, se passera sous le regard imbécile de l'agent de F autorité, dégustant son petit verre à la santé du patron,., son ami aussi...
25fi LA TRAITE DLS CHANTEUSES
Ah 1 en quatre ou cinq jours, Monsieur et Madame l’auront bien matée, la « mijaurée récalcitrante », et il y aura une prostituée de plus..* qu'importe ! S1 — Mon sic r et Madame auront vendu beaucoup d’ alcool, et Ton aura débité à MM. les sous-officier s beaucoup de refrains patriotiques encadrés de chansons suggestives*
Les p se u do-ch an te uses sont donc cause que, d’après la statistique, le nombre des vols, escroqueries, abus de confiance et des suicides s’élève tous les jours en province*
C’est principalement dans l’armée que l’on trouve les plus nombreuses victimes ; lisez « Sous-Offe » de Descaves ; lisez « Vieux » d’Albert Aurier ; interrogez des capitaines...
— En quinze ans, — m’a dit un de ces derniers, — trois de mes sergents-majors ont pris la fuite avec des drôle s se s, emportant la caisse de la compagnie ; et, pour une de ces p sou do-chanteuses, un de mes souslieutenants, frais émoulu de Saint-Maixent, s’est suicidé, Que Ton consulte les annales militaires ; les chiffres des victimes des chanteuses sont éloquents.
Le colonel d’un régiment d’infanterie qui, il y a quelques années, consignait les beuglants k la troupe, ne l’ignorait pas :
Le colonel rappelle aux soldats du régiment d'infanterie que le beuglant dénommé Concert des Arts étant un endroit de perdition monde et physique pour les jeunes gens est consigné à la troupe. Le colonel estime qu’il est de son devoir de prévenir le mal que ces soi-disant chanteuses font ordinairement faire aux jeunes hommes inexpérimentés.
FA U8SB6 A ET ï STE S
Entre les lignes, on devine, n'est-ee pas? tout ce que pensait l’officier de ces pseudo-chanteuses et en général de ees fausses artistes qui se présentent à Fhomine sous les apparences alliciantes de l'amour* Ne sonteelles pas les créatures douées de tout ce qui peut laisser croire à la passion? Ce sont les stryges de la décadence, provoquant l’homme au rebours de la simple femme qui se contente de désirer son attaque. C'est Pamourelise qui s'offre et se retire» Malheur à qui tombe dans sa nuit 1
X*était-elle pas une stryge, — et de quel cloaque î — cette Dose de Noël, ancienne cuisinière, fabriquée artiste en huit jours par le,,, conservatoire de Fagent lyrique H... (auteur et directeur de concert, s, v. p ■■). Je Fai plaint, l’amant, oc lieutenant Thomas, — (et Dieu sait pourtant que je ne professe point pour l'armée un culte immodéré,,. —■) je l’ai plaint, ce jeune homme que la passion rendit lâche et ridicule»,, et la populace qui, à Niort, insultait îe convoi de la « fille à soldats », sentait confusément que la véritable victime n'était pas celle dont le cadavre gisait dans le cercueil .. Morte était la bête, et morte le venin.
Si j'insiste sur cette affaire, c'est qu'il m’a été donné d'étudier un peu dans son milieu cette tragédie» Quelques jours avant le dénouement du drame, à la « Blanchisserie n de Saumur, cette Rose de Noël exigeait du lieutenant Thomas qu’il lui versât les quelques centaines de francs qui lui restaient, afin de n'êtro qu’à lui !... Mais allez donc obliger un « ministère public » de la province amorale à faire sévèrement une enquête»,» et à faire un petit peu de psychologie»
Pourtant ce drame aurait pu être évité. Pur une de cës presciences extraordinaires, le Syndicat de Funio 1 des Artistes Lyriques* depuis des mois et des mois
implorait un arrêté du maire de Niort. II l'implore encore... la leçon n ? a pas suffi.
Il n’y a pas longtemps, un des syndics, en tournée dans le Midi, vint à parler du drame de Niort, digne pendant, hélas ! de celui d’Agen, et un des artistes avec qui il conversait, lui dit simplement :
—■ Oh ! la, la, si, au Syndicat, vous vouliez bien vous en donner la peine, il y a longtemps que ces maisons seraient fermées ! ou transformées.
— En êtes-vous bien sûr, mon jeune ami?
Oui ? eh bien, oyez et méditez :
— En juillet 1904, me dit le secrétaire général du Syndicat, Y « Appel aux Travailleurs » fut affiché par les soins de la Bourse du travail de Niort, et copies des arretés pris par différentes municipalités furent envoyées h qui de droit ; résultat :
Bien ! rien ! rien î
En août 1904, nouvelles démarches... résultat :
Rien! rien! rien!
Le 4 octobre 1904, nous envoyons à M. le maire de Niort, une lettre résumant nos légitimes revendications.
M. le maire, probablement très occupé, ne nous répondit
rien! rien! rien!
Les 12, 14, 15 et 19 juillet 1905, nous recevons différentes plaintes de plusieurs camarades, concernant justement T Eldorado de Niort.
Le 18 juillet, nous écrivons une nouvelle lettre à M. le maire.
Le 22 juillet, une camarade ayant été résiliée par
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V a honorable directeur » de l’Eldorado de Niort pour s’être permis de souper en dehors du concert , nous réû tétons nos plaintes à M. le maire»