‹ La traite des chanteuses (moeurs de province)Chapitre 53 sur 71 · TOUJOURS RIEN · texte numérisé non relu

TOUJOURS RIEN

En désespoir de cause et sur le conseil de certaines personnes, nous nous adressons à M. le commissaire central de Niort et, en date du .24 septembre 1905 , nous lui demandons d'agir comme on l’avait déjà fait dans les villes de Tarbes, Dijon, etc,, etc.

Ah ! oui, va-t’en voir s’ils viennent!...

Et le 1 er octobre 1905, six jours après notre dernière lettre , les journaux nous apprenaient le drame de l’Eldorado,

Nous ne vous soumettrons pas, in extenso, la quantité de lettres de camarades que nous reçûmes à la suite de ce tragique événement, et pourtant quelques extraits nous semblent intéressants ;

1° Lettre du 2 octobre 1905 adressée au Syndicat.

Hier soir, dimanche l tr octobre, au Concert de l'Eldorado de Niort, un officier a tué, d’un coup de revolver, une chanteuse du nom de Rose de Noël (pendant le spectacle, à 9 h. 1/2) ; la mort a été instantanée ; la malheureuse, après son tour de chant, revenait do faire sa quête, en passant dans un salon, où le public avait accès ; c’est là que le drame s’est déroulé.

ï.A TRAITE DES CHANTEUSES

A noter que ledit sous-lieutenant, après sou forfait, menaçait de tirer les cinq autres balles de son revolver sur les artistes et les chanteuses qui se précipitaient au secours de leur camarade,

À noter, également, la réplique typique d’un habitué de concert (que j’ai entendue) :

Cet officier est bien bête de briser sa situation pour une... chanteuse de café-concert.

Dame, c’cst dur, mais...

2° Lettre du 7 octobre 1905 adressée au Syndicat.

Le camarade \ .**, syndiqué, qui, aux obsèques, discutait le crime dans la foule et disait que l'officier était un lâche, « failli être arrêté par les gendarmes ,

3° Lettre du 9 octobre 1905 adressée au Syndicat.

Si après ça, à Niort, on quête encore, ce sera à désespérer de cette municipalité.

Nous croyons inutile de dire, que dès la nouvelle du crime, le Syndicat adressa à M. le maire de Niort lettres et documents lui confirmant les précédentes démarches et enfin, à la date du 23 octobre 1905, le Syndicat reçut la lettre suivante :

Hôtel de Ville de Niort i, le 2$ octobre 1905, Monsieur le Secrétaire Général,

Lu réponse à votre lettre du 20 oourant, j’ai l’honneur do vous faire connaître que j’étudie, en ce moment, un arreté pour interdire la quête dans les cafés-concerts.

FAUSSES Â ET I St ES

Agréez, Monsieur, l'assurance de mes sentiments distin gués.

Pour le Maire, l’Adjoint -

Signé : Illisible.

Et voilà 1

En attendant que M. le maire ait terminé l’étude do son arrêté, si le cœur vous eu dit, Mesdames, allez a Niort* mais rappelez-vous que c'est aller au-devant de l’exploitation dans tout ce qu'elle a de honteux, quand au bout il y a pas le revolver, reustache ou la matraque...

Comme vous le voyez, les détails que nous donnons ci-dessus nous autoriseraient presque à accuser les autorités de Niort tout au moins de complicité ïhoraie — dans cet afïieux drame, car, que penser de ce magistrat chargé do la bonne tenue de la police de la ville qui a mis sa confiance en lui ; de ce magistrat, à qui Ton crie : « casse-cou, un malheur arrivera un jour ou l'autre » (le fuit e 7 était déjà produit , il n'y avait pas longtemps), et qui, non seulement ne prend aucune mesure, mais encore ne daigne même plus donner signe de viol

11 est rare que les pseudo-chanteuses ne courent pas la province à deux; à deux, diront-elles, on... s'ennuie moins. Soyez certains que oe mot « s'ennuie » a une tout autre signification que celle que, bénévolement, vous lui prêtez. Ces pseudo-chanteuses sacrifient beaucoup au culte de Lesbos. Je vais même plus loin : il est rare que les pseudo-chanteuses ne soient pas doublées de Lesbiennes. Obscrvez-lcs lorsqu'elles chantent un « air d'amour (sic) et voyez si leurs regards ne se coulent pas vers une camarade... Du reste, interrogezles ; elles ne se cachent nullement et vous déclareront

I A TRAITE DES CHANTEUSES

qu elles préfèrent marcher ensemble avec le miche* Four elles, l’homme n’existe que parce qu’il est le dispensateur du trop fameux pognon, mot dont leurs refrains raffolent et qu’on retrouve dans presque toutes leurs chansons. Type à pognon, c’est l’homme.

Ce vice, cette inversion de l’amour plutôt, après tout, est la conséquence logique de la cohabitation obligatoire de toutes ces femmes, parquées, le plus souvent, en une maison que leur loue le tenancier. Elles se consolent comme elles peuvent; mais ces habitudes sont tellement entrées dans les mœurs des pseudo-chanteuses de province que le public ne les constate plus qu’en souriant, et souvent même avec indulgence*

Les « gousses » ont souvent entre elles des scènes de ménage ; n allez point croire que cela n’est point sérieux. .. maintes fois les autorités se sont trouvées dans 1 obligation d’intervenir**,

hh bien, ce sont ces prostituées, ces gousses qu’il faut chasser des cafés-concerts de province, malgré la toute-puissante volonté du tenancier et de l’agent lyrique qui les préfèrent aux autres, les vraies artistes, celles qui considèrent leur métier comme un métier honnête*

Il faut séparer ïe bon grain de Tivraîe; il faut avant tout supprimer l’agent lyrique par un décret, puisque les Préfets ne se décident pas à faire respecter la loi de 1904 sur les bureaux de placement qui, tout en assimilant les agences aux bureaux de nourrices!.** ne les tolère qu à la condition expresse qu’elles soient officiellement reconnues par eux, après enquête*

II faut, et par tous les moyens, rendre le concert aux véritables artistes, et renvoyer au trottoir les roule uses, les filles en carte, les condamnées, qui ont envahi 1 art lyrique j il faut surtout s’arranger pour

fausses artistes

que des jeunes filles naïves, alléchées par de truculentes annonces, ne s’en aillent point chercher de la gloire ( ï î !) là ou ne se trouvent que îa misère, le vice et les déceptions.

Assez de prostituées au concert !

Toutes les villes ont, dans leurs annales, des pages rouges, et bien des familles, en province, portent le deuil d’un être cher, poussé dans l’exil ou dans la tombe par ces femmes funestes qui, sous l’égide de PÀrt — et de quel Art!,.. — se prostituent clandestinement et sèment, partout oii elles passent, de la maladies du déshonneur et de la mort...

Les directeurs eux-mêmes se plaignent. Lisez cette lettre adressée au Syndicat t

Orléans,

A Monsieur le Secrétaire Général de VU ni on Syndicale des Artistes Lyriques , Paru .

Monsieur le Secrétaire,

J'ai I 1 honneur de porter à votre connaissance les faits suivants qui pourront peut-être figurer au dossier concernant la suppression demandée des placeurs T artistes qui engagent vos camarades.

M. L..., agent lyrique à Paris, m’a envoyé hier, à 210 francs (7 francs par jour, libre de tout), pour débuter chez moi, une dame ayant une chanson non sue dans son répertoire, une toilette innommable, n ayant jamais paru sur aucune scène, et qui réunit bien toutes las conditions dont parle votre « Appel aux Travailleurs ». J’ai dû la remercier parce qu’on ne l’entendait pas du piano et qu’elle no pouvait pas revenir, à chacun do ses tours, redire la même romance de distribution de

prix qu’elle avait apportée de Paris dans un rouleau (t genre Conservatoire n et pour tout bagage, du reste.

Ci-jointe est la lettre de cet agent qui me propose de « jolies petites femmes ».

Que penseraient MM, les Sénateurs de tes faits, s'ils leur étaient connus, signalés chaque fois par les directions, victimes de ces agents lyriques?

Pensant que, peut-être, cette attestation pourra apporter un petit document à votre Syndicat, je vous T adresse et vous prie d'agréer l'expression de ma plus parfaite considération.

A. Marcus,

Directeur du Café-Concert de Chartres, Orléans (Loiret).

«rajoute que cette daine avait 40 francs d’avance, dont 20 à P arrivée, remis en confiance sur le reçu de la lettre de P agent l’accréditant auprès de moi.

Et d’un autre directeur : *

... Beaucoup d’artistes — ou de femmes portant esc nom — s’occupent surtout de savoir, lorsqu’on leur propose un engagement dans un établissement, s’il est fréquenté par beaucoup de u mi ohé s » ; et, quand le hasard les amène dans une maison honorable qui ne fait pas le triste commerce dont nous nous occupons, ces « artistes-là » s’empressent-elles de résilier,,,

J, Caxàutetb,

D r du Ctmno de Limoges,

... Neuf fois sur dix nous engageons nos artistes à distance. Les contrats sont donc librement consentis et ne

FAUSSES ARTISTES

peuvent donner Heu à aucune fausse interprétation, puisque, s’il y a doute pour F artiste, elle peut demander des explications qui lui sont données par écrit*

Elles signent donc leur engagement en connaissance de cause et iront plus qu’à se rendre au lieu convenu, à la date fixée.

Le directeur reçoit rengagement et compte sur l artiste. Eh! bien, deujc fois sur cinq elle ne vient pas!,** Si encore elle daignait prévenir..* Pas du tout! vous nen entendez plus parler. Di tournoi, je vous prie, en ce cas, ce que vous feriez ?

Nous n’avons aucun recours contre elle paroe que, dans la ville d’où elle vous écrit, elle chantait sous le nom de Joséphine de X*** et que, lorsqu’elle a demandé à s’engager elle a donné le nom de Julie de 5ï*». Elles ont toutes des noms d’emprunt qu’elles changent à chaque instant, pour ne pas dire : à chaque engagement. Quelques-unes, en trois ans, ont changé huit fois de surnom.

Et dans le nombre, il s’en trouve qui nous demandent des avances, qui sont alors perdues pour nous, puisque nous no pouvons pas les poursuivre, ignorant leur pseudonyme actuel*,*

Et il y a, je n’exagère point, cinquante pour cent de ces dames qui ont la mauvaise foi pour devise.

Voilà le mal.

Signé : Un directeur.

Que MM* les tenanciers commencent à être de bonne foi...,

Àutun, 18 mai 1906*

e La Traite des Chanteuses » a mis en révolution toutes las... prostituées des cafés-concerts, A les entendre elles sont toutes vierges!... Vierges de quoi P P?

Pour le moment, laissons les véritables artistes de côté, collas qui sont intéressantes et qui voudraient gagner honnêtement leur vie, pour nous occuper do ces anciennes filles du trottoir, de ces rebus de la société qui, pour mettre un voile sur leur vie de débauche, se mettent chanteuses !

■■■ ttS ■ ■

Chanteuses!.** Quelle ironie!... Ces foyers do vice sans pudeur montent sur le tremplin pour s'efforcer de débiter quelque chanson obscène tout en cherchant avidement le miche — ou plutôt la poire — qui se laissera prendre dans leurs griffes*

hn faisant la quête elles s’installent sans pudeur avec le premier client venu, se vautrant comme des filles publiques dans une maison close, toujours sous l’œil bienveillant du tenancier, tout heureux d’avoir de « bons sujets »*

J’ai vu personnellement, — et combien!.— de ces vendeuses d’amour, satisfaire cinq ou six individus dans la même journée !

Signé : Un artiste*

Annecy, 21 mai,

... Il y a toujours une ou deux do ces femmes qui sont malades, et leurs victimes sont* dos sous-officiers ou des fils de famille.

Un artiste *

Je vous signale au concert B*.. 3 ou J petites femmes qui rapportent considérablement au tenancier, il se passe des histoires dans un petit salon qui est réservé pour les {meilleures) artistes ( P) de rapport, la patronne qui est entremetteuse so charge do tout* Bnfin si vous prenez des renseignements a F... même, vous serez fixé, c'est honteux. Je vous laisse le soin de vérifier ce que je vous écris* loutes les véritables artistes ayant passé par P... sont unanimes à convenir que la tenue du beuglant est pis que celle de la maison close qui est voisine*

Cordialement à vous*

Signé : Stella B.., (M*-L.) C.

fausses artistes

YII

Ce qui gâte le concert cri province* ce sont les catins en rupture de trottoirs, d’hôpital ou de maisons publiques, et qui n’ont plus rien à apprendre en matière de corruption lorsqu’elles entrent au concert. C'est un moyen pour elles d’exercer leur métier sans le contrôle de la police. Celles qui entrent au concert seulement pour chanter et gagner ainsi leur vie ont assez; de volonté pour résister aux patrons qui veulent les exploiter.

Ce ne sont pas les directeurs qui les envoient chercher des clients dans les restaurants de nuit après la fermeture du concert* et* au besoin, se divertir dans les maisons publiques quand elles le peuvent.

Lorsque des femmes font cinq passes dans une nuit (onze en vingt-quatre heures et quatre en une heure), à quarante sous chaque (ainsi que je l’ai vu faire en dehors du concert) pour envoyer de ? argent à leur amant de cœur (presque toujours un comique) quand elles débauchent des enfants et les contaminent ; quand elles ruinent des jeunes gens, les poussent à P escroquerie et au suicide ; quand elles se prostituent devant leurs enfants en bas-âge ; qu’elles vendent leurs filles ou leurs soi-disant jeunes sœurs pour des sommes variant entre GO et 200 francs à de vieux pourceaux ; quand elles entôlént ; quand le comique attend que le client soit parti pour prendre la place chaude auprès de sa femme ou de sa maltresse ; quand hommes et femmes intervertissent leur sexe pour satisfaire des passions honteuses \ quand les femmes rentrent ivres parce qu'elles ont traîné dans toutes les brasseries de la ville, ce sont les patrons qui, à la moindre observation, essuient tout le vocabulaire ordurier des bas faubourgs. — (Oh ! que cela est bien fait!)

Personne plus que moi ne désire voir nettoyer le concert ; mais j’ai dû reconnaître que la plus grande plaie de ces établissements, c’est la chanteuse (la pseudo-chanteuse elle-même — pardon). Débarrassez-nous des prostituées et des chansons nauséabondes qui nous infestent, Qu'on impose à la chanteuse une sorte de certificat de

capacité; que la police surveille et contrôle scs mœurs, et je suis certaine que les tenanciers, sachant qu'ils n’ont plus à compter désormais que sur des vraies chanteuses et non des filles de noce, se le tiendront pour dit.

Un e pianiste.

... Je suis un bien modeste sous-off qui a vu tant de camarades victimes de ces odieuses créatures que je vous applaudis de grand cœur do prendre cette catégorie « fausses artistes » à partie. Je dois vous avouer que dans toutes les garnisons où j'ai passé, elles foisonnent,

TJn sou&-officier...

Angers, 18 mai 1904,

d abord allé à Sauniur. Quatre concerts où il y a 7 à 12 femmes ; jamais ou rarement d’hommes; pas d’appointements, Dans certaines de ces maisons les artistes paient même le pianiste ; elles n’ont donc que les quêtes,,, mais dont elles ne se plaignent pas!... Je ne crois pas qu il y ait grand intérêt à faire des demandes de ce côté-ci ; nous avons affaire à une catégorie d’artistes qui aiment beaucoup y aller car, comme c'est Fécofe de cavalerie, t Iles trouvent le moyen de sc perfectionner dans la monte, tout en rapportant, parait-il, beaucoup d'argent,,* Donc, si l on supprimait les quêtes, elles iraient quand même pour rien*

Les ... artistes dos deux concerts ne so gênent pas pour se réunir toutes après la fermeture des deux concerts, à minuit, pour aller faire la bombe jusqu'à 6 heures du matin dans la maison publique avec les pensionnaires de la maison même!,-,

FAUSSES ARTISTES

Au maire de S...

... Le concert de l'Esplanade n J a de concert que le titre. Notre Syndicat demande des établissements bien tenus que les familles peuvent, sans appréhension, fréquenter, et non des imitations. De plus nous désirons exclure les soi-disant artistes femmes qui occupent la place des vraies chanteuses et qui sont mieux considérées par le patron, car elles rapportent davantage à rétablissement, après lo concert. On en a la preuve après minuit, (Car ces dames sont obligées de loger dans la maison quoique payant la location de chambre.)

Pour moi, je suis vraiment découragée et il faut vraiment que le besoin me pousse pour m© déterminer à reprendre ma malle et ma boîte à chapeaux. Je me suis souvent posé cette douloureuse question : Est-il possible, dans les conditions actuelles, de gagner proprement sa vie en faisant le métier d'artiste? —- Et, tous comptes faits, je dois répondre par la négative. Non, ce n’est pas possible et cela ne sera possible que lorsque le concert sera devenu un métier, un vrai métier, lorsque les parasites immondes qui encombrent notre profession et la gâchent auront disparu.

D'une lettre bizarre d'une petite prostituée... inconsciente, j'extrais :

XIIÏ

20 avril 120G.

m. Si nous n'avions pas le sous-officier pour nous réeon*

—.- - - ' ■ 1 -- - .. ajÉËfcr—...

fi

farter souvent soit par son amour (sic), soit par sa pitié (sic), la vie no serait plus tenable pour nous. D’autre part, si on faisait le pourcentage de nos clients forces, Yofficiel- et le fonctionnaire célibataire y tiendraient une bonne place, Ridiculisez, combattez le célibataire dépassant la cinquantaine et vous ferez beaucoup pour nous. Le vieux marcheur, voilà l’ennemi !

Laure.

M 1Ie Laure m’a autorisé h publier sa lettre !

Extrait d'une lettre de véritable prostituée (fausse artiste). Des goûts et des parfums, mademoiselle !...

Saumur.

Ainsi moi, si je suis une fille, laissez moi comme telle. Ça n’a aucune importance- À choisir, j’aime autant etre une fille facile (oh oui!) une grue... que de puer l’eau de vaisselle, etc.

Saumur, 23 avril 1906,

... Il y a à Saumur beaucoup plus de pseu do- chanteuses que d'artistes; la plupart n'ont d’artistes que le nom. Elles ne sont point payées. Le tenancier, en apparence, ne les nourrit pas, La, quête existe toujours, c’est la seule rémunération apparente que reçoivent les artistes. Elles habitent des maisons meublées et paient de ce fait un loyer mensuel de 30 à 40 francs, service compris. Les chanteuses n 1 ayant en apparence que le produit, notoirement insuffisant de leurs quêtes, vivent toutes plus ou moins d'un© autre industrie que j’appellerai par son nom : La prostitution.

FAUSSES ARTISTES

Elles ne sont pa* obligées (le se présenter à, la Sous- Préfecture et ne passent aucune visite sanitaire..,, ce qui est un danger pour la salubrité de cens qui les fréquentent.

À, Micheàux,

Conseiller municipal*

5 octobre 1904»

Je tiens à vous signaler F arrivage continuel do.-, conservatoire H.. n, succursale de... ]>u Mec U. du nombre considérable do ses élèves, avec une dizaine de chansons de Chez lui et une ou deux robes de scène, C est vraiment honteux et déshonorant pour les artistes de rencontrer de telles femmes dans le métier. J'en ai trouve une dans le nombre que j’avais connue « jüle en carie » ; elle m’a avoué qu’elle faisait plus facilement son truc de cotte façon sans être embêtée.

F..*, artiste*

On fait le a silence » sur les suicides provoques par les pseudo-chanteuses.

Saumur.

Le suicidé, élève officier à l’Ecole de cavalerie, célibataire, âgé de 30 ans, se nommait R, de C.», Le drame qui lui a coûté la vie a eu lieu dans son appartement, 15, rue Cour-couronne, le 3 mai 1902, à 10 heures du matin*

On me l’a représenté comme un viveur alcoolique, criblé de dettes que sa famille a dû payer. Il avait connu à la a Renaissance » une chanteuse (???) Marie-Louise M*.., domiciliée 14, rue Courcouronne et connue dans le monde des cafés-concerts, sous le nom de Blanche des F*.,

Séparée de son mari, un voyageur de commerce, elle

LA TRAITE UES CHANTEUSES

T2 c Sa " ra “ r t 24 Septe,nl,re 19W - «a liaison aTOC , C ’' ne ht pas attendre, et, ne nouv-tif ,i„,

jsj*^^aqsSâsiçss;

Alors le malheureux, afïolé tira sur , ,

"T . 110 -«*» «„> i* b,. Jr. “ £?

u ”” ™ “ lre lui -““». « » «* «ut»;

Emportée à l’hôpital, la chanteuse v guérit assez vite P t quitta Saumnr pour regagner Paris’

ninue t l SCÈn ° ^ déha ^ à *>« époque la chro-

mqne saura uro I8e , pondant deux on trois LJ™

inaperçue ailleurs, tant on est habitué à ces Lu/*..

A* Mîchxaux,

Couse i U er municipal ,

Eh bien ! LA FRANCE, es-tu fixée?

Page 1