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DE LA SUPPRESSION DE L'ESCLAVAGE

La « Britisch and Foreign anti Slavery Society », de Londres, dédaignant jes mesures coercitives des puissances, s'est toujours opposée à l'emploi des croiseurs armés pour supprimer la traite des noirs car, disait-elle, d’après les sources Îles plus autorisées, on n’a pu capturer que la vingtième partie des négriers.

Depuis sa fondation, cette Société a soutenu que le seul moyen de supprimer la traite des noirs consiste à supprimer l'esclavage lui-même ; car là où il y a acheteur, il y aura toujours vendeur.

La force armée reste impuissante en face de cette plaie saignante du monde, qu'un seul remède peut guérir d’une façon certaine, c’est la promulsation d’une loi accordant aux populations serviles les droits des hommes libres (1).

Voilà bien le programme « des civilisés », de ceux qui se figurent que l'émancipation peut se

1. Mémoire de la Société anti-esclavagiste de Londres pu-) blié le 7 août 1893.

produire par « sauts et par bonds », et qu’un décret ou une loi fermement conçu et sévèrement appliqué peut suppléer à l’œuvre nécessaire des temps. Geux-là oublientque la vraie politique tant humanitaire que coloniale consiste à étudier la religion des indigènes, leurs lois, leurs coutumes, leurs mœurs familiales, leur organisation sociale et politique ; qu'il est nécessaire de nous mettre à leur niveau, d'entrer dans leurs idées, de nous faire eux-mêmes.

Nos idées d’occidentaux nous font considérer l'esclavage comme « contraire à la dignité humaine ». Il faudrait peut-être distinguer entre « l’esclave de traite » et «l’esclave domestique ». « L’esclave de trafic » est réduit à la condition la plus misérable, devenant une marchandise, une monnaie qui a cours partout, dont la valeur, suivant le pays, est un bœuf, deux barres de sel ou douze pièces de guinées. « L’esclave de case », au contraire, est considéré comme un membre de la famille ou à peu près. Ilest vrai que, semblable à l’esclave antique, il est considéré comme faisant partie du patrimoine de la maison, mais en réalité de même que lui, il est traité comme un collaborateur, comme un ami.

On a pour lui les égards qu’on aurait chez nous pour un vieux serviteur, on ne craint pas de lui confier ce qu'il y à de plus précieux, il voyage

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