IRLANDE
Malgré son origine celtique, la catholique Irlande doit figurer dans cette classification.
«Depuis 1620, année du départ des frères pèlerins, jusqu'en 1853, dit M. Lock, on peut évaluer à 9 millions et demi le nombre des Irlandais qui ont quitté leur île, l'Angleterre et le Canada, pour se rendre aux États-Unis d'Amérique. De 1806 à 1831, 4 millions 1/2 au moins d'Irlandais ont abandonné le sol natal. »
Sans remonter aussi haut dans le passé, nous trouvons que Vexodus ivland'dis, du 31 décembre 1846 à la fm de
1851, donne un chiffre de 1,423,000
et de 1851 à 1859, un autre chiffre de. . . 1 ,741 ,260
Total 3,164,260
64 l'émigration.
Ce nombre d'expatriés irlandais, joint à celui des Allemands, ci-dessus indiqué , fait mieux apprécier déjà le chiffre énorme de 5 millions, relatif à l'immigration aux États-Unis.
En effet, M. Bromwell évalue à 2,672,500 le nombre afférent au Royaume-Uni.
Or, nous savons que les Anglais proprement dits, y compris les Écossais, se dirigent plus particulièrement vers leurs nombreuses colonies. Donc, en présence des 4 millions 1/2 d'Irlandais qui ont abandonné leur pays, de 1806 à 1851; ou, seulement, en présence des 3,164,260 déshérités de cette nation, qui se sont expatriés pendant la période 1846-1859, on est fondé à croire que le chiffre énoncé par M. Bromwell se rapporte, sinon exclusivement, du moins, pour la plus grande partie, aux Irlandais.
Voilà donc la catholique Irlande qui marche dans le sillon tracé par les farouches Puritains, et qui se porte en masse, par haine contre ses oppresseurs, vers l'Amérique du nord.