‹ La transformation de l'Égypte (volume 2)Chapitre 21 sur 42 · TRANSFORMATION AGRICOLE · texte numérisé non relu

TRANSFORMATION AGRICOLE

Aprftsriiiolulal ion, c'est la saison dos culliiros appelées d'un mol assez impropre, cnllures d'hiver — hié, Irèlle, fèves — qui commc^ncenl dès que cesse la crue, vers-4e milieu d'octobre en Haute-K}i:ypk*, avec les premiers jours de novembre entre Assiout et le (-aire, à la fin de décembre dans le Delta. A peine l'eau s'est-elle retirée de la vallée, qu'on voit le limon disparaître sous la poussée des bourgeons, et qu'en deux ou I rois jours, grâce ù Peau et au soleil, les champs passent du jaune uniforme à toutes les nuances du vert. O. sont les promesses de la récolte qui se fera en février dans la Ilaute- Égyple, en mars dans la Moyenne, en avril dans le Delta, et qui était la plus riche de l'année avant l'introduction du coton et de la canne.

Viennent ensuite les cultures d'été qui durent d'avril aux mois de juillet et d'août, et qui fendent moins que les précédentes en céréales et légumes à cause de la sécheresse croissante. Le riz du Deltii inférieur et du Fayoum, la canne à sucre de la vallée, le coton de la Basse-Egypte (dans sa première croissance) sont semés au

yiQ I-A TRANSFORMATION DE I. RHYPTE

romm^nroniont Ho VrU\ mais irnrrivont à maturité t\u'i\ la fin *\o Tannco.

I.n saison inlt^rmôdiairo, (|ui va do juillet î\ octobre, correspond à la période de crue ; à celte époque, les terrains qui ne sont ni suhmerp^és ni plantés en riz. eoton ou cannes, peuvent, s'ils reçoivent assez d'eau par l'irrigation, fournir une troisième récolle. Alors, dans le Delta, le maïs arrive à maturité en soixante-dix jours, les lésrumessont produits en assez grande abondance.

>ur '^ millions fie feddans, TK^yple compte 0.70^4.123 feddans cultivés dont i.r:>::î2.ooo en blé, i.rï4r>.f?'40 en maïs, Sy^i.ooo en coton, fifi.ooo en cannes suivant les statistiques de l'année 1900.

LEjryptea de nombreux arbres fruitiers, dont les plus beaux sont les palmiers-dattiers qui donnent l'ombre à chaque village, et dont les fruits mûrissent au mois d'août ; il en existe 27 variétés. Les dattiers qui prospèrent « les pieds dans l'eau et la tête au soleil » deviennent de plus en plus nombreux à mesure qu'on avance dans le désert ou vers le Sud. On trouve, pour 100 feddans:

11 dattiers dans la province de Menoufieh, une des plus fertiles de la Basse-Egypte, 928 dans

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celle (rAssoii;\n, 1.07/1 <^'^*ï>s l^-*^ dislricls dlsniaïlia, Kl Aricli cl Suc/. ; en moyenne .')i dans la Basse-Kgyple, ifîi dans la Ilaule-Kgyple, y(|daiis i'(*nsenible dn pays (i). Parmi les autres palniiers, il laul citer le doûm de la llaute-Kjj^yptc cl delà Nubie, souveiil figure sur les monuments thcbains, donl la noixconlienl une partie comestible, cldonl le bois serl à la conslruclion. Les orangers, les grenadiers, les figuiers sont nombreux dans le Délia où leurs fruits se recollent à partir de septxîmbre. Les raisins mùrissenl en Kgyple, mais, sous riniluence de Tislam, on a cesse d'y faire le vin donl la fabrication élail connue au temps des Pharaons.

En fait d'arbres, Tl^lgypte ne connaît guère que ceux qui portent des fruits ; les acacias, les mimosas, les eucalyptus, qui donnent Tombre aux promenades du Caire et aux avenues de quelques villes, ont été plantés au dix-neuvième siècle ; de même ceux qui ornent les parcs des palais et châteaux. Pour encourager la culture des arbres de toute espèce, Mohammed-Ali exempta d'impôts

(1) Les palmiers sont soigneusement recensés, car leurs propriétaires payent un impôt spécial.

Mktin. — Ksryptr. i4

pliins, il> 1rs IriiiisliiTurent à force de capitaux et d'auclîicc. Ils vionnent ilc jeter un immense harraifr, lonir «liî •> kilomèlres, entre les rochers qui rlranglenl le Nil, en anionl dAssoudii, à la première cataracte, (iette dij^ue est en granit fondr sur le granit ; elle a 3o m. de large à la hase. 7 au sommel. et m m. oo de haut; au moment le plus fort de la crue, elle maintiendra le niveau du fleuve à une vingtaine de mètres au dessus de l'éliage. 180 vannes permettent le réî^lage et la distrihulion de Teau ; une écluse à cinq portes, prati(piée sur l'un des côtés, donne passage à la navigation. La construction a duré un peu plus de (|ualre ans et la dépense s'est élevée à 100 millions de francs.

Nous avons vu le commencement des travaux en novembre 1898: on y comptait déjà plusieurs milliers d'ouvriers. Les ouvrages grossiers étaient faits par des fellah payés o fr. 76 par jour ; l'extraction, la taille du granit était confiée à des Italiens qui recevaient 3 à 5 francs ; tout un monde de contremaîtres et d'ingénieurs parlaient toutes les langues de l'Europe, l'anglais dominant; un village de terre et de bois, des

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caiilincs, un restauranl ilalicMi cl fi^rec oii nous limos un (wrclhîiil ilrjcuner, couvraieni la plaine (Mitriî la rivière cl la li^nc forn'i: (|ui a son terminus à la |U(Mnière cataracte.

Pour coniplcter l'œuvre clWssouàn, les ingénieurs anglais construisent un barrage de Gr)0 mètres de long à la hauteur d'Assiout, entre la première cataracte et Touvrage commencé par Mougel. Par les travaux d'Assouj^n et d'Assiout, on compter retenir plus d<; i milliard de mètres cul)(»s d'eau (i.oGô.ooo.ooo d'après les dernières eslimalions).

L'immense digue d'Assouûn a été inaugurée solennellement le lo décembre 190:^, en présence du duc de Connaughl, frère du roi Edouard Ml. Son olfice va commencer avec la crue de iyo3. Elle retiendra les eaux à un niveau si élevé, (|ue les merveilleux temples de l'île de Phihe resteront à demi-noyés pendant cinq ou six mois de l'année : les protcsiations des archéologues n'ont réussi qu'à obtenir quelques travaux de consolidation. On s'empresse en ce momeni de recueillir toules les inscriptions des parties inférieures avant qu'elles soient subiner-

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g«''cs. Ln scirnco o[ l'art n'ont non i\ voir avec rcnlrf|niM* : |»onrtant les ingcnirurs avai(Mit accrptf. iii-r qu'on ra|i|i.orlc, (roxaniin(»r un projet dr «Ircoralion. [irrsenté par une Américaine qui voulait touronner Touvrage d'un bas-relief en style pharaonique où le khédive Ahbas-Hilnii, eût distribué la fécondité aux douze provinces de l'Egypte aniique. On a rejeté la proposition comme trop coûteuse.

L'œuvre des ingénieurs anglais est un placement, et voici ses deux principaux objets d'après lord Alfred Milner {England in Efjijpl).

V Augmenter la superficie cultivable aux dé- |>ens du désert.

!>" Hem|ilacer dans la Haute-Égyple le système des bassins submergés par celui des canaux permanenis d'irrigation, qui permettront de ilévelopper les cultures rémunératrices comme celle de la caime.

On conqjte que les terres conquises sur le désert s'étendront sur i million et demi de feddans 1 ; : elles ap[)artiendront à TÉtat et seront

1 Le fedJan = \M\\'i^ri. un peu plus que l'arre d'Angleterre = ^Oares. VV .

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par lui vcmliirs ;uix |Mrliriiliers. Oiianl à colles (|ui iHaicnl drjà on ciillure, rllos paioronl le supplriiioiil «rirrigalioii |iar uiio anp:iuoiilalion d'impôls. On voul donc enrichir riigyptc pourcnricliirjclisc, cl onespcrcquc lirrigalion rapportera plus que les Iravaux n'auront coûte, comme celle de Tlnde qui rend 3 à 12 p. 100 du capital engagé dans les régions où les ouvrages sont achevés et en bon état. En Egypte, le plan britannique est près d'être réalisé, et peut-être le moment approche-t-il où s'accomplira le rôve de lord Milner, où pas une seule youlle du Nil ne se perdra dans la mer^ mais où toutes jusqu'à la dernière, disparaîtront dans le limon d'Egypte en V laissant la fécondité.

ThWSFOhMATION ACiRICOLK. — OIUIIHT <:O.M>UMr.ATIONS

Pourvu qu'on lui doiuio l'eau, hi lcrre(rK«»:\plc peut produire touUî l'iuinrc, car clic ne conuail point de v«'Tilal»le hiver comparable à celui (|ui chez nou> suspend la végétation (i). Lesplanics se succèdent l'une à l'autre sans interruption, et l'on fait deux récoltes, trois même dans les terres qui ne sont pas noyées pendant les quatre mois de crue.

f Piiblirn lions ofruriollt^'i ; l^snai de slalislique agricole publit' pour i»><7 **l pour isSS, par Boinet-Bey aulcur du Dictionnaire tjéoQraphique de l' Egypte, Lo Caire. — Xotes on Egyptian Crops, Le Caire. iS^»«).

Nou< nou-i .sommes serxi? dans ce chapitre et les .suivant? des statistique» commerciales indiquées dans l'Avantpropos.

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