‹ La transformation de l'Égypte (volume 2)Chapitre 23 sur 42 · COMMERCE DES CÉRÉALES, FARINES, LÉGUMES · texte numérisé non relu

COMMERCE DES CÉRÉALES, FARINES, LÉGUMES

ANNKKS EXPORTATIONS IMPORTATIONS

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•:m la transformation de l kgypte

Les princip«Tiix importateurs sont l.i Turquie, la Kus'-ip. l'Antrlotorre, la Franco dont les expéditions de farines seules valaient, en 1900, 3.6.39.000. en 1901. .^.KiS.ooo francs.

L'importation des cerisaies auiçmonte parce que la superficie consacrée à leur culture diminue au profil de la canne à sucre et du colon introduits par les Européens. On a vu déjà que ces deux plantes demandent pour mûrir plus de temps que les autres, qu'elles doivent être tenues hors de rinondatiôn, et quelles exigent une irrigation constante et méthodique : il a fallu pour elles des canaux, des pompes à vapeur destinées à fournir un débit constant sur les terres hautes, enfin un contrôle permanent des petites rigoles qui distribuent l'eau entre les pieds.

L'eau ainsi mesurée n'apporte pas assez de limon pour réparer les perles de la terre ; il faut donc après la récolte changer les cultures, laisser le sol en jachères, ou le restaurer par des engrais.

Le fumier, autrctois, ne s'employait pas en Egypte pour amender les champs ; comme dans tout l'Orienl. il servait de combustible parce q^ue le bois est rare ; les amas de débris, de paille, de

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lili^re qu'on trouve hors de chnqnc vilhvj^e sont comme une rrserve où l'on vieni puiser i>our allumer du l'eu ; c'est ninsi (|u'il foui se reprcsenler le fumier de Job (i). Une nuire espèce de comhusliblc est formée par la fiente des hœufs et des buffles ; les femmes la recueillenl, la pélrissenl avec de la paille hachée et la plaquent en galell^s sur les murs de pisé où elle sèche au soleil avant crêlreeniplovée pour cuire le pain et les aliments. OuanI a la fécondation de la lerre. jadis le Nil y pourvoyait. Aujourd'hui, ceux (pii cultivent le coton et la canne doivent uliliscr le fumierdes pigeons, acheter le guano des chauvessouris aux gardiens d'hy|)Ogées, exploiler plus qu'autrefois les débris décomposés des cilés antiques {:>.); ils commencent à prendre des en-

(ij II on ô.Uùl ain!*i daiiP la Grèce priinilivc. '« I.a l(^irondc d'Augias, dit Pansanîas, cilô par M. Giiiraiid, prouve pciit- (^lr<» nu au début on ne sonçreail pas à employer le fumier, puisifue ce prince W. laissait s'accumuler in<l«''finimenl. dans }ses étables. »» M. Guiraud ajoute: « Pline voit dans cette Ic^gende la preuve quAugias imagina le premier d'employer le fumier comme engrais. Hosclier est d'avis qu'on jetait alors le fumier à la rivière, de même quen Sibérie... « (Paul GtiHAUD, La Propricic funrière en Grère, p. 4^5.)

(2) Manurcs and Soil Exhaualion in Egijpl (publication officielle), Le Caire, 1890.

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srois chimi({iio< nii\ mnisons alIfMiiandcs qui «-•IktcIm'iiI un il«'*liOurli«'* lians riigyplo. Le gouvcrni-mriil fiiv<»risr le Iransporl des engrais par des tarifs s|>éciau\.

L'administration anglo-égyptienne pousse au changement de cultures cl de |)rocéd6s, en développant le crédit. Sous le régime anglais, des banques dont la plus importante est la National Bank of Efjijpl ont été fondées pour placer en Kgypte une partie «les immenses capitaux britanniques toujours en quête d'emploi. L'Angleterre ne connaît pas le bas de laine plein d'argent qui dort, olle naime pas les placements — silrs parfois, toujours peu rémunérateurs — en rentes ou titres garantis par les Étals ; il lui faut des entreprises où les risques soient balancés par la chance d'un profit considérable.

Les banques anglaises du Caire et d'Alexandrie ont prêté d'abord aux commerçants, aux armateurs, aux fabricants: elles se tournent maintenaift vers les cultivateurs. A la suite d'un accord conclu dans l'année \{\0'> entre le gouvernement et la Xutional Bank ofEtjypl, un Crédit agricole va être constitué au capital de £ 2.5oo.ooo. Cette

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eniroprisc cons<îiilira aux ajjricultcurs dos pnMs dont le gouvornomciil lui gar.inlini U; remboursement. Le taux de rinlcrcl de ces pnUs sera de 3 p. loo. Ce n'est |»oint par pliilanlliropie qu'on va offrir ainsi de l'arj^ent aux Kgyplicns, mais comme les gros propriélaires et les marchands qui pratiquaient juscpf à présent Tusure dans les campagnes prélevaient jus(|u"à 4^ p. lood'inlérôt, le Oédii agricole, tout en faisant les affaires des capitalistes anglais, mettra les Kgyptiens en état de suivre plus aisément Timpulsion qui leur vient d'Europe.

Le développement des moyens de communication contribue au même résultat. Sans doute il est dil principalement à des considérations politiques, mais ses effets économiques sont considérables.

I^es chemins de fer importants appartiennent pour la plus grande partie à TEtat; leur construction a commencé en 1855 par la voie ferrée d'Alexandrie au (-aire, elle a été poussée très activement depuis l'occupation anglaise. Aujourd'hui, le Caire est relié à toutes les villes importantesdu Delta, à Suez par Ismaïlia (et d*Ismaïlia

2\H I.A TRWSFOnMATfON DE l/ÉGYPTE

à l*orl-Sahl par un tramway à vapeur (i) de la (Compagnie <lu ranaTi enfin h Louqsor, en Hautc- Kirypte. par une li<nîequi rcnionleloule la vallée. De Louqsor, la grande ligne se prolonge par une voie étroite qui se termine à AssouAn, f)rés de la première cataracte et qui a élé achevée pour l'expédition de 1898 contre les Dci'vichcs. Entre la première et la deuxième cataracte, la seule voie de communication est le Nil. Mais ensuite commence la ligne stratégique qui vient d'atteindre Khartoum.

Le> ouvrages d'art construits par les ingénieurs anglais, dans les dernières années du dixneuvième siècle, sont relativement importants. Il y a peu d'années, on ne trouvait au sud du Delta qu'un pont sur le Nil, celui du Caire, bAti en 1870 par une maison française. Les Anglais ont lancé avant l'expédition du Soudan celui de .\ag-Hamadi. long de 4oo mètres, où passe la ligne de Louqsor. Après la prise d'OmdourmanJa construction du grand poni de fer sur TAtbara cligne de Khartoum) a élé enlevée

(1 La voie va être élargie et doublée entre Ismaïlia et Port- Saïd.

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|»«'ir iiiio iii;)ison «américoine qui n promis «le le livrer en quanuile-deux jours pour i.'io.ooofrîincs, tandis que les roncurrcnls anglais demandaient six mois et demi et !>5o.ooo francs. La ligne slfalégicpir» du Soiulan n>sl pas eomprise dans le tableau suivant qui s'applique à rKgyple seule.

CHEMINS DK KKR hK i/kTAT KGVPTIKN 'i8(V>-H)00)

AnéM. Umganr. loabrr (1« Toya^rs. Harck. tran^rorléts Produit net.

■itles fl) tcniKf |^. I<).

4802. . \)9\) 7.047.'iîm 2.2.'>G oriG 954.9^2

im). . 4.:W3 l-2.428.3(K) 2.950.0(KI 4.187.382

Kn 1900 les frais d'exploitation se sont élevés à97i.49^>L. E., soit/|5p. loodes receltes brutes (2.i:)8.877 L. E.).

Outre les i.SgS milles de chemins d'Etat, l'Egypte avait 780 milles de voies particulières comprenant pour la plus grande partie de petites lignes destinées h l'exploitation agricole, soit en tout ?^. 1 7.3 milles de chemins de fer dont 958 milles d'Etat et 7)7)9. milles aux particuliers dans le Delta, 435 milles d'Ktat et 228 particuliers en Haute- Egypte.

(1) Le mille anglais = 1G09 tn. 3i.

»0 L\ TBAN'SFOBMATION DR I.'KC.YPTK

I- Kcryplo n do-i clH^ïqjns de fer et n'a pas de rouir-». Uuiiiid on n'eiqpjoie |)as les lignes ferrées, les tran>|)orls se Ibnl à dos d'Iionimes, d'elles, deehameaux ou par le Nil, qui demeura longtemps la seule voie de communiralion pratique pour los longues dislanees : chez les anciens Kgypiiens, le véhicule des dieux n'clait pas un char, mais un bateau.

La naviiralion est toujours très active quand léhil du llouvo le permet ; les changements de ni\w»au. los bancs formés par les alluvionsde la tiuo In rendent assez difficile et toujours fort ItMitr' : If s hntranx s'arrêtent pendant la nuit. La |ilus granile partie des trans|)orls fluviaux est fait»* parties harques iiidiirènes de ir>à Go tonnes qui manhent à la voile. Les Européens ont réremmenl introduit les bateaux à vapeur. Dans la llauto-Kgy|)le. la (•onq)agnie commerciale Tnfjiifikïeh. qui date de iSSy, et deux entreprises anglaises de voyages pour touristes, ont des services réguliers au moins pendant la saison (fin novembre à mars . Knlre le Caire et Alexandrie un service a été établi en 1899 par lAnfjlo'Ame- ^

rie an Companij. \

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Le transport par eau n'a qu'un avantage sur le transport |>ar voie ferrée, <!'esl de» coiller !>o à 5o p. loo (le moins ; aussi esl-il choisi pour les marchandises lourdes, qui peuvent attendre et ne sont guère exposées à se détériorer, coton, graines de coton, matériaux de construction, fer, machines, houille.

La navigation (liiviale est un auxiliaire très précieux de l'industrie naissante, et on l'emploie d^autant plus volontiers que l'assurance des cargaisons contre les accidents et le vol est pratiquée depuis quelque temps par des Compagnies anglaises.

11 faut enfin noter parmi les circonstances favorables à l'évolution économique le développement des services postaux et télégraphiques. L'Egypte avait, en 1900, *îi8 bureaux de poste urbains, 187 bureaux ambulants et ^07 bureaux de village; la circulation intérieure des lettres, journaux et colis avait passé de ir).:i7o.ooo unilés en 1895 à 22.017.000 en 1900: (en France, pour Tannée 1899, 2.170.000.000 unités).

L'Lgypte a une Caisse d'épargne postale depuis 1901. Les nations étrangères qui entretenaient

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jadis, rucniiir ri\ Tiirquic, leurs postes nationales, oui îiliiiihluiinr cr [irivilèfçe ù Tcxceplion de deux, |»arnu |rM|Ufll«*> l.i France.

LÊl'x |ilr |ios>rde un réseau télégraphique de :>.iîii5 nulles, (|ui a transmis :«. 299.938 dépêches en i>>(f) et ^/A'io.ô-ji en 1900 : (en France,. ÎN.i ',4.101 m i8ij<j).

Tout <Mi donnant les instruments nécessaires au contrôle hritanuique, on a, par toutes ces crénti(»ns, favorisé les entreprises des capitalistr.> ruropéens, (|ue nous allons voir à l'œuvre dans l'exploitation des deux grandes cultures industrielles.

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