‹ La transformation de l'Égypte (volume 2)Chapitre 24 sur 42 · COTON · texte numérisé non relu

COTON

Ia\ cuUurc (lu colon (i) n'a commence à prendre une grande importance qu'après l'avènemenl d'ismaïl (iSG*{), mais elle date de Moliammed-Ali qui la (il importer des Indes en iHrii, sur h» conseil d'ingénieurs français. L'inlenlion du grand pacha était de s'enrichir par des cultures nouvelles et il exécuta son plan avec les moyens du despotisme oriental ; la terre, en eflel, avait élé déclarée propriété du vice-roi, les cullures se faisaient suivant les demandes du marché européen, tantôt plus de riz ou d'indigo, tantôt plus de coton. Les produits étaient

(i) Dans ce cliapitrc, le suivant, et le dernier du Uvre on a uUlisé les documents, surloul les stolisliqucs couiuiercialcs, déjà indi(fués. mis à profil divers rcnseignemcnls de source parliculirre, pour ce qui concerne Tindus- Iric qui n'a pa*î encore fait l'objet d'enquêtes officielles spéciales; on a tiré des renseignements d'un mémoire autof^rapliié de M. Geor^res Socolis (d'Alexandrie), U Egypte, son histoii'e économique depuis trente uns, i<jo2, qui a valu k son auteur le diplôme du Collège des sciences sociales.

J-.M L\ TU VNSKORMATION DK I. IX.YPTI-:

portés niix mofrasins du vice-roi (|iii s'.iltrihuail \r inoiiopolo (lu conunorco. prennil une partie «les <ip[iorts ;» litre d'impôts, juiyail le reste aux rultiv;»teurs et revendait le tout aux Européens. Aujourd'hui que l'on a rendu aux Egyi)liens une pîirti»^ de leurs terres, le colon est produit |mnripalrnienl sur celles que le Domaine a conservées dans le Delta et que la Commission inlernalionnle de la Dette fait administrer au profit drs créanciers. A côté du Domaine, un certain nombre de propriétaires plantent une superficie qui change avec les années. L'Kgyptc actuelle produit quatre sortes de coton (i).

i* Le Mif'Afifi. le plus ancien en date, cultivé surtout dans le Delta. Ce plant croît d'avril à décembre : en le recouchant on obtient une seconde récolte pour le mois d'août de Tannée suivante. C'est lui qui donne le meilleur rendement à Fégrenage. Il est le plus répandu et fournit la plus grande partie du coton égyptien.

1 Liiii>rês \e Journal de la Société khédiviale d'agriculture, mars-avril x^jj-i. Voir encore Hevue des cultures coloniales^ 1897, p. 2^J-2^7 : Ch. Pensa, Les Cultures de l'Egypte, Paris, 1897 ; LicoMTL. Le Coton, et Bnu.xuE:?, Ouv. cit., p. i94.

a" ZrVl bassi, planic depuis longlcm|)S dans certains grands domaines, demande |)Ins de soins qne le précédent, mais il est de meilhnire vente quand sa qualité est parfaite. Il peut donner des récoltes trois années de suite, mais, à partir de la deuxième, la fibre devient moins résistante.

3"* Le Yannovich^ introduit dans les d<Tnières années du dix-neuvième siècle, peut, lui aussi, donner Irois récoltes mais sans rien perdre de sa <|ualilé : sa fihre mince, soyeuse, résistante, comparable à celle de la « fine lloride » américaine, lui vaut un |)rix plus élevé que celui des autres espèces, mais il rend à Tégrenage 9 p. 100 de moins qu'elles.

4** L'Aclwumi, cultivé dans la Haute-Egypte, tandis que les variétés précédentes appartiennent au Delta, est une espèce inférieure et qui rend à Tégrenage 5 à 7 p. 100 de moins que le Mîl-Afifi, On se préoccupe de le remplacer par ce dernier dès que la construction des barrages permettra de donner à la Haute-Egypte une irrigation plus régulière.

Quelques autres variétés comme le Bamia. le Hamouni^ le Blanc, ont été presque totalement Mktin. — Egypte. ir>

i?2»> LA TBANSKORMAT!ON DE L KGYPTE

aban<lonnros à cause de leur faible rcndciitenl ; on lie les trouve ]tlus guère que chez les petits propriétaires.

La séleclion des variétés a été surtout l'œuvre des grands propriétaires conseillés par les acheteurs européens ; le gouvernement Tencourage en faisant des distributions de graines aux cultivateurs.

La culture du coton se pratique dans les 5/7 des villages égyptiens. Elle est la spécialité à peu près exclusive des provinces fertiles et régulièrement irriguées du Nord. Vers la fin de Tannée, le voyageur traverse dans tout le Delta et jusqu'en Moyenne-Egypte des sortes de longues pépinières où les fellah, en chemise bleue, cueillent les flocons blancs du coton sur des arbustes maigres, sans feuilles, alignés le long de rigoles boueuses et dont les branches noires viennent à la poitrine des cueilleurs. La récolte, envoyée à Alexandrie, forme un appoint destiné à combler pour Manchester le vide que peut laisser celle de l'Amérique. Les Etats-Unis, en effet, sont le grand pays producteur pour la quantité et la qualité et ils commandent le marché; les cours

atteints par Irurs envois à Manchester sont télégraphiés à Alexandrie et «hHenainent ceux du colon égyplieii.

PRODUCTION or COTON EN EGYPTE (1890-I900} ANNÉES <:A.\TAU8(4)^ ANM'iKS CANTARS

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EXPOnTATION DU COTON BRUT (187^1-1902) ANNKES CANTAIIS VALEIB L. E.

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