II. — Espoi
^lalions par année, de 189.^ à 1901.
ri. 905. 10-2 l.t>12.677
Le grand et presque Tunique acheteur des graines de coton est FAngleterre.
L'ÉgypIc, qui fournil à rétrangcr des Mrali(»ros oléagineuses, est obligée d'acholer au dehors le pétrole et les huiles de machine nécessaires h sa consommation; la Russie fournit la plus grande partie de ces produits. Leur importation augmente à raison du développement de la prospérité matérielle et de Taugmentation du nombre des uftines. Ainsi la valeur des huiles de graissage importées a passé de 7.5i3 L. E. en 1890 à 30.708 L. E. en 1899.
Cette situation anormale ne pouvait manquer d'attirer l'attention des capitalistes européens et de pousser plusieurs d'entre eux à créer des fabriques d'huile. En 1889 un groupe d'occidentaux, parmi lesquels dominaient les Français, fondait à Alexandrie une Société possédant un capital de £ 60.000 pour traiter à la fois les graines de coton, les olives et les nombreux produits oléagineux du pays. Depuis quelques années, cette Société, devenue la Société des huileries et savonneries d'Egypte, s'est mise à faire les savons en même temps que les huiles : elle produit surtout le savon grossier ; les savons de toilette continuent à venir de Marseille.
234 l-A TRANSFORMATION DE L EGYPTK
Il oxJnIo qiiafr^ aiilrrs Socirfrs (riniilerio. et une «le savonnerio, tbndr'»e en iS<j8.
Enfin, des Européens ont demande î^élablirdes filatures et des lissages. D'après M. Brohicr (i), l'administration anglaise aurait tout, d'abord fait refuser l'autorisation pour ne pas restreindre les débourlirs de Manchester. Les fils et tissus de coton an^rlais forment en effet une bonne part de l'importation de textiles et similaires en Egypte : v: i.74->.Ot)y en iSy<|. *J i.«Si)r>.8i/| en 1900.
L'importittion totale de tissus (coton, laine, soie, jute manufacturés, câbles et cordes, confection, etc. . ne cesse d'augmenter; elle valait •>.768.8>6 L. E. en i>^{p. 4.^>''|3.-^4i L. E en 1901.
La situation ne paraît pas près de changer quoique rautorisalion d établir des manufactures <«it été récemment accordée h la Compagnie anijrlaisc The F'iupl'uin (Jolon Mills Limlled, qui a son siège sncial à Londres et dont le capital est de v: i^>o.ooo. Elle a établi deux filatures en 1899 aux environs du r.aire. ('/est le début de l'industrie cotonnière en Egypte.
fi LÈgyple de 1798 ù 1900, p. 271.
SUCRI-: : INDISTIUK SLCRIÈHK. — DI-iVELOPPEMENT INDUSTRIEL.
La seule industrie complète de l'Egypte est celle du sucre, créée vers 1874 sous Ismaïl par des ingénieurs français. La canne à sucre était cultivée depuis longtemps en Egypte, mais c'était une espèce grossière, maigre et ligneuse, destinée à (Mre mangée. L'usage s'est conservé de vendre ce genre de comestible : les wagons de troisième classe sont, pendant la saison, jonchés de libres de cannes niAchées par les voyageurs. Mais Tancienne plante a fait place h une variété magnifique, l'une des plus belles du monde.
Jusqu'à la fin du dix-neuvième siècle, les prin--
•rw I.A TRANSFORMATION DE L KGYPTE
ripiilrs phiiilations cipparlonnicnl h la Dalra Sanioh ou îKlininistralion des propriétés du kliédivo, >aisir> ol exploilres au nom des créanciers eiirop/'cns. Los domaines de la Daïra avaient été agrandis par IsmaiPau moyen de..:Cpiv(jscations et tl échanges forcés : comme on Fa vu plus haut, le khédive avait fait creuser pour eux des canaux d'irrigation particuliers; enfin, il avait, pour les exploiter, appelé des ingénieurs, des mécaniciens, acheté des pompes à vapeur et un matériel français. Lors de notre passage, Tétiit-major de la Daïra Sanieh était presque entièrement français depuis los mécaniciens jusqu'à l'ingénieur en cliel* qui portait le titre de pacha.
Les domaines de la Daïra Sanieh et ses usines se rencontrent partout en Haute-Egypte des qu'on a dépassé Minieh. Le sol est coupé de canaux, à l'horizon on voit les tuyaux de tôle noire des générateurs s'aligner en flûtes de Pan. Aux mois de novembre et décembre, époque de notre visite, on répare le matériel pour la campagne qui commence en janvier-février :
partout le mécanicien français surveille les équipes d'ouvriers fellah qui démontent, net-
altcinls p<ir leurs envois à Manchester sont télégraphiés à Ah'xanJrie et déterininent ceux du colon égyplirMi.
PRODUCTION I>1' COTON EN EGYPTE (189O-I9OO} ANNÉES CANTAIls(i) ANNKKS CANTARS
EXPOHTATION DU COTON BRUT (iSy/i-igOîj) ANNKES CANTAHS VALKIB L. E.