‹ La transformation de l'Égypte (volume 2)Chapitre 4 sur 42 · VALLÉE ET DELTA DU NIL · texte numérisé non relu

VALLÉE ET DELTA DU NIL

amples grAce à rinlliionco lompcralricc dr la mer, cl le Hiermomèlre ne descend pas ordinairement jusqu a o ; à l'intérieur, sur les bords du Nil, le climat resle, avec quelque adoucissement, le même que dans le Sahara. La moyenne d'Alexandrie est -hfîo",le minimum -h ;V, le maximum approche de-+-4o®. Au Caire, la moyenne est de 4- 13'* en hiver, +;î8'*,î^ en été, le minimum tombe h -h î^o, le maximum s'élève à + 4^^** quand souffle Tardent khamsin. Plus on se rapproche du tropique, plus la moyenne s'élève ; elle dépasse celle du Caire de 4 ^^ G degrés, h Louqsor, celle de Louqsor de 3 degrés à Assouân. Les rosées qui tombent pendant les nuils froides de janvier aux environs de la capitale, deviennent de plus en plus rares à mesure qu'on remonte le fleuve et sont inconnues h la première cataracte.

Partout, l'hiver reste nocturne et ne se fait pas sentir pendant le jour, partout il ne dure que pendant une période très courle, ordinairement la fin de janvier ; il n'y a point en Egypte de morte-saison où la végétation s'arrête.

Les vents du désert qui se font sentir dans tout le pays accentuent les variations de tempe-

rature. Kn hiver, le Sahara orcidenlal, où le lliermoinrln» doscend plus has qu'aux bords du Nil, envoie à la vallée et au delta un courant d'air glacé. Au commencement de Tété, le désert se Irouve, au contraire, plus chaud que TÉgypte fluviale et maritime ; alors le khamsin ou la cinquantaine, ainsi nommé suivant le nombre de jours pendant lesquels il dure, souffle, brûlant, du sud-ouest et apporte des flots de poussière aveuglante. La sécheresse atteint son comble, le Nil est au plus bas, on se croirait près d'une fournaise. Mais bientôt, dans cette atmosphère surchaufl'ée et raréfiée afflue Fair frais de la mer ; ce sont les vents élésiens ou annuels des Grecs, M les souffles délicieux du nord », suivant les termes des inscriptions. Ils s'établissent vers la fin de mai et «lurent jusqu'en octobre, d'autant mieux venus qu'ils coïncident avec la crue dont les premiers symptômes apparaissent en juin.

Si le Nil déborde, c'est grâce aux pluies de Tété tropical qui tombent sur les montagnes abyssines et dans les régions soudaniennes à 3.000 kilomètres de la frontière égyptienne. Pour les anciens, qui ne connaissaient pas les sources

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du fleuve ni la zone à saison humide où se trouve son cours supérieur, Torigine de l'inondai ion périodique élait un mystère. On l'expliquait sous les Pharaons par la chute d'une larme d'Isis dans le lit du Nil, et il reste des traces de cette croyance sous la religion islamique : au- ;

jourd'hui encore la crue est attribuée à une goutte que Dieu fait tomber dans le fleuve. Les astrologues annoncent Theure de la chute qu'ils .♦

placent toujours dans une nuit de juin et la nuit de la fjoiilte se passe en cérémonies et en fêtes ; chaque famille met alors de la pâte sur son toit et, si la pAte love, c'est signe de prospérité pour la [

maison ; une foule d'autres pratiques fort anciennes s'accomplissent à la même occasion.

On comprendra l'émoi religieux qui saisit le peuple d'Egypte en face de la crue, si l'on se rappelle qu'il ne pleut presque pas dans le pays etqu'ii|)rcs avoir reçu en Nubie TAtbara, dernier cours d'eau permanent venu de TAbyssinie, le Nil *

coule jusqu'à la Méditerranée pendant plus de \

:i.ooo kilomètres sans recevoir un seul affluent. Il :^

disparaîtrait sans parvenir à la mer comme tant d'autres fleuves du désert, si les énormes réser- * {

f* LA TR\NSrORMATION DE l/Ér.YPTK

voirs des prnnds lacs ne rontiiuinionl h TaliiiK'nt#»r apr/'s la fin dos pliiios Iropirnlos. D'ailleurs, il ne cesse île s'appauvrir, l'-nlre Assoiii\n el le Caire sa largeur diminue.

Dans le monde, le \il n'oceupe que le vinglseplif-me rang par son débit, alors qu'il vient le second, après le Mississipi-.Missouri, pour la longueur de son cours (plus de G. ooo kilomètres dont i.*>ooen Kgypte). Sa crue est dix ù quinze fois plus forte que les plus grosses de la Seine, mais à Tétiage il tombe au-dessous de ce dernier lleuve. Toutefois, ses eaux sulTisenl à entretenir dans le désert une longue et étroile oasis, la plus singulière et la plus étendue de l'univers, qui comprend, en remontant le fleuve, un delta fertile au milieu des sables, puis une vallée verte de :^ à iC kilomètres de large, creusée sur près de 1 .000 kilomètres entre deux plateaux de rocber aride. Véritable anomalie que ce triangle et ce mince sillon de cultures, — la tôte et la queue du serpent.

Les territoires soumis au khédive, avec une étendue deux fois supérieure à celle de la France, n'auraient pas 200.000 habitants, si Ton en re-

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