‹ La transformation de l'Égypte (volume 2)Chapitre 5 sur 42 · VALLKE ET DELTA DV NIL · texte numérisé non relu

VALLKE ET DELTA DV NIL

Iranchail la zone arrosée par le Nil. Collo partie, — riy.ooo kiloinèlres carrés dont 17.000 pour le seul Delta — nVgale môme pas la pelile Belgique, mais c'est une des régions les plus |)euplées du monde avec (j millions et demi d^iabitanls, plus de 3oo au kilomètre carré, tandis que la France en compte 72 à i>eine.

Comme Ta dit Hérodote, « TÉgypte est un don du Nil )). Le fleuve a fait le sol de la région cultivable en apportant chaque année <*3o millions de mètres cubes de limon, — le double du Rhône malgré un débit inférieur — , en déposant une couche d'aliuvions épaisse de 10 à i5 mètres et en conquérant sur la mer un delta qui présente un front de 200 kilomètres et s'agrandit d'un mètre chaque année. A cette Egypte qui est son œuvre, le fleuve donne la fertilité en suppléant au rôle bienfaisant de la pluie.

La seule eau du pays vient des flots, tantôt bleus, tantôt pourpres sous la teinte du limon, que le Nil roule entre des maisons blanches, derrière les bouquets verts des palmiers et les vergues noires des bateaux.

Dans le Delta ou Basse-Eg^-pte, Teau coule

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partout en inuUiples canaux, où les riverains puisent avec des seaux à bascuh^ maniés par des hommes (cluidouf). ou avec des roues Ji godets mues par des buffles (sakieli) : c'est ainsi qu'on arrose la terre. Pour puiser Icau à boire, les porteurs d'eau s'avancent dans le lit jusqu'à mijambes^ et remplissent l'outre de cuir qui charge leurs épaules. A voir ainsi recueillir l'eau toujours trouble, l'Européen ne se sent guère envie d'y toucher ; pourtant ce liquide chargé de limon rouge est relativement pur de germes nuisibles, il est léger, il n'a pas de goût désagréable. En tous cas, les indigènes, qui ne connaissent pas les sources limpides, aiment l'eau du Nil telle qu'on la puise, et nous avons vu un Européen obligé de cacheter les bouteilles d'eau filtrée qu'il emportait dans une excursion à la campagne, non pour empêcher les domestiques d'y goûter, car ils s'en défiaient, mais pour qu'on n'en gaspillât point le contenu comme un liquide sans valeur qu'aurait avantageusement remplacé l'eau plus savoureuse de la rivière. Comme le Nil fournit à tous les besoins, chaque village du Delta le fait couler de son côté; aussi ses bras

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