‹ La transformation de l'ÉgypteChapitre 23 sur 30 · LA PROPRIETK DU SOL · texte numérisé non relu

LA PROPRIETK DU SOL

rique, possèdent la richesse et la puissance ; nous les avons vu déjà exerçant sur l'irrigation et la production une influence décisive ; ils ont pris aussi la part principale aux mesures qui transforment lentement la tenure orientale en propriété à peu près occidentale. L'évolution dans ce sens n'est pas encore achevée (i).

Les biens-fonds qui appartiennent aux particuliers se divisent encore en deux catégories ; les terres kharadji ou tributaires, les 3/4 de la superficie arable, qui sont en principe concédées à bail perpétuel et qui payent en moyenne 27 à 28 francs d"impôt (2) ou plutôt de fermage par feddan ; les terres oiichouri, propriétés qui sont censées payer la dîme {ouchoiir) de leurs récoltes et dont la contribution moyenne ne s'élève qu'à 10 francs environ par feddan. Les unes et les autres doivent en outre à peu près 5 francs par feddan pour les travaux d'irrigation. La pre-

(i) Pour ce chapitre, nous avons consulté surtout Yaooub AnTiN-PACHA, La Propriété foncière en Efjijple. Le Caire, i883, étude présentée ;ï l'Institut égyptien etpul)liéc sous les auspices du ministère des finances.

(2) Sur l'impôt foncier, voir pages u2-iiG.

mière catégorie comprend la plupart des petites propriétés, autant que ce terme peut s'appliquer dans l'espèce, et un certain nombre de grandes ; la seconde se compose surtout de grands domaines.

L'emploi du mot khnradji date de l'occupation arabe ; il s'applique dans le droit islamique à la situation des sujets étrangers à qui les souverains musulmans ont laissé après la conquête la possession de leurs terres moyennant le paiement d'un tribut. Sous ce terme nouveau, la condition des cultivateurs égyptiens est resiée à peu près ce qu'elle était avant l'islam : le souverain, considéré comme le propriétaire du sol, en laisse l'usufruit à ceux qui le travaillent et leur demande en échange un tribut qu'il lève par l'intermédiaire de notables responsables de l'impôt et armés de tous les pouvoirs nécessaires à sa perception.

La transformation du droit de propriété commence sous le créateur de l'Egypte moderne, Mohammed-Ali. Dans une revision du cadastre opérée entre 181 3 et 1823, le grand pacha fit distribuer les terres communes en lots qu'on inscrivit

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