VALLKE ET DELTA UU ML
Irancliait la zone arrosée par le Xil. Cette partie, — ^(j. 000 kilomètres carrés dont 17.000 i)Our le seul Delta — n'égale même pas la petite Belgic[U(\. mais c'est une des régions les plus peuplées (lu monde avec 9 millions et demi d"lial)itanls, plus de 3oo au kilomètre carré, landis que la France en compte 72 à peine.
Gomme Ta dit Hérodote, « l'Egypte est un don du Nil ». Le fleuve a fait le sol de la région cultivable en apportant chaque année 3o millions de mètres cubes de limon, — le double du Rhône malgré un débit inférieur — , en déposant une couche d'alluvions épaisse de 10 à iT) mètres et en con(|uérant sur la mer un delta qui présente un fiont de 200 kilomètres et s'agrandit dun mètre chaque année. A cette Egypte qui esl son œuvre, le fleuve donne la fertilité en suppléant au rôle bienfaisant de la pluie.
La seule eau du pays vient des flots, tantôt bleus, tantôt pourpres sous la teinte du limon, que le Nil j-oule entre des maisons blanches, derrière les bouquets verts des palmiers et les vergues noires des bateaux.
Dans le Delta ou Basse-Egypte, l'eau coule
partout en multiples canaux, où les riverains puisent avec des seaux à bascule maniés par des hommes [chadouf), ou avec des roues à godets mues par des buffles (sakieh) : c'est ainsi qu'on arrose la terre. Pour puiser l'eau à boire, les porteurs d'eau s'avancent dans le lit jusqu'à mijambes et remplissent l'outre de cuir qui charge leurs épaules. A voir ainsi recueillir l'eau toujours trouble, l'Européen ne se sent guère envie d'y toucher ; pourtant ce liquide chargé de limon rouge est relativement pur de germes'nuisibles, il est léger, il n'a pas de goût désagréable. En tous cas, les indigènes, qui ne connaissent pas les sources limpides, aiment l'eau du Nil telle qu'on la puise, et nous avons vu un Européen obligé de cacheter les bouteilles d'eau fdtrée qu'il emportait dans une excursion à la campagne, non pour empêcher les domestiques d'y goûter, car ils s'en défiaient, mais pour qu'on n'en gaspillAt point le contenu comme un liquide sans valeur qu'aurait avantageusement remplacé l'eau plus savoureuse de la rivière. Gomme le Nil fournit à tous les besoins, chaque village du Delta le fait couler de son côté ; aussi ses bras