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Colons déférés à la justice . . . . . néant
Envoyés à la colonie correctionnelle (1). ÿi
claires au contraire, l'enfant peut se livrer à un travail productif; il reçoit les visites de l'instituteur et de l'aumônier.
A notre avis, ces deux peines devraient être abolies : nous ne saurions admettre pour les colons que des peines consistant en un surcroit de travail, ou tout au moins dans l'obligation de se livrer aux besognes les plus pénibles de la colonie.
L'administration de Mettray entre absolument dans nos vues sur ce point : elle n’inflige presque jamais, nous venons de le voir, la cellule sombre ; et, si elle punit quelquefois de jours de cellule claire, elle applique largement l'alinéa final de l'article 22 du règlement ainsi conçu : « Sur l'autorisation du directeur de la colonie, les enfants punis de la cellule peuvent être employés à certaines heures du jour à scier et à fendre le bois consommé dans l'établissement ou à casser la pierre pour l'entretien des routes et à d'autres travaux pouvant leur procurer un exercice salutaire. »
Pourquoi ne pas remplacer purement et simplement la cellule par un peloton de punition à régime plus ou moins sévère, suivant les circonstances ?
(1) L'article 10 de la loi de 1850 prescrivait l'établissement soit en France, soit en Algérie, de plusieurs colonies correctionnelles pour. 20 les jeunes détenus des colonies pénitentiaires qui auront été décla-' rés insubordonnés. Sur ce point la loi de 1850 resta lettre morte ; on se contenta de prendre « un quartier — une partie — des grandes prisons de Rouen, Nantes, Lyon, Dijon, qui a été aménagé, disposé et suffisamment isolé, en vue de recevoir les insubordonnés provenant des colonies tant publiques que privées. » (Puybaraud, Mais. éduc. prév., p.10). On était ainsi allé complètement à l'encontre du but de la loi, qui était pour ces insubordonnés, aussi bien que pour les enfants acquittés et envoyés en correction en vertu de l’article 66 du code pénal, de les faire travailler au dehors après un internement de six mois, On n'arrivait même pas par ce moyen à intimider les enfants : « Soumis à un régime qui n'était pas plus sévère que celui des établissements d’où on avait dû les chasser, ils gagnaient en outre, dit M. Cluze (Bulletin triennal Meltray, 1898, p. 37), un pécule plus élevé... Aussi les mauvais sujets n'étaient-ils nullement intimidés par cette punition... et affectaient-ils de demander avec insolence à être envoyés en centrale (c’est ainsi que dans leur langage ils appelaient les quartiers correctionnels). »
Le travail qui était donné aux enfants dans les quartiers correction-
ere.
6° La journée du colon.
L'emploi du temps et la division de la journée, dit l'art. 28 du règlement, sont réglés de manière à introduire la variété nécessaire dans, les exercices, à occuper les instants des colons et à les empêcher de se soustraire à la surveillance (1). Si quelques minutes restent inoccupées
dans la journée, on s'efforce néanmoins de ne pas laisser
nels était industriel, mais aucun apprentissage ne leur était enseigné, de sorte que ceux qui n'avaient pas appris un métier pendant leur passage dans la colonie, ce qui arrive fréquemment, puisque c'était la lie des colonies pénitentiaires qu'on envoyait dans les quartiers correctionnels, se trouvaient dans l'impossibilité de gagner leur vie. D'un autre côté, le nombre des instituteurs était très insuffisant — à Besançon, en 1895, il y avait 1 heure de leçons par jour à distribuer entre 32 détenus. — Une colonie correctionnelle fut enfin fondée en 1895 à Eysses; une discipline fort rigoureuse y est appliquée, et les colons craignent réellement d'y être envoyés.
(1) A. — Emploi du temps les jours ouvrables (art. 12, règlement). Pendant l'été. -
4 h. 45 à 5 h. 15 : Lever, toilette, prière.
5 h. 15 : Premier déjeuner.
5 h. 40 : Commencement des travaux.
7h. 50 : Déjeuner (qui n'a lieu que pendant les jours les plus longs de l’année) et récréation.
8 h. 30 à 11 h. 15: Travail.
11 h. 30 : Classes.
1 heure : Dîner et récréation.
2 h. à 7 h. 15 : Travail.
7 h. 30 : Souper.
8 h. 15 : Prière et coucher.
Pendant l'hiver.
Le lever est retardé d'une heure et il y a classe le matin de6h.à7h. "Tant que cela est possible, les enfants employés aux travaux agricoles travaillent dans les champs; quand le mauvais temps les empêche de sortir, ces colons se livrent aux occupations habituelles des fer-
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oisif l'esprit des colons ; ils marchent toujours au pas cadencé, même pour monter l'escalier de leur dortoir ; les promenades sont faites avec tambours, clairons et
musique ; le coucher se fait au commandement.
1° Le pécule.
On nomme pécule la somme d'argent que l'enfant gagne pendant son séjour à la colonie ; le pécule est constitué : 1° par les bons points qui sont donnés à l’enfant selon ses mérites et qu'il a mis en réserve; 2° par l'argent quiluiest rapporté par son travail (la moitié seulement de ces sommes constitue le pécule, le reste sert à couvrir en partie les frais de nourriture et d'entretien); 3° par les gratifica-
tions : livrets de caisse d'épargne donnés à ceux qui ont
miers pendant l'hiver (écossage des pois, préparation des semages, etc.) ou bien extrayent des pierres des carrières situées dans la colonie, B. — Jours fériés (art. 12, règlement).
L'emploi de la journée est ainsi modifié :
5 h. 30(6h. en hiver): Lever, prière, toilette.
6 h.45 : Nettoyage.
7 h. 30 : Déjeuner et récréation.
8 h. 15: Revue des chefs de famille.
8 h. 30: Réunion générale.
© h. : Messe.
10 h. : Revue passée par le directeur, défilé.
10 h. 30: Récréation.
11 h.: Gymnastique.
1 h. : Dîner, récréation.
2 h.: Vêpres et salut.
3 h.: Promenade militaire.
5 h. : Réunion dans les classes pour les conférences du dimanche. Exercice du fusil et de la pompe à incendie. Musique vocale et instrumentale.
6 h. 30 : Souper.
71 h.15: Prière, coucher.
SET ou
obtenu le certificat d'études, décernés à l'occasion du 14 juillet, ou à ceux qui se sont fait remarquer par leur bonne conduite et leur application ; sommes d’argent remises avec les galons de frère aîné, avec ceux de bonne conduite, ou comme prix de labourage (1). L'argent du pécule est placé à la caisse d'épargne postale; il ne peut en être retiré par le colon libéré avant l’époque de sa majorité, sauf quand il justifie avoir un pressant besoin d'argent, et après une demande par lui adressée au ministre de l’intérieur sur une formule im-
primée délivrée par l'administration des postes.
8° La récidive.
Nous ne saurions ici, sans empiéter sur le chapitre suivant, étudier les résultats du travail moralisateur : l’enfant n’est pas en effet, au sortir de la colonie, rendu complètement à la vie libre.
Examinons seulement si l’enfant sort de la colonie aussi
mauvais que celui qui, au commencement du siècle, sor-
(1) En 1897, le total des pécules distribués à Mettray s'élevait à la somme de 5.581 fr. 23 pour 81 libérés ; le taux moyen du pécule était donc de 68 fr. 90,
Sur ce nombre de libérés 1 n'avait pas de pécule.
— — 32 avaient un pécule inférieur à 50 fr.
— — 20 avaient un pécule supérieur à 50 fr.
— — 16 avaient un pécule supérieur à 100 fr.
— — 10 avaient un pécule supérieur à 150 fr.
— — 2 avaient un pécule supérieur à 200 fr.
Sur les trente-deux enfants dont le pécule était inférieur à 50 fr. 3 étaient presque idiots, 2 étaient infirmes, 3 étaient sortis de Mettray à 16 ans, 6 y avaient passé de ? à 3 ans, enfin 1 n’avait pas passé 2 ans à la colonie.
À, du 28 d'A
ob
tait de prison. A cette époque, avant la fondation de Mettray, le nombre des mineurs qui récidivaient pendant l'année qui s'écoulait à compter du jour de leur sortie de prison était de 75 pour 100 ; aussitôt après l'ouverture de Mettray, cette récidive s'abaissa (pour les enfants qui sortaient de cetétablissement) à 14 0/0.Ce merveilleux résultat s'est toujours maintenu depuis. Depuis 1869, la récidive dans l’année qui a suivi la sortie de Mettray n'a constamment été que de 10 à 13 0/0; en 1884, elle est même tombée à 4 0/0 ; en 1886 et 1887, elle ne s’est élevée qu'à 5 0/0. Cela est d'autant plus remarquable que les enfants qui sont envoyés à Mettray par les tribunaux ont déjà pour les 2/3 subi une condamnation ; 4 0/0 environ ont déjà été condamnés 5 fois et au-delà !