‹ La Transformation Morale du Jeune Délinquant par le TravailChapitre 20 sur 50 · LUE · texte numérisé non relu

LUE

directeur seul a le droit d'infliger une punition; 2 sauf dans les cas qui nécessitent une répression immédiate, aucune punition n’est infligée au moment de l'infraction. Dans les cas douteux, il est procédé à une enquête sur la faute commise, et la peine est prononcée avec discernement et en connaissance de cause (Règlement de Mettray, art. 22).

Ces mesures qui seraient bienfaisantes dans tous les cas sont ici indispensables : nul en effet ne supporte plus difficilement une injustice, ne révère plus infiniment un chef équitable que les colons de Mettray. Citons à ce propos une anecdote : « Le directeur d'une colonie pénitentiaire, visitant un jour Mettray, demanda aux colons de lui indiquer les trois meilleurs sujets : les regards se portèrent aussitôt sur trois enfants que leur conduite irréprochable mettait hors ligne ; il tenta une épreuve plus délicate : « Désignez-moi, dit-il, les trois plus mauvais sujets? » Tous les enfants restaient immobiles. Un seul s'avance et dit : « C’est moi {{). »

Autant les récompenses décernées aux colons de Mettray pour l’année 1897 ont été nombreuses, autant le nombre des punitions a été restreint (effectif, 400 enfants) :

Journées de retenuers 2 RES 393 — de cellule claires SRE RER ESS —. de cellulesombre(2). … . . 6

à M. le Ministre de l'intérieur sur avis conforme du conseil de surveillance institué par l’article 8 de la loi du 5 août 1850, pour les colons reconnus incorrigibles. (1) De Vauplane, Cinquantenaire Mettray, p. 11. (2) Cette punition n’est en général imposée qu'au cas d'évasion et "pour fort peu de jours: il serait très dangereux d'en faire un usage fréquent, car l'enfant laissé seul avec ses pensées, arrêté dans son travail, perd en quelques jours le fruit de longs efforts. Dans les cellules

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