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type Mettray (maisons de famille). Les enfants y reçoivent une éducation toute militaire : ils sont vêtus d’un uniforme qui rappelle celui des enfants de troupe ; défense leur est faite de tutoyer leurs camarades gradés; tous les jours, au rapport, on lit l'ordre du jour du directeur de la colonie; comme punitions, on trouve en haut de l'échelle la cassation du grade, puis le cachot et la salle de police : mais on n’a gardé que le nom militaire de ces peines.— Ici apparait nettement l'inconvénient de cette assimilation du colon au soldat, qu’on ne saurait pousser jusqu'au bout. — Les enfants punis de cachot sont astreints au travail ; ceux qui ont mérité de la salle de police, sont réunis dans un promenoir spécial où on les fait marcher pendant vingt minutes, se reposer 3 minutes dos à dos, puis recommencer à marcher; cette punition étant fatigante pourrait être recommandée. En 1895, un dortoir cellulaire de 137 lits fut inauguré ; c'était les enfants qui l'avaient totalement aménagé et meublé. La même année, le quartier cellulaire était complètement transformé ; tout enfant puni de cellule allait désormais avoir un petit jardinet, qui lui permettrait de travailler et de prendre l'air, mesure excellente- que nous désirerions voir généralisée. La colonie mettait à la même époque en culture 240 hectares de terre. :
Le nombre des surveillants est trop peu élevé dans cette colonie ; la discipline purement militaire qu'on y applique ne développe pas assez l'initiative du colon ; les résultats obtenus sont bons, notamment pour les enfants qui à leur sortie de la colonie entrent dans l'armée.
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Belle-Ile-en-mer (1).
Dans cette colonie on a voulu moraliser les jeunes délinquants par la mer, comme M. Demetz avait voulu le faire par la terre (2).
Cette colonie fut d'abord agricole et industrielle (de 1880 à 1882) ; puis, en 1882, on fondait dans cette colonie une section maritime.Cette section comprendactuellement 120 pupilles qui suivent seulement avec les autres enfants les cours élémentaires et une partie des exercices militaires.
Ce n’est qu'après trois ans d'apprentissage sur un navire fixe dans le genre de celui qu'on avait construit pour les Bretons à Mettray, que les pupilles prennent la mer sur un des cinq petits navires composant la flottille de la colonie. Une école de timonerie et de matelotage est installée dans un vaste préau. Les surveillants (au nombre de cinq) sont d'anciens marins. Un officier de marine de réserve est chargé de l’inspection de la colonie.
Le programme comprend : {° Le matelotage ; 2 l’embarcation; 3° la manœuvre à bord du navire fixe; 4° la timonerie ; ° la gymnastique ; 6° la pêche (à laquelle se livrent 30 inscrits provisoires qui fournissent tout le poisson consommé dans la colonie).
Remarquons la récompense suivante : l'enfant qui pen-
(1) Rivière, B. S. G. P., 1892, p. 863, p. 1008.
(2) Il y a longtemps que cette idée était née; nous mentionnerons pour mémoire un lointain projet dû à M. Comte, d'une école pénitentiaire maritime à Marseille ; ce projet ne fut pas mis du reste à exécution. En 1860, on dut établir, dans la cour de Mettray, une sorte de navire avec mâts et cordages, pour les Bretons envoyés dans la colonie et pris de la nostalgie de la mer. En 1870, M. de Goulard essayait d’installer, à Belle-Ile même, une école maritime sur la frégate l'Iphigénie.
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dant un mois a été inscrit au tableau de signalement a droit à un plat supplémentaire le dimanche; s'il y a été inscrit pendant trois mois, il a droit en plus à une tasse de café. Application d'un principe déjà rencontré: faire comprendre à l'enfant qu'il aura dans la vie le bien-être qu'il se sera créé par son travail.
Les résultats obtenus sont excellents, la récidive n'est guère que de 2 à 30 °/, pour une période longue (8 ou 10 ans après la sortie de la colonie).
B. — CoOLONIES PÉNITENTIAIRES PRIVÉES.
On nomme colonies pénitentiaires privées des maisons de travail ou des exploitations rurales fondées et gérées par des particuliers ou des associations libres. L'administration, comme tutrice, stipule la situation des enfants qu'elle envoie dans les colonies privées: les directeurs doivent être agréés par l'administration qui peut en outre, si elle le juge nécessaire, retirer ses pupilles (art. 7, loi de 1850).
Des-commissions de surveillance suivent le fonctionnement des divers services dans les colonies privées, qui sont en outre placées sous le contrôle des préfets compétents, des directeurs de circonscriptions pénitentiaires auxquelles elles sont rattachées, enfin des inspecteurs généraux opérant soit dans leurs tournées annuelles, soit en missions, sans préjudice des droits accordés à l'autorité judiciaire pour veiller à la stricte application de la loi.
Il y à en France 2{ colonies privées pour garçons et 15 pour filles : elles élèvent respectivement 2.598 garçons et