MAISONS DE CORRECTION ÉTRANGÈRES POUR ENFANTS
Angleterre (1).
Nous ne nous occuperons dans cette brève étude que des enfants qui correspondent aux jeunes délinquants atteints par l’article 66 de notre code pénal.
En 1838, l'Angleterre envoyait ses enfants punis dans une prison de l'ile de Wight; une discipline fort pénible y était apphquée.
L'établissement de Red-Hill existait, mais il ne fut organisé en maison de correction qu’en 1848. Mettray servit de modèle ; des bâtiments isolés furent construits dans un vaste parc et purent recevoir 300 enfants. En 1853, parut le livre de Miss Mary Carpenter : « Juvenile Delinquants » qui fit beaucoup de bruit et donna naissance à un grand courant d'opinion, sous l'influence duquel fut édicté l’«act» des écoles de réforme de 1854, qui fut ensuite refondu en 1857.
Cet «act » laissait le soin à l'initiative privée de créer des établissements pénitentiaires pour jeunes délinquants ; un certificat du secrétaire d'Etat devait leur donner l'exis-
(1) Rivière, B. S. G. P., p. 686 et suiv., 1897 ; D. 1886, p. 176, p. 810,
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tence légale; il édicta que désormais ce serait dans dessessions particulières, les « Petty sessions, » que seraient jugés les enfants poursuivis pour des faits entrainant avant cette loi moins de 14 jours de prison; ces enfants purent désormais être envoyés dans les écoles de réforme. Ils pouvaient, au bout de la moitié du temps pour lequel ils avaient été envoyés dans les écoles de réforme, être mis en liberté provisoire, décision qui ne devait pas être prise sans avis conforme du directeur de l’école. En 1863, fut fermée la prison pour enfants.
En 1866, paraissait l’ «act des écoles industrielles.» Devaient désormais y être enfermés: {° Les enfants mendiants ; 2° les petits vagabonds; 3° les enfants orphelins et ceux dont les parents avaient été condamnés ; 4° ceux qui fréquentaient habituellement la compagnie des voleurs : 5° les enfants insubordonnés ; 6° les insoumis des workhouses (maisons de travail}; 7° les mineurs de 12 ans et audessous punis d'une condamnation correctionnelle.
Comme l'act de 1857, celui de 1866 laissait absolument libre le genre de travail qui devait être enseigné aux enfants.
Parmi ces catégories d'enfants, rentrent seuls dans le cadre de notre étude les mendiants,les vagabonds et ceux âgés de moins de 12 ans passibles d'une condamnation correctionnelle.
Les enfants sont envoyés dans les écoles pénitentiaires par une simple décision du juge de paix statuant sommairement. Dans les cas graves, ils ne sont envoyés dans les écoles de réforme qu'après jugement aux sessions trimestrielles.
C’est en général l’âge qui départage les enfants entre les deux sortes d'écoles.
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Régime général des maisons de correction anglaises.
Aucune maison de correction anglaise n'appartient à l'État, qui se contente de leur donner son autorisation et verse par enfant et par jour 5 shillings pour les enfants qui n'ont pas 7 ans, 3 sh. 6 d. pour les enfants plus âgés.
Le temps de détention ne saurait y être plus court que 2 ans ; mais en revanche il ne saurait dépasser l'âge de 16 ans. La libération conditionnelle n'a d'effet que pour trois mois, sauf prorogation ou réduction du délai : on espère ainsi encourager l'enfant à continuer d'avoir une bonne conduite.
Notons l'influence très salutaire qu’exerce sur les jeunes pupilles la matron (en général la femme du directeur) qui joue envers eux le rôle d’une mère adoptive.
Le nombre des enfants élevés dans chacun des établissements dont nous parlons est en général d'une centaine ; ce chiffre, relativement peu élevé, facilite de beaucoup la
surveillance des enfants {{); vingt-neuf mille cinq cents
(1) Mentionnons en plus des écoles industrielles et des écoles de réforme dont nous venons de parler (de beaucoup les plus importantes) diverses autres institutions pénitentiaires pour enfants :
10 Les Truant schools, écoles de vagabonds fondées en 1878. En 1895, elles contenaient 2.069 enfants. Ces écoles n'obtiennent que de très médiocres résultats, qu'il faut attribuer tant au peu de temps pendant lequel elles gardent les enfants qu’à la grande difficulté reconnue par tous les criminalistes de corriger des vagabonds ou des mendiants.
20 Quelques bateaux-écoles ont été créés (Joly, B. S. G. P., 1897, p. 310), mais, à cause de leur mauvaise organisation, sans grand succès. Les enfants ÿy sont beaucoup trop agglomérés ; à peine cinquante pour cent des pupilles des vaisseaux-écoles continuent après leur sortie à être marins (la marine royale refuse les enfants venant de ces écoles). Actuellement il y a en Angleterre 11 institutions de ce genre, 8 sont des écoles industrielles, et 3 des écoles de réforme.
3° Les Junior industrial schools, qui ne reçoivent que des enfants âgés