‹ La Transformation Morale du Jeune Délinquant par le TravailChapitre 29 sur 50 · PT CR · texte numérisé non relu

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Comme nous l'avons dit, les enfants ne sont admis à Frasnes et à Saint-Éloi que s'ils ont moins de {2 ans ; certains même n'ont que 5 ans. De même qu'à Darnétal et à Saint-[lan, les enfants sont d'abord presque uniquement des écoliers. Puis on les oriente vers les différentes sortes de métiers. Les enfants issus de vagabonds, ceux qui n'ont ni père ni mère ou dont les parents sont inconnus, sont réunis à ceux qui sont issus de familles campagnardes et sont par suggestion poussés aux travaux agricoles. On peut se demander si les effets de cette suggestion subsistent après leur sortie de l’école : l'influence de ces éducateurs est telle qu’ils arrivent à réaliser ce tour de force.

Un apprentissage industriel est donné au reste des enfants : ce sont ceux qui sont nés de familles d'ouvriers au sens strict du mot, ou encore ceux qui n'ont pas les aptitudes morales ou physiques pour faire des cultivateurs ou des jardiniers.

On ne fait plus suivre à ceux dont on juge l’instruction suffisante qu'une classe dite « d'emplois; » cette mesure est excellente, d’abord parce qu'elle permet à ces enfants de mener presque entièrement le genre de vie qu’ils auront à la sortie de l'école, ensuite parce que l’idée de se voir débarrasser des livres et des cours qui les ennuient est le meilleur stimulant à leur donner. Les enfants qui ont mérité ce traitement de faveur ont un pécule. sérieux et prennent leurs repas à une table spéciale. Le reste de l’effectif est divisé en deux sections : de deux jours l’un, la première suit l’école, tandis que l’autre travaille aux champs ou aux ateliers, et réciproquement. Ceux qui, pour une raison où pour une autre [maladie, fatigue, etc.), ne peuvent travailler suivent l’école pendant les deux jours.

En général l'apprentissage n’est terminé qu'à dix-huit

ans. Les résultats obtenus sont très remarquables.

L'école de Chanteloup (1).

L'administration pénitentiaire a fondé à Saint-Hilaire, près de Fontevrault, l'école de réforme de Chanteloup, qui comprend les trois fermes de Chanteloup, de Bellevue et de Boulard. Elle fut inaugurée avec, pour tout personnel, un instituteur, ses deux filles, trois surveillants dévoués et leurs femmes.

L'école, aménagée dans des bâtiments àusage de ferme, est installée pour recevoir 200 enfants, chacun ayant sa cellule de nuit.

Au rez-de-chaussée se trouvent le réfectoire et la salle d'école, qui sert aussi à la célébration des cérémonies du culte, puis une infirmerie et une salle de bain ; au premier étage, les cellules de nuit.

Nous voyons ici une mesure semblable à celle que nous signalions à Saint-Éloi : les enfants illettrés et ceux qui mettent de la mauvaise volonté sont assujettis à suivre

une classe spéciale après leur diner.

Résumé des particularités les plus saillantes des maisons pénitentiaires françaises pour enfants.

Deux sortes de colonies pénitentiaires: les colonies pénitentiaires privées et les colonies pénitentiaires publiques. — Aucune autre classification que celle de l’âge dans la presque totalité de toutes nos colonies. — Le type qui domine est le type de Mettray, c’est-à-dire le type de maisons de famille. — Dans toutes, l'éducation religieuse est

(1) Joly, B. S. G. P., 1894, p. 893 et suiv.

donnée {sauf l'observation faite pour Montesson). — Toutes ont un uniforme. — L'effectif, la plupart du temps, y est assez élevé. — Dans toutes les colonies, un pécule est fourni aux enfants.

C'est également en se basant sur l’âge seulement qu'a lieu la répartition de certains enfants dans les écoles de

réforme.

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