‹ La Transformation Morale du Jeune Délinquant par le TravailChapitre 33 sur 50 · ARR · texte numérisé non relu

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voyons le nombre des enfants punis de prison s'abaisser de 8.285 à 1.913: si le nombre des enfants frappés des autres peines s’est accru, c’est que le juge anglais envoie avec une facilité de plus en plus grande l'enfant dans les écoles industrielles, afin d'éviter que plus tard il ne devienne absolument mauvais. Du reste, au sortir des maisons pénitentiaires anglaises, et pour la même période qui en France fournit, nous le verrons, 40 à 45 °/, de récidives, les enfants anglais ne récidivent que dans la proportion de 15 2j.

Pourtant certains auteurs {{) ont prétendu que les résultats obtenus par les écoles pénitentiaires anglaises étaient loin d’être en réalité ce qu'ils paraissent.Voici leurs arguments : le juge anglais excessivement indulgent à l'égard des mineurs ne les envoie souvent qu’à la 6° ou 7° incartade dans les écoles industrielles ; toutes les fois qu'il les envoie dans un reformatory, il a soin de négliger la peine de prison qui devrait dans ce cas toujours précéder l'internement dans l'établissement pénitentiaire.

D'autre part, les autorités de police anglaises possèdent au plus haut point le désir de maintenir le bon renom de leur pays, et donnent au public des statistiques sinon erronées, du moins incomplètes. Voici comment: il arrive souvent que les peines que nous avons mentionnées ci-dessus soient remplacées par l’admonition ou l'amende {act de 1879 complété par celui de 1884, act de 1884 sur les first offenders). En 1894, sur 678.518 poursuites exercées dans l'année, 444.385 amendes ont été distribuées, et la statistique néglige absolument de nous dire le nombre d'amendes prononcées contre les enfants... et, nous le

(1) M. Troup, B. S. G. P., 1897, p. 1317.

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dirait-elle, peut-être serait-elle encore inexacte, l'amende

retombant souvent en fait sur les parents.

Belgique.

La Belgique tient à honneur d’avoir des établissements pénitentiaires modèles; ses maisons de correction sont admirablement tenues.

Une loi du 3 avril 1848 créait pour les enfants malheureux et ayant commis des fautes entraînées par la misère les écoles de réforme de Ruisselede etde Beernem (Î); mais c'est le règlement du 12 août 1867 qui fut le grand code des écoles pénitentiaires belges. Ce règlement exige que jusqu’à 14 ans l'instruction primaire soit donnée à tous les enfants dans les écoles pénitentiaires; à partir de cet âge on apprend aux uns les travaux agricoles [école Saint- Hubert, à Bruxelles), aux autres les travaux industriels (école de Namur).

En Belgique les frais d'éducation des enfants vagabonds sont à la charge des communes d'origine. Nous serions heureux de voir pareille mesure appliquée en France ;-en effet pour les enfants délinquants on ne peut guère songer à exercer un recours contre les parents inconnus ou misérables; et c’est en définitive la faute des communes où ont été élevés ces enfants, si les lois scolaires ne leur ont pas été appliquées, et si par suite ils se sont mis à vagabonder.

Les Belges ont voulu effacer toute trace de l'idée de correction, même du mot par lequel ils désignent les institutions dont nous nous occupons. Depuis 1890 elles portent le nom d’« écoles de bienfaisance de l'Etat. »

(1) Garçon, B.S. G. P., 1895, p. 362 et suiv.

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École de bienfaisance de Namur (1).

L'école de bienfaisance de Namur comprend deux quartiers absolument séparés: l'un pour les garçons, l'autre pour les filles. Bien que les plus grandes précautions soient prises, ce voisinage trop immédiat n'est-il pas dangereux ? N'y a-t-il pas à craindre qu'il ne produise une excitation malsaine sur ces jeunes cerveaux dépravés ?

L'école de Namur contient 256 garçons et 298 filles ; les garçons y sont reçus jusqu à l’âge de 14 ans, les filles jusqu'à l'âge de 13 ans.

À. — Garçons.

Pour les garçons, il est à remarquer que les vagabonds, qui jusqu'à ces dernières années étaient séparés en Belgique des autres détenus, que l'on considérait comme plus dangereux, sont maintenant réunis à eux. Les résultats ont donné raison à ce système; l’âge maintenant est le seul classement admis dans les écoles de bienfaisance belges de garçons.

Les enfants sont répartis dans les divers ateliers suivant leurs aptitudes. I1 y a à Namur, pour 256 garçons, 5 instituteurs et 34 surveillants [trois fois plus que dans nos colonies publiques, par conséquent).

BAD Filles

Pour les filles, au contraire, on a continué à séparer les mendiantes et les vagabondes des autres, mais parce qu'on considère les premières comme plus dangereuses. On a raison, car le vagabondage pour les filles n’est en général que l'étiquette décente de la prostitution. Elles sont surveillées par treize religieuses (dont trois institutrices). On cherche

(1) Joly, B. S. G. P., ann. 1895, p. 541.

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