‹ La Transformation Morale du Jeune Délinquant par le TravailChapitre 34 sur 50 · DURE · texte numérisé non relu

DURE

surtout à en faire pour l'avenir de bonnes ménagères. Un article du règlement prescrit que, par groupes, les pensionnaires de Namur seront chargées de confectionner

leurs repas à un fourneau spécial.

La durée du séjour à l’école de Namur est de 3 ans à 3 ans 1/2 pour les enfants des deux sexes, qui peuvent y être envoyés pour jusqu à l'âge de 21 ans. La moitié de ces enfants reçoivent régulièrement la visite de leurs parents. Les enfants insubordonnés sontenvoyés dans des quartiers correctionnels de prisons.

La récidive, qu'il est assez difficile de calculer, les statistiques belges étant fort insuffisantes, nous semble à peu près égale à celle de nos colonies privées (1).

Hollande (2).

L'article 39, alinéa 3, du Code pénal hollandais de 1881 est ainsi conçu : « Si le fait commis constitue une infraction emportant l'emprisonnement et pouvant être poursuivie sans plainte, ou s’il rentre dans les contraventions spéci-

fiées par l’article 432 du Code, le juge peut ordonner que

(1) Essai de colonisation pénale par les mineurs (B. S. G. P., 1894, p. 864).

En 1891, deux élèves de l'école Saint-Hubert sont partis pour le Congo belge comme ouvriers forgerons ; en août 1893, ils gagnaient 550 fr. par an, outre le logement et la nourriture : leur santé était très bonne et on n'avait qu’à se louer de leur travail et de leur assiduité. Le gouvernement belge leur avait fourni le trousseau ; ils ne devaient toucher leur solde qu'au retour, à moins d'avoir désigné un fondé de pouvoir qui la reçut à leur place. Ces résultats nous semblent ne devoir être qu'exceptionnels; en effet, il faut des conditions de moralité, de santé et d'instruction qu'on trouve rarement réunies chez des pupilles de colonies pénitentiaires.

(2) B.S. G. P., Jellinghauss, 1893, p. 515.

l'enfant sera placé dans un établissement de l'Etat jusqu'à 18 ans ; il peut aussi ordonner la mise en liberté de l'enfant. »

Article 38, alinéa 2.— « Si le fait délictueux estcommis avant 10 ans, et qu'il constitue une infraction emportant l’emprisonnement et pouvant être poursuivie sans plainte, ou même s'il rentre dans les contraventions spécifiées par l’article 432 du Code, le juge civilpeutordonner,àlarequête du ministère public, que l'enfant sera placé dans un établissement d'éducation de l'Etat jusqu’à l’âge de 18 ans au plus. Il peut toujours avancer sa mise en liberté. »

Le développement des maisons de correction hollandaises est assez récent : en 1891, il y avaitencore 142 garçons âgés de moins de {4 ans détenus en prison faute de places dans les maisons pénitentiaires ; cet état de choses était d'autant plus fâcheux que la cellule n’est applicable

en Hollande qu'au-dessus de 14 ans.

Dans toutes les colonies hollandaises (1-2) on donne aux enfants l'instruction primaire. Des gratifications {non un gain normal, comme en France, ce qui nous semblerait préférable) leur sont allouées pour leur travail; elles leur

composent un péeule qui parfois atteint 100 francs.

C’est en général à 18 ans que les pupilles sont libérés ;

d'assez bons résultats sont obtenus : on a calculé que sur

(1) B.S. G. P., Dreyfus, 1898, p. 1125.

(2) Il y a actuellement quatre maisons de correction dans les Pays- Bas. Ce sont : pour les garçons celle d'Alkmaar, pouvant contenir 180 enfants, celle de Dœætichem et celle d'Avenest, terminée en 1896, pouvant toutes deux en contenir 250 ; pour les filles, la maison de Montfort, pouvant en contenir 90. Jusqu'en 1896, toutes les colonies étaient industrielles; à Dœtichem seulement on faisait un peu d'agriculture. La colonie d'Avenest, fondée à cette époque, est agricole.

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55 jeunes libérés une trentaine environ pouvaient faire

usage des métiers qui leur avaient été appris (1). Suisse (2).

Nous trouvons dans le système suisse la famille pénitentiaire isolée.

Le Code du canton de Genève dispose que « les enfants âgés de moins de 10 ans ne pourront pas être condamnés, mais qu'ils pourront être envoyés en correction pendant dix ans au plus. » Nous trouvons la même disposition avec quelques variantes dans la plupart des lois des cantons.

La maison rêvée par J.-J. Rousseau, telle est la maison de correction suisse.

C'est une ferme plus grande, plus belle que les fermes ordinaires. À sa tête est un instituteur qui joue le rôle de fermier ; il est aidé dans sa tâche par sa femme et ses en-

-fants, s'il en a: voilà tout le personnel dirigeant de la petite colonie qui ne se compose jamais que de 12 à 14 enfants. L'instituteur donne aux enfants l'instruction primaire et leur montre la culture ; sa femme fait la cuisine et s'occupe des soins de propreté : instituteur et institutrice mangent à table avec les enfants, qui vivent absolument de la vie des petits paysans et n'ont même pas d'uniforme (3).

(1) En 1887, sur 28 jeunes libérés d'Alkmaar, un seul n'avait pas de position ; sur 27 libérés de Dœtichem, 16 étaient artisans et 6 soldats.

Il est très regrettable que la marine royale hollandaise n'accepte pas l'engagement de ces enfants, dont beaucoup sont fils de marins ou d'habitants des côtes.

(2) B. S. G. P; Joly, 1897, p. 302 et suiv. !

(3) Parmi les grands moyens d'éducation se trouvent en première place le livre et le journal. Ce dernier plus que le livre est utile, car

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Les résultats obtenus par ce mode d'éducation péniten- - tiaire sont excellents : une récidive de ? à 3 0/0 seulement est constatée pour l’année qui suit la sortie de la maison de correction. Ne croyons pas toutefois que c'est seulement au genre de l'établissement que ces résultats sont dus : Les Suisses s'occupent avec grand soin des questions qui concernent les jeunes délinquants, et ce sont les meilleurs instituteurs qui sollicitent d'être mis à la tête d'une de ces fermes pénitentiaires.

il se lit mieux et peut se tenir au courant de tout ce quise dit, de tout ce qui se fait. «Il s’agit, dit M. Sinoir (B. S. G. P., 1895, p. 196), d'un corps de doctrines à répandre, d'un puissant moyen d'éducation à mettre en œuvre. L'avantage d’un journal, c'est que la doctrine s'y immisce continuellement sous mille formes variées ; le journal conseille comme conseilleraient les maîtres et les membres des sociétés de patronage, mais avec l'autorité que le peuple attache à ce qui est écrit ; puis un journal est impersonnel : les enfants, rieurs, malins, n'écouteront pas un conseilleur qui par un côté quelconque prêterait au ridicule : le journal n’a pas cet inconvénient. » Encore fautil que ce journal soit pour les mineursélevés dans les maisons de correction édité d’une façon toute spéciale. C’est pourquoi certains directeurs de colonies suisses ont eu une idée fort intéressante : ‘celle de se créer un journal.

Le docteur Guillaume, à Neufchatel, le P. Bauty, à Lausanne, créèrent des journaux imprimés par leurs élèves eux-mêmes (B.S8. G. P., 1895, p. 197): c'était un métier de plus qu'on leur apprenait, c'était une source de bonnes doctrines qu'on pouvait faire pénétrer, toutes les fausses interprétations venant du dehors qu’on pouvait chercher à détruire ; c'était un puissant levier d'émulation, les places des élèves, les récompenses et les distinctions pouvant y être inscrites, les meilleures compositions reproduites; c'élait enfin une très grande distraction pour les enfants subissant l'attrait exercé par la jeunesse sur tout ce qui est « journal. »

(Le directeur de la maison centrale de Melun, chargé de l'imprimerie administrative, déclarait que le prix de revient d’un numéro de journal de 16 pages in-8° raisin ne dépasserait pas 0,05. En France, l'œuvre de préservation pour jeunes filles de Mme Lannelongue, à Argenteuil, possède depuis 1894 un journal mensuel de cette nature).

00e Allemagne (1).

Le Code prussien de 1851 se rapprochait beaucoup de notre loi de 1850, mais l'enfant placé dans une maison de correction était retenu par les autorités administratives (application du système des sentences indéterminées) pendant le temps qu'elles jugeaient convenable pour assurer sa moralisation complète, sans toutelois excéder l’âge de 29 ans.

La loi du 16 février 1876 dans son article 55 est ainsi conçue :

« Ne peut pas être poursuivi, l'enfant qui, au moment de l'infraction n'avait pas accompli sa 12° année ; on lui appliquera cependant les mesures propres à assurer sa garde et son amendement établies par les lois des différents États ; en particulier l'enfant pourra être placé dans une maison de correction lorsque les autorités chargées du contrôle de la tutelle auront déclaré le fait constant et autorisé la détention. »

Dans l'Allemagne du Sud, nous rencontrons la méthode suisse ; dans la Prusse au contraire de véritables casernes, mais bloquées au milieu des maisons d’alentour. Souvent des maisons de correction sont installées dans d'anciens châteaux ruinés (à Steinfeld par exemple).

Les Allemands ont peu de sollicitude pour les enfants délinquants. Quelqu'un faisait remarquer à un directeur de maison de correction allemande la mauvaise installation de son établissement : « Oh ! répliqua-t-il, c'est toujours assez bon pour des enfants comme ceux-là !!! »

(1) Joly, B.S. G. P., 1897, p. 305.

Autriche-Hongrie.

Le Code autrichien de 1852 déclarait, en principe, qu'après l'âge de 14 ans la question de discernement ne devait plus être posée.

Mais ce n’est guère qu’en 1885 que les maisons de correction firent réellement leur apparition en Autriche. Des quartiers correctionnels pour jeunes délinquants furent ouverts à Prague et à Marburg ; on encouragea l'initiative privée autant qu'il fut possible.

Quartier correctionnel de Marburg (1).

On cherche surtout à Marburg « à élever les enfants dans l'esprit et la discipline militaires, à éveiller en eux le sentiment de l'honneur, la conscience du devoir et l'amour de la patrie. »

Les enfants qu’on envoie à Marburg doivent être jeunes et susceptibles d'amendement ; c'est donc déjà une sorte de faveur d’être admis. à

Les dortoirs sont cellulaires, mais les cellules sont construites de telle façon que l’on puisse voir ce qui se passe à l’intérieur.

Au point de vue du travail, on cherche à instruire les enfants de tout ce qui pourra leur être utile par la suite ; ils sont employés aux travaux industriels; certains au jardinage ; ceux-là fournissent de légumes toute la prison -et vendent au dehors le surplus de leurs récoltes.

Au point de vue de la discipline, on cherche à habituer les enfants à une obéissance passive.

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Le pécule se compose de la moitié du gain, lequel est au plus de 6 kreutzers par jour ; l’autre moitié sert à payer

en partie les frais d'entretien de l'enfant.

Maison de correction d’Aszod (1).

A Aszod, près de Buda-Pesth,nousretrouvons le système des maisons de famille ; la famille ne comprend plus ici que 20 à 30 enfants choisis d'après leur caractère, après une inspection de plusieurs jours; une fois incorporés dans leur famille, on leur recommande d'éviter soigneusement de parler de leur passé; n'est-ce pas un excellent moyen, en effet, d'y peñser beaucoup moins ? Les familles ne sont réunies qu'au réfectoire. Les enfants qui se conduisent bien sont admis à faire partie des ? familles les plus favorisées, qui sont logées dans des pavillons: mieux situés et

qui ont droit à divers avantages.

Russie.

Dans le Code russe de 1877 nous rencontrons pour les enfants un châtiment que nous ne verrons que là: c'est la réclusion dans un monastère. Le Code de 1881 décrète l’irrespongsabilité absolue des enfants délinquants avant 10 ans; mais il ajoute qu ils peuvent cependant être confiés à une maison d'éducation, rendus à leurs parents, ou remis à toute autre personne. De 10 à 17 ans les mineurs sont responsables, mais, quand ils sont condamnés comme ayant agi sans discernement, ils doivent être remis à l'asile

d'amendement.

(1) Joly, B. S. G. P., 1897, p. 309.

Russie proprement dite (1).

À SAINT-PÉTERSBOURG, en plus d’un quartier de la prison de Wiborg réservé aux jeunes détenus, qui y sont occupés surtout à des travaux de jardinage, existe une maison de correction pouvant contenir 130 enfants ; dans ce nombre se trouvent quelques orphelins recueillis par le gouvernement.

Le système usité est celui de Mettray. Chaque famille est sous la garde d'un surveillant, d’un adjoint et d’un enfant prévôt qui, tour à tour, surveillent le travail des enfants : 465 hectares sont mis en culture par la colonie.

La période pour laquelle les enfants sont envoyés dans cette maison ne saurait être inférieure à 3 ans ; en général ils y restent cinq ans et demi à six ans. {Il serait très utile d'appliquer cette mesure,en France). Pendant la première année de leur séjour, les enfants ne sont guère occupés qu’à suivre la classe. Ensuite on leur laisse le choix entre les professions industrielles ou agricoles, mais les enfants affectés aux divers métiers sont répartis entre les familles.

Nous ne pensons pas que l’on doive ainsi permettre à l'enfant, au moins sans l'agrément du directeur de la maison de correction, de s'’adonner à la profession qui lui plaît.

Les punitions sont peu nombreuses: il est intéressant de remarquer que l'évasion n'est pas punie: les incorrigibles sont envoyés dans un quartier spécial, où ils sont employés au tissage des étoffes; une discipline sévère leur est appliquée; ils y restent en général deux ans.

(1) B.S. G. P., Rivière, 1891, p. 241,

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La libération conditionnelle permise par la loi n'est jamais accordée en fait: c'est là une application exagérée du principe qu'il faut que l'enfant ne sorte de la colonie pénitentiaire que lorsqu'on est sûr qu'il est corrigé. Il n'y a qu'un seul instituteur pour tous les enfants ; c’est trop peu. On essaie de remédier à cet éfat de choses de la façon suivante : on ne donne plus à ceux qui sont suflisamment instruits que des leçons ; c'est là un moyen que nous ne croyons pas suflisant; toutefois c'est un encou-

ragement au travail.

Nous ne saurions passer sous silence deux dispositions du règlement qui sont les suivantes: les enfants sont libérés revêtus de leur uniforme ; ils n’ont pas de pécule. Il est fort à craindre que, revêtus d’un uniforme qui, aux yeux de la foule, sera un costume de prisonnier, n'ayant en poche que les quelques roubles qu’on leur aura donnés comme une aumône à leur libération, ils ne retombent dans la fange d’où l’on avait cherché à les tirer.

À Moscou, nous rencontrons une maison de correction pour les garçons, l'asile municipal Rukawitchnikow, et une autre pour les filles, l’asile de Boltchevo.

Le premier est placé sous le patronage de la municipalité ; il contient 110 jeunes délinquants; une section spéciale contient une douzaine de jeunes prévenus ; 4 instituteurs ont chacun sous leurs ordres une division. La {re comprend 40 enfants punis pour des délits; la 2°, 25 enfants d'un caractère violent et influençable ; la 3°, 30 enfants corrompus et pervers, mais craintifs et malléables ; la 4°,

15 enfants pervertis.

Pour répartir les enfants parmi les différents métiers on tient soigneusement compte de l'opinion des médecins,

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des connaissances déjà acquises par les enfants et de leurs aspirations. Bien que les enfants n'aient pas de pécule, on a toutefois su leur donner quelque chose d'équivalent : à leur sortie de la colonie on leur remet un secours en argent, variable suivantleur métier et leur zèle, et des outils ; de plus, les jeunes libérés restent soumis à la tutelle de l'établissement. Cette tutelle cesse si leur conduite est bonne pendant trois ans; à ce moment l'allocation d’un deuxième secours leur est faite à titre de récompense.

L'asile privé de Boltchevo {Î) ne reçoit de l'Etat aucune subvention ; il contient 60 jeunes filles; jusqu’à 10 ans on cherche à fortilier leur corps; tout travail pénible leur est évité, elles ne font que des travaux de couture ou de tricot ; ensuite commence pour elles l'apprentissage d’un métier.

Pologne Russe (2).

Colonie de Studzienhec.

L'asile pour garçons de Studzienhec fut fondé en 1870 sur le modèle de Mettray. Cependant il y existe une classification autre que la famille ; les enfants sont répartis en catégories suivant leurs mérites, de sorte que dans chaque famille des élèves peuvent appartenir à des catégories différentes; ce système tend selon nous à affaiblir la solidité du groupement et peut rendre par suite la surveillance et l'éducation de l'enfant plus difficiles {on a remédié à cela en composant les familles de 15 enfants seulement); d'un autre côté l'instruction de l'enfant se trouve facilitée.

. S V7) , de Moldenhawer, 1890, p. 693 ;id., 1888, p. 73 et suiv.

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La libération conditionnelle est rare en fait, mais elle peut être obtenue; on en a compté un certain nombre à Studzienhec depuis la loi du 20 mars 1892.

Les enfants, après décision du conseil d'administration, peuvent être frappés de 20 coups de verge au maximum. Che

Il est à remarquer que le 10° des amendes judiciaires perçues à Varsovie appartient à la colonie, qui de plus est aidée d’une façon régulière par le paiement de la pension effectué par les parents aisés ; toutes les tentatives faites pour venir en aide au budget des maisons de correction doivent être recommandées.

Le nombre des récidivistes de Studzienhec ne dépasse

guère le nombre des récidivistes de Mettray.

École de Pouszeza (1).

La maison de correction de Pouszeza fut fondée pour les filles en 1891 sous le même régime que Studzienhec ; toutefois aucune peine corporelle n'était admise par le règlement. .

Les filles moralementabandonnées y sontreçues comme les jeunes délinquantes : nous ne saurions apprécier cette mesure. <

Cet établissement est du ressort du ministère de l’intérieur russe.

Il reçoit les filles âgées de huit à quatorze ans, et peut les conserver jusqu'à dix-huit ans sans que la durée de la détention puisse être inférieure à trois ans.

Il faut remarquer — alors surtout qu'on accuse la France de construire des maisons de correction trop

(1) B.S. G. P., de Moldenhawer, 1892, p. 94.

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coûteuses — l'économie avec laquelle a été construite cette colonie. On a édifié suivant le principe suisse, une ferme pouvant contenir 50 jeunes filles : le dortoir sert, les lits étant relevés pendant le jour, de salle de lecture. I n'y a pas de chapelle, les élèves allant comme les autres paysannes entendre la messe à l'église du village. Tous les matériaux ont été fournis et mis en œuvre par la colonie de jeunes gens voisine. L'organisation complète de la colonie a coûté 8.500 francs (ce qui ferait pour une colonie de 450 enfants 8.500 X9— 72.500 francs: nous sommes loin des ? millions qu'a coûtés Montesson).

Le but de l'éducation de Pouszcza est de faire de bonnes ménagères:les pupillesne font que desétudes élémentaires, mais on les initie parfaitement à tousles services domestiques (cuisine, blanchissage, couture, culture du jardin, soins de la basse-cour). Les pupilles de Pouszcza sont élevées en commun mais divisées par groupes pour l’école et le travail (1).

États-Unis d'Amérique (?).

11 est difficile de faire une étude d'ensemble des maisons de correction des États-Unis : en effet nous y trouvons, outre la loicommune {common law) qui s'applique à tous les États dans les points non réglés par leurs lois particulières, une loi spéciale pour chaque État. Or ces lois spéciales sont fort différentes les unes des autres, spécialement sur le sujet dont nous nous occupons.

(1) Nous passons sous silence les maisons pénitentiaires pour enfants des autres pays d'Europe, dans lesquelles nous n'avons trouvé aucun point pouvant intéresser notre étude (voyez Italie, B. S. G. P., 1897, p. 306 ; Portugal, B. S. G. P., 1897, p. 914).

En 1894, 24 États (1) n'avaient pas encore de maisons de correction, et encore aujourd'hui dans la plupart d'entre eux nous trouvons les enfants malades ou idiots, les enfants délaissés et les jeunes délinquants élevés ensemble et même souvent dans une promiscuité révoltante avec les adultes.

Notons cependant au passage quelques idées originales et plusieurs institutions intéressantes.

Au congrès de Newhaven, on déclara qu’une éducation manuelle était une condition sine qua non de l'éducation correctionnelle des enfants; on préconisa la construction de bâtiments distincts et séparés pour les maisons de correction; on proclama l'influence favorable des exercices militaires; quelques femmes, dit-on, devraient être employées dans les écoles pénitentiaires pour donner aux

enfants l’image de la vie. S

Pensylvanie. — Dans l'État de Pensylvanie (2] les enfants ne sont pas envoyés à la suite d’un jugement à Glen- Mills: le juge, par une simple déclaration, dit qu'ils se trouvent dans le cas d'être confiés aux soins et à la garde des directeurs ; ils ne sont relaxés que lorsqu'on les considère comme corrigés (application des sentences indéterminées).

New-York. — Notons le Juvenile Asylum, qui est une école mixte contenant 1.242 garçons et 135 filles (3).

(1) B. S. G. P., Brueyre, 1894, p. 658.

(2) B.S. G. P., 1894, Brueyre, p. 666 ; 1897, Passez, p. 553.

(3) Voyez Minnesota, B.S, G. P.,1894, p. 667; 1895, p. 576; — Massachussets, B. S.G. P., 1894, p. 663. C'est dans cet État, à Lyman, que fut fondée la première maison de correction des États-Unis, en 1849.

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$ 6. — HXxAMEN DE QUELQUES QUESTIONS SPÉCIALES.

A. — Parallèle entre les colonies publiques et les colonies privées.

Les avantages des colonies publiques, ont dit leurs partisans, viennent de ce qu'elles appartiennent à l'État, qui peut ainsi les surveiller autant qu'il le veut; cela entraîne une uniformité absolue des règlements ; les agents de l'État qui forment le personnel de ces colonies présentent toutes les garanties ; les colonies publiques sont certaines de ne jamais se trouver à court de ressources.

On a évoqué aussi en faveur de ce système les souvenirs regrettables de certaines colonies privées. « L’expérience, écrivait en 1873 M. de Goulard, a démontré que les colonies privées, à part d’honorables exceptions, n'ont pas réalisé les espérances qu’elles avaient fait concevoir. En moins de 6 ans plusieurs de ces établissements ont dû être fermés pour cause de graves abus ou de mauvaise gestion, et parmi ceux qui existent encore il en est plusieurs dont la fermeture est imminente. » L'honorable auteur ajoutait que les enfants n'y apprenaient point de métier par suite de la division exagérée du travail, qui nuisait à leur apprentissage, etque les directeurs, trop préoccupés de faire une bonne affaire, s’opposaient parfois à tort à la mise en liberté des jeunes colons, qu’ils occupaient en plus souvent à une profession unique sans tenir compte de la variété de leurs aptitudes (1).

Reprenant ces critiques, M. Charles Lucas concluait en

(1) Thèse de M. Prudhomme, 1878, p. 154.

demandant l'abolition pure et simple des colonies privées.

Nous ne saurions être de cet avis; sans doute des faits regrettables se sont produits dans les colonies privées, mais est-ce là un apanage de ces seuls établissements, et n'y eut-il jamais de fautes commises dans la gestion des colonies publiques ? Les révoltes furent-elles plus fréquentes dans les unes que dans les autres? Nous pensons, à l'inverse de M. de Goulard, que les colonies privées mal tenues sont la grande exception ; du reste, il serait très difficile de dissimuler les abus qui s’y produiraient, avec les inspections fréquentes qui y sont faites par des fonctionnaires de l'administration.

Reprenons les arguments des défenseurs des colonies publiques.

L'uniformité des règlements existe aussi bien dans les colonies privées que dans les colonies publiques, car dans les unes comme dans les autres le règlement de 1869 est. en vigueur.

Les tournées des commissaires de surveillance et des inspecteurs généraux en assurent l'exécution. 1l reste les détails d'application ; il suffit d'ouvrir le règlement de 1869 pour voir combien il laisse peu de place à l'initiative des directeurs d'établissements ; et n'est-il pas utile que le règlement puisse se modifier légèrement suivant le caractère des enfants de telle ou telle région qui sont envoyés dans la colonie ?

Nous sommes sûrs de nos agents, tel était le second argument. « Actuellement (1), dans les colonies publiques, les directeurs, les employés et les agents des colonies d’en-

fants et les directeurs, employés et agents des maisons

(1) Puybaraud, Maisons d'éducation préventive elcorrectionnelle, p.40.

centrales et des maisons départementales appartiennent au même corps... Il n'est pas bon que, si plus tard l'enfant se fait condamner à la prison et, hélas ! ce n’est point une rareté, il retrouve comme gardiens à la maison centrale les mêmes agents qui dans la colonie avaient été chargés de son amendement. » Il y a quelques années — et cela a peut-être encore lieu maintenant, c'était, — idée étrange — les gardiens débutants que l'on envoyait dans les colonies pénitentiaires !

L'un des grands inconvénients de cette unité de personnel sera d’enraciner dans l'esprit de l'enfant cette idée que la colonie n’est que l’antichambre de la prison. Un pupille de colonie publique mis en cellule pour insubordination avait charbonné sur le mur une maison ressemblant vaguement à la colonie; au-dessous il avait écrit : « Où je suis. » — « Où j'irai » griffonna-t-il ensuite sous un dessin représentant la maison centrale voisine.

Nous trouvons au contraire dans une de nos colonies privées une école de gardiens qui nous semble remplir toutes les conditions désirables. À Mettray, M. Demetz (1 créa au sein même de sa colonie une école de surveillants+ instituteurs ; cette école fonctionne encore aujourd’hui, et depuis sa fondation elle a souvent fait l'éducation du fils après avoir fait celle du père... Est-ce à dire que cela existe dans toutes nos colonies privées; non, sans doute, mais les surveillants de ces colonies, fussent-ils en général médiocres, et nous avons pu nous convaincre au cours de notre étude qu'avec des directeurs comme ceux que nous avons rencontrés ilne saurait yrester longtemps de surveillants médiocres, — nous les préférerions encore à ces gar-

(1) De Vauplane, Cinquantenaire de Mettray, p.71.

diens de prison qui n'ont fait que changer de costume et qui, comme le loup de la fable, doivent laisser, à un moment donné, passer le bout de l'oreille.

Le troisième argument était le suivant : Seules, les colonies publiques sont sûres du lendemain ; la charité des particuliers ne cessera-t-elle pas tout à coup de soutenir les colonies privées ? Cet argument date de la création de Mettray : depuis 60 ans, cette colonie a cependant résisté victorieusement aux attaques de toutes sortes dont elle a été l'objet. Sainte-Foy et Saint-Ilan existent depuis 1843, Frasnes et Saint-Eloi depuis bientôt 20 ans. A l'heure actuelle, où toutes les questions concernant les enfants émeuvent si fort l'opinion publique, où la France sent qu'à la dépopulation qui la menace, il faut opposer des soins assidus, moraux et physiques, donnés aux tout petits, est-il vraisemblable que les colonies privées aient à craindre de manquer tout à coup de ressources ? Et quand cela serait, nous signalerons tout à l'heure un moyen qui éloignerait toutes craintes à ce sujet.

Restentles critiques dont M. de Goulard se faisait l'écho: division exagérée du travail ; opposition des directeurs à la libération provisoire; exercice d’une profession unique.

Notre étude des diverses colonies pénitentiaires privées françaises, notamment de Mettray, répond victorieusement à la première et à la dernière de ces critiques. D'un autre côté, nous verrons bientôt que la répugnance que manifestent les directeurs de colonies pénitentiaires pour la libération provisoire ne vient nullement d'une idée de gain, mais d'une appréhension malheureusement trop justifiée du sort des libérés provisoires.

Que reste-t-il donc des arguments invoqués en faveur de la supériorité des colonies publiques sur les colonies pri-

vées ? Rien; tout au plus pourrait-on craindre un brusque arrêt de la charité privée; et cette crainte est bien chimérique.

Nous allons plus loin : les colonies privées ont, à notre avis, de très grands avantages sur les colonies publiques.

Nous ne nous arrêterons pas sur les garanties morales que donnent à la tête des colonies privées la présence d'hommes tels que MM. Cluze ou Robin, qui ont donné de leur plein gré leur vie à l'œuvre qu'ils dirigent. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons pu dire enréfutant les arguments des défenseurs des colonies publiques, nous nous contenterons d'attirer l'attention sur le taux des pécules et le chiffre des récidives dans les deux sortes de colonies. |

Le pécule, alors qu'il atteint dans les colonies privées une moyenne de 50 fr., n’atteint guère la plupart du temps dans les colonies publiques que 10 francs environ. Plusieurs raisons y contribuent: le taux des bons points qui ne sont que de cinq centimes ; l'application de l'arrêté ministériel du 10 avril 1869, qui ne permet de ne donnerpar mois pour 100 pupilles qu'un maximum de 600 bons points (1); enfin, comme les colonies publiques sont sûres de ne manquer de rien, les pupilles de ces colonies travaillent peu et par suite ne gagnent que fort peu d'argent.

Passons maintenant à la récidive: nous ne traiterons le-sujet avec quelques détails qu’à la fin de notre travail, quand nous pourrons réellement constater les résultats obtenus, après l'épreuve de quelques années de liberté ; ici nous chercherons simplement à faire voir quelle est,

dans l’année qui suit la sortie de la colonie, la proportion

(1) Puybaraud, Conditions des mineurs sortant de correction, p. 30.

de la récidive dans les maisons de correction privées et publiques. Nous constatons la très grande supériorité des premières ; depuis 1883, la différence s’accentue même en leur faveur. La récidive qui, au bout de la première année de liberté, est de 18 0/0 pour les jeunes libérés des colonies publiques, n’est que de {1 1/2 pour 100 pour ceux des colonies privées, tombe même à 10 0/0 et au-dessous dans les meilleures années pour ceux de Mettray.

Quelle conclusion tirerons-nous ? Proposerons-nous comme tel ou tel auteur la suppression des colonies publiques ou des colonies privées ? Certainement non. Nous avons vu les merveilleux résultats des colonies privées ; quant aux autres, elles ont déjà rendu beaucoup de services, elles en rendront encore davantage peut-être par la suite, car l'administration semble maintenant faire son possible pour obvier aux défauts de ces établissements. De plus, leur abolition subite ferait certainement succomber les colonies privées, dont les ressources ne pourraient suffire à tout.

On a tendance depuis quelques années à diminuer le nombre des enfants que l’on envoie dans les colonies privées ; nous ne saurions approuver cette mesure, qui fera péricliter rapidement les colonies privées, en grande partie agricoles, ayant de vastes espaces de terrain à cultiver, de nombreux troupeaux à élever, sous peine de ne pas gagner de quoi subvenir à leur entretien. Rien du reste ne saurait justifier cette façon d'agir.

L'Etat devrait au contraire chercher à profiter le plus possible de toutes ces bonnes volontés qui ne lui coûtent rien et qu'il dirigerait à sa guise, gardant toujours son droit supérieur de surveillance; cela lui permettrait de réduire peu à peu le nombre de ses colonies et d'arriver à

ne plus en conserver que quelques-unes, qu'il s'efforcerait de perfectionner sans cesse, qui seraient en quelque sorte des colonies types destinées à servir de modèles,

L'Etat réaliserait de la sorte de très fortes économies au bout de quelques années : les colonies libres en effet, qu'il lui faudrait d'abord aider, prospéreraient rapidement, sous la surveillance et l’aide bienveillante de l'administration pénitentiaire ; bientôt il n'aurait plus qu'à compléter les ressources procurées par la charité privée, car il est avéré que les dons vont surtout aux œuvres prospères !

- Ainsinousréunirions aux avantages des colonies privées, avantages que nous nous sommes efforcé de mettre en relief, la régularité d'organisation, la sûreté du lendemain qui distinguent les colonies publiques.

Dans sa séance du 11 mars 1897, le comité de défense des enfants traduits en justice émettait le vœu que l’administration fit appel le plus qu’elle pourrait à l'initiative particulière et aux colonies privées qui se rapprocheraient

des types recommandés.

B. — Y a-t-il lieu de créer différentes sortes de colonies pénilentiaires suivant la nature, l'âge, etc., des enfants ?

Nous avons remarqué au cours de notre étude que les colonies pénitentiaires n'avaient pas toutes la même destination. Notamment en France nous avons vu que suivant leur âge, les enfants étaient envoyés dans des écoles de réforme ou des colonies pénitentiaires proprement dites.

Y aurait-il lieu d'établir d'autres classifications? Dans son rapport lu à la séance du 3 janvier 18)4 devant le comité de défense des enfants traduits en justice, M. Puy-

baraud proposait le projet de réforme suivant de la loi de 1850 (1) :

«Art. 3. — Les mineurs de 16 ans poursuivis pour seuls faits de vagabondage et de mendicité seront après acquittement prononcé en vertu de l’article 66 du Code pénal envoyés jusqu'à l'époque de leur incorporation, sauf le cas de placement en patronage, dans des établissements dénommés écoles de préservation,qui seront organisés par l'État ou fondés par des particuliers avec l'autorisation de l'administration pénitentiaire.— Les jeunes vagabonds ou mendiants arrêtés au-dessous de l'âge de 12 ans seront de préférence envoyés dans des écoles de préservation privées. Des femmes pourront participer à leur éducation.

» Dans les écoles de préservation pour filles, des quartiers spéciaux complètement isolés seraient affectés à celles d'entre elles qui se seraient déjà livrées à la débauche.

» Art. 9. — Les mineurs de 16 ans de l'un ou de l’autre sexe poursuivis pour tous autres faits que ceux de vagabondage ou de mendicité et acquittés en vertu de l'art. 66 du Code pénal comme ayant agi sans discernement seront envoyés dans des établissements publics dits écoles de réforme. Ceux qui seront âgés de moins de 12 ans au moment de leur arrestation seraient de préférence envoyés dans les établissements privés. »

M. Puybaraud propose donc quatre espèces d’établissements :

{° Des maisons dites écoles de préservation privées pour Jeunes vagabonds ou mendiants au-dessous de {2 ans;

(1) Maisons d'éduc, prévent. el correct., p. 61.

ST

2° Des maisons dites écoles de réforme privées pour jeunes gens délinquants âgés de moins de 12 ans;

3° Des maisons dites écoles de préservation publiques pour jeunes vagabonds ou mendiants au-dessus de 12 ans; et dans ces écoles des quartiers spéciaux et absolument séparés pour jeunes prostituées ;

4° Des maisons dites écoles de réforme publiques pour jeunes délinquants âgés de plus de 12 ans.

Parmi les nombreux auteurs qui ont donné leur avis sur cette question, citons :

M. Nassot, directeur de la colonie de Saint-Hilaire, qui déclare que la sélection s'impose, que les enfants âgés de moins de 1? ans devront être mis dans des écoles de préservation ou de réforme qui ne contiendront pas que des vagabonds ou des mendiants. C’est, on le voit, à peu près le système français actuel.

M. Mullot, directeur de la colonie de La Motte-Beuvron, applique l'idée de la sélection des enfants délinquants d'une façon excessivement large et classe les jeunes détenus par degré moral ; il distingue les mendiants, les mendiants vagabonds, les mendiants d'habitude, les délinquants.

M. Robin, directeur de Sainte-Foy, n'admet que la colonie à très petit effectif et par suite déclare que dans cette colonie il n’est besoin d'aucune sélection.

M. Voisin, président de la ligue pour l'engagement militaire des jeunes libérés, déclare qu'il ne voit aucun avantage à créer pour les enfants vagabonds des établissements spéciaux, car ils sont aussi vicieux, souvent plus vicieux que les petits escrocs. Nous nous rallions à cette dernière opinion.

Sur quoi se fonde en effet M. Puybaraud pour deman-

der ces différentes sortes de colonies ? Sur la raison suivante (1) : « Au fond du vagabondage et de la mendicité il y a certes de très mauvais instincts, il y a les germes du délit et du crime, mais il n’y a pas encore le délit vrai, ni le crime accompli. » Or, nous avons vu que, loin d'être moins dangereux que les jeunes délinquants, les jeunes vagabonds étaient plus difficiles à corriger, plus rebelles à toute éducation. Est-il besoin de rappeler les mauvais résultats des écoles de Truants anglaises, Pévolution qui s'est produite dans les maisons de correction pour garçons belges, qui, d'abord subdivisées en maisons spéciales pour vagabonds et maisons spéciales pour délinquants, ont été réunies? Pour les filles, également en Belgique, la création de quartiers spéciaux pour les vagabondes, considérées comme plus corrompues que les autres ?

Nous ne proposerons pas de compliquer la classification des maisons de correction françaises, mais nous voudrions que pour les filles, et pour les filles seulement, les jeunes vagabondes, c'est-à-dire, dans la plus grande partie des cas, les jeunes prostituées, fussent élevées à part; elles devront recevoir dans des écoles spéciales une éducation appro-

priée.

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