‹ La Transformation Morale du Jeune Délinquant par le TravailChapitre 44 sur 50 · AO · texte numérisé non relu

AO

Ceci exposé, voyons les résultats obtenus :

Les Douaires, colonie publique, comprenant surtout des enfants d’origine campagnarde, ont donné les résultats suivants : sur 77 enfants sortis en 1892, 30 étaient à la fin de 1896 passés à nouveau en jugement : donc une récidive de 38.96 °/, au bout de quatre années.

À Saint-Maurice, colonie publique recevant surtout des enfants d'origine urbaine, l'auteur a trouvé, sur 80 jeunes gens sortis en 1892, 39 récidivistes à la fin de 1896, soit une récidive de 48.75 °/, pour le même laps de temps.

Pour Mettray, colonie privée catholique, composée à peu près par moitié d'enfants d’origine urbaine et rurale, sur 100 jeunes gens libérés en 1893, 36 avaient récidivé à la fin de 1896, soit une récidive de 36 °/..

À Sainte-Foy, colonie privée protestante, appliquant le principe des effectifs restreints, nous trouvons une récidive de 30 °/,.

La colonie de Bologne, colonie privée industrielle, où l’on n’envoie guère que des petits Parisiens, donne pourla même période une récidive de 27.58 °/,.

Reprenons ces résultats : nous remarquons d’abord que ce sont des colonies privées, Bologne, Sainte-Foy, Mettray, qui obtiennent la récidive la moins élevée ; nous voyons ensuite qu'en faisant la moyenne des chiffres ci-dessus, nous trouvons 36.25 ; on peut donc dire en définitive que, sur {00 jeunes gens soumis en France à l'éducation correctionnelle, 35 environ ne sont pas corrigés.

Ce résultat est-il satisfaisant? Il nous est difficile d’établir des comparaisons avec les statistiques des autres pays qui sont dressées de façons très différentes de la nôtre. Nous

devons donc nous demander, ce que ces enfants seraient

devenus si nous ne nous étions pas occupés d’eux:{1)« N’avons-nous pas perdunotre temps? Non, nous ne l'avons pas perdu.N'’oublions pas que tous ces enfants ont été recueillis, je dirai presque ramassés même au pied des tribunaux ; c’est la totalité, c’est 100 pour 100 de vauriens, de coupables (quoique le mot ne soit pas juridiquement exact) qui nous ont été confiés ; nous les avons élevés, redressés et au bout de 3 ans, de 4 ans, ce sont 65 de ces 10/00, de cette totalité, quiont su se préserver grâce à nous du délit et du crime. Somme toute, ce sont les ?/3 que nous avons sauvés, rendons-leur justice, qui se sont sauvés au milieu des

difficultés et des périls de la vie libre. »

Cela est très vrai, l'éducation correctionnelle par le travail a sauvé les 2/3 des petits dévoyés qui lui ont été confiés. Cette récidive ne pourrait-elle pas encore être réduite, et quels moyens serait-il bon d'employer pour

cela ?

Au cours de notre étude nous avons essayé de montrer les réformes urgentes que l’on pourrait accomplir avec peu de temps et d'argent. Nous avons indiqué les moyens que nous proposions pour accomplir ces réformes. Nous avons noté aussi des réformes plus complètes, plus coùteuses ; nous avons énoncé celles-ci sous forme de vœux ; peutêtre certains les traiteront-ils d’utopies... Nous pensons qu'elles sont toutes réalisables, que toutes sont utiles, et

que le plus grand nombre est nécessaire.

Nous souhaitons que l'administration pénitentiaire s'occupe de réaliser les premières aussi vite que possible,

(1) Puybaraud, Condit. des enfants sortant de correction, p. 54.

c'est de cette façon

l'étude on peut espérer d'arriver à cette solution

mette les secondes

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