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présentent « une diminution du coefficient de vitalité » et « s’éteignent comme une lampe sans huile ».
Vignes arrive aux mêmes conclusions. Il a également observé chez ces enfants un poids au-dessous de la moyenne : 52 % sont au-dessous de 2.500 gr.
Il n’est donc pas surprenant que l’avenir de ces débiles soit fort compromis. D’après M. Couvelaire, 38 % meurent dans le premier mois, quel que soit le mode d’allaitement. Ce taux doit pouvoir être abaissé grâce à la transfusion. Ces enfants peuvent, en effet, en retirer un grand bénéfice dès qu’ils présentent une diminution de poids ou un défaut persistant d’accroissement.
Nous avons eu l’occasion d'observer un enfant issu de mère tuberculeuse (observation XVIII) qui a présenté peu après sa naissance des troubles gastrointestinaux, une intolérance absolue au lait, quelle que soit son origine, de l’hypothermie et une baisse de poids de 550 grammes, douze jours après sa naïissance. Deux transfusions faites à quatre jours d’intervalle nous donnèrent des résultats analogues à ceux observés chez les prématurés débiles. On nota la cessation des troubles gastro-intestinaux, l’élévation de la température qui se stabilisa à 37° et l’augmentation régulière du poids.
Nous pouvons joindre à ce cas une très belle observation inédite que nous a confiée M. Guéniot (observation XIII). I s’agit d’un prématuré, issu de mère tuberculeuse, qui dépérissait de plus en plus et chez qui la transfusion fut aussi suivie d’un revirement complet de la situation.
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La courbe de poids est particulièrement démonstrative; dès le lendemain de la transfusion, elle devient régulièrement ascendante.
L'observation XVII mérite aussi de retenir notre attention. Chez cette prématurée de 1.650 grammes, hypothermique, ne s’alimentant pas, baissant anormalement de poids, née d’une tuberculeuse morte de tuberculose peu après l’accouchement, la transfusion détermina, dès le lendemain, l’élévation de la tempé:rature et, le surlendemain, l’augmentation de poids.
L'observation XIX, due à Fischer, rapporte aussi un cas très heureux où la transfusion détermina un revirement de la situation. É
Pour Guéniot, la conduite à tenir est la suivante :
Les nouveau-nés, issus de mère. tuberculeuse, doivent être isolés de la mère malade, recevoir le vaccin B.C.G. de Calmette. Si, malgré des soins et une alimentation bien réglées, ils dépérissent ou ne s’accroissent pas, la transfusion est indiquée.
RÉsuLTATs. — De l’étude des observations que nous rapportons, il résulte que la transfusion détermine d'une façon constante, dans tous les cas de débilité que nous avons envisagés :
1° Un relèvement immédiat et persistant de la température qui est ramenée à la normale;
2° La cessation des accès de cyanose;
3° Une action nette sur la nutrition : arrêt des troubles gastro-intestinaux, possibilité de lalimentation au sein et, comme conséquence, une poussée rapide d'accroissement;
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4° Un relèvement de l’état général, une stimulation nette de la vitalité.
Or, les soins dont on entoure les prématurés et les débiles ont pour but (Labeaume) :
1° De lutter contre le refroidissement;
229 De favoriser les échanges respiratoires;
3° De les protéger contre les infections;
4 De leur donner une alimentation qu’ils puissent assimiler.
Les indications thérapeutiques posées pour lélevage des débiles et des prématurés sont donc essentiellement satisfaites par la transfusion sanguine.
Elle donne, de plus, le maximum de résultats dans le minimum de temps.
Depuis qu’il applique, à la Maternité de Lariboisière, la transfusion aux prématurés débiles, Guéniot a vu passer, durant le même laps de temps et à la même époque de l’année, la mortalité de ces enfants avant la sortie du service de 48,14 % à 25 %.
En outre, la proportion d’enfants sortis vivants fut, pour les transfusés, de 6 à 7 % de plus que pour les non transfusés, la mortalité de 6 à 7 % de moins.
RÉSULTATS ÉLOIGNÉS. — Comme nous venons de ‘le voir, les résultats immédiats de la transfusion dans les cas de débilité sont vraiment remarquables. Mais que deviennent ces enfants dans les semaines qui suivent ? quel est leur avenir éloigné ?
M. Guéniot nous écrivait très justement, au sujet de cette question : « Malheureusement, la plupart de
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nos transfusés nous échappent trop vite et nous ignorons, le plus souvent, ce qu’ils deviennent dans la suite. »
Il serait, pourtant, très intéressant de pouvoir satisfaire au vœu émis par M. Rhenter à la réunion de la Société d’Obstrétique et de Gynécologie de Lyon, le 5 janvier 1926, en versant au débat des observations de prématurés débiles transfusés restés sains pendant un certain nombre de semaines.
Nous pouvons apporter quatre observations de transfusés suivis pendant plusieurs semaines; c’est ainsi que l’observation XIII s'étend sur deux mois et jusqu’à plus d’un mois après la transfusion. L'état de l'enfant demeurait toujours excellent et la courbe de poids progressivement croissante 33 jours après l’intervention. Comme nous le faisait remarquer M. Guéniot en nous confiant cette observation : « c’est là un commencement de satisfaction à apporter au vœu de Rhenter ».
Nous avons tenu personnellement à suivre trois de nos transfusés jusqu’à fin avril 1926. C’est ainsi que l'observation XVIII s'étend sur 96 jours, dont 69 après la dernière transfusion. Revu à cette date, l’enfant demeurait toujours en bon état, son poids progressait régulièrement.
L'observation XVI s'étend sur 121 jours, dont 85 après la dernière transfusion. Pesant 1.850 grammes à la naissance, l’enfant était à cette date en excellent état, mesurait 55 centimètres de long et pesait 4.300 grammes.
L'observation XIV s'étend sur 156 jours, dont 144
après la dernière transfusion. Revu à cette date, l’enfant demeurait en bonne santé, mesurait 58 centimètres de long. Pesant 1.770 grammes à la naissance, il pesait 5.500 grammes. |
Ces observations faites sur un laps de temps aussi étendu sont particulièrement intéressantes et démonstratives.
Elles nous montrent que le pronostic de ces débiles reste bon. Grâce à la transfusion, un grand nombre d’entre eux sont sauvés. Ils demeurent sains dans les semaines qui suivent; ils s'élèvent bien et ont un développement normal.
Cette action bienfaisante de la transfusion au nouveau-né d’une masse sanguine relativement très importante pour lui serait due, d’après Guéniot, à l’apport à l'organisme de nombreuses hématies qui améliorent l’hématose, de leucocytes et particulièrement de polynucléaires qui agiraient, en renforçant les moyens de défense, contre l'infection d’un organisme déficitaire. Cet apport de polynucléaires est particulièrement important chez le nouveau-né où la formule leucocytaire est inverse de celle de l’adulte : les mononucléaires l’emportent, en effet, sur les polynucélaires.
De plus, se basant sur les travaux de Lœper et Marchal sur la leucopédèse digestive, Guéniot se demande si cet important apport de polynucléaires ne serait pas pour beaucoup dans l’amélioration de la nutrition et la poussée d’accroissement constatées.
Le sang transfusé pourrait, en outre, agir à la manière d’un plasma spécifique à l'organisme humain
et bien supérieur aux sérums artificiels dont les résultats, déjà, ne sont point négligeables.
Enfin, le sang est un vecteur d'hormones, de sécrétions endocrines dont l’action sur le fonctionnement des organes déficients, mal développés des prématurés, et peut-être même sur le développement de ces organes, pour être encore mal connue, n’en est pas moins infiniment vraisemblable.
Nous croyons que toutes ces propriétés sont contenues au maximum dans le sang maternel dont les hormones sont au plus haut point adaptées à l’organisme du nouveau-né.
C’est pourquoi le sang maternel sera choisi de préférence, du moins tant que la chose sera possible, ainsi que nous l’avons dit précédemment.
La quantité de sang à transfuser varie de 10 à 20 cc. Il ne semble pas qu’il y ait intérêt à injecter des doses supérieures à 20 cc. Nous insistons à nouveau sur la nécessité de renouveler l'intervention si la première transfusion n’a pas déterminé une amélioration nette de la situation. L'observation XVI est un exemple saisissant. Elle nous montre même la possibilité de transfuser quotidiennement dans les cas très graves. Nous avons, en effet, à 24 heures d'intervalle, transfusé successivement chez ce nouveau-né, qui était dans une situation désespérée, 10 cc. puis 20 cc. et 20 cc. de sang maternel. Le résultat fut très heureux.
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