‹ La Transfusion du Sang chez le Nouveau-néChapitre 43 sur 48 · II. — Infections, intoxications aigues · texte numérisé non relu

II. — Infections, intoxications aigues

Les cas publiés sont relativement peu nombreux. Fischer a publié quelques cas et recommande la transfusion dans les toxémies graves, la fièvre scarlatine, la diphtérie et l’influenza.

Nous rapportons une de ses observations (observation XXII) concernant un nouveau-né issu de mère tuberculeuse morte peu après l’accouchement et qui présenta une grippe grave. Deux transfusions déterminèrent une amélioration de l’état général, une augmentation régulière du poids, puis la guérison.

Kerr Cross a transfusé des nouveau-nés atteints d’érysipèle (streptocoque hémolytique); sur 4 cas, il a obtenu 3 guérisons, soit 75 %; chez 6 malades non transfusés, 5 moururent (15 % de guérisons).

Dans le choléra infantile, d’après le même auteur, la mortalité a été de 75 % chez les non-transfusés et de 39 % chez les sujets transfusés.

Bruce Robertson, Alan Brown et Roy Simpson, de Toronto, apportent aussi des résultats très encourageants (1921).

Dans les diarrhées infectieuses ou toxiques, la transfusion eut une influence heureuse sur l’anémie secondaire et la déshydratation.

Pour l’érysipèle, ces auteurs eurent des résultats analogues à ceux de Kerr Cross. Sur 4 cas d’érysipèle chez des enfants de moins d’un mois, ils obtinrent 3 guérisons; 12 enfants plus âgés guérirent tous.

Ils employèrent encore la transfusion contre l’in-

toxication consécutive aux brûlures étendues. Ayant transfusé huit cas de brûlures où l’apparition de convulsions impliquait un pronostic à peu près fatal, ils obtinrent cinq guérisons.

Les résultats furent aussi encourageants dans les cas de septicémie. Sur 29 cas, ils eurent 8 guérisons, soit 27 %. ‘

Favreau et Lapervenche ont publié, en février 1995, une observation de transfusion du sang dans un cas de septicémie du nouveau-né avec hémorragies gastrointestinales graves. Cette observation présente un vif intérêt et nous la rapportons dans ce travail (observation XXII). Le cas était grave, le pronostic réservé. Favreau et Lapervenche pensaient qu’il s'agissait d’une staphylococcémie à porte d’entrée digestive; la spécificité devait être éliminée. Cette observation est intéressante encore à un autre point de vue: elle apporte un document de plus à l’étude de l’étiologie des mélœna et des hémerragies chez le nouveau-né. Il faut remarquer, en outre, que la transfusion n’influença pas seulement la septicémie d’une façon heureuse, mais elle eut aussi une action rapide sur les hémorragies qui diminuèrent le premier jour considérablement et qui cessèrent complètement le second jour.

Robertson, Brown et Simpson ont aussi employé la transfusion dans la broncho-pneumonie. Lorsqu’apparaissent des signes de toxhémie, elle peut être utile par son action sur l’état général et sur l’anémie secondaire.

Guéniot a pu constater chez un de ses transfusés mort d’une broncho-pneumonie bilatérale une résis-

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