CO. TECHNIQUE OPÉRATOIRE
Elle comprend cinq temps : 1° la préparation du donneur; 2° la préparation du récepteur; 3° l’aspiration du sang;
ERIC At
4° la transfusion proprement dite; 5° l'hémostase et les sutures,
1° Préparation du donneur. — Il est bon de lui faire prendre une tasse de café ou de lui pratiquer une injection sous-cutanée de caféine pour élever sa tension, surtout s’il est émotif.
Le chirurgien applique lui-même un garrot élastique à la racine du bras, en serrant juste assez pour arrêter la.circulation veineuse, sans interrompre la circulation artérielle, On doit sentir le pouls radial. Laisser pendre le bras durant quelques minutes et prier le patient d’exécuter des mouvements d'extension et de flexion des doigts pour congestionner le membre.
On fait alors coucher le donneur sur une table, le membre supérieur en abduction à angle droit, l’avant-bras en supination. Une planchette, glissée sous le thorax, supporte le membre, qu’on badigeonne à la teinture d’iode. Champs stériles au-dessus et au-dessous du coude. Anesthésie locale de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané sur une veine saillante, de préférence la médiane céphalique, ou la médiane basilique. Incision de la peau sur 4 ou 5 centimètres de longueur. Libération de la veine, en évitant de blesser une collatérale. Ligature au catgut sur le bout supérieur de la veine. Une pince souple à mors plats est placée sur le bout inférieur pour faire l’hémostase tempo- “aire et permettre d’inciser le vaisseau sans écoulement de sang. À défaut de pinces à mors souples, entourer la veine, soit d’un double catgut, soit d’un faisceau de plusieurs erins de Florence, et placer une pince hémostatique sur ces fils, tout près et parallèlement au vaisseau, ainsi que le conseillent Guillot et Dehelly. On étrangle ainsi la veine
sans l’écraser. er
Il ne reste qu’à ouvrir le vaisseau pour pouvoir y introduire la canule. Pour cela, on pince la paroi veineuse à peu près à égale distance des deux ligatures et le bistour1, tenu bien perpendiculairement au vaisseau, fait à celui-ci une incision transversale, correspondant environ au tiers de la circonférence de la veine. On éponge le sang qui s’est écoulé. Il est bon de faire verser quelques centimètres cubes de citrate de soude sur la plaie pour éviter la formation d’un caillot. Une compresse sur la plaie.
2 Préparation du récepteur. — On peut l’effectuer dans la chambre de réchauffage, sans déplacer le blessé de son lit. On choisit à volonté une veine du bras, ou la saphène interne, qui est très facile à découvrir au-devant de la malléole interne. Si l’on pratique la transfusion au cours ou à la fin d’une amputation, il est commode d'utiliser la veine centrale du membre, ainsi que Savariaud l’a préconisé pour les injections massives de sérum physiologique.
L’anesthésie locale est, en général, inutile. Il est bon de placer provisoirement un garrot pour faire saillir la veine qu’on libère, comme chez le donneur, et dont on lie, non le bout central, mais le bout périphérique. Une petite ouverture est pratiquée à un bon centimètre au-dessus de la ligature, comme on l’a fait précédemment pour le donneur. Ablation du garrot. Mais il est inutile de placer une pince sur le bout central, puisque la veine est vide.
3° Aspiration du sang. — Lies deux patients sont prêts. On fait verser dans l’ampoule, environ 25 ou 30 centimètres cubes de la solution de citrate et l’on incline le réeipient en tous sens, afin que la surface interne soit mouillée en totalité. On laisse écouler, par la canule, l’excès de citrate, de façon qu’il n’en reste que 10 centimètres cubes
si l’on ne désire transfuser que 250 grammes de sang, et 20 centimètres cubes environ, si l’on veut faire une transfusion de 500 grammes. Deux traits marqués, 10 et 20, à la partie inférieure du récipient, permettent de mesurer 10 et 20 centimètres cubes. On ferme le presse-tube afin que l’air ne pénétrant plus dans l’ampoule, l'écoulement de citrate par la canule cesse aussitôt.
Le chirurgien empaume alors de la main droite, la partie inférieure de l’ampoule. De la main gauche, il soulève, avec la pince à mors plats, la lèvre inférieure de la plaie vasculaire pour entrouvrir la brêche et il introduit la canule dans le bout périphérique du vaisseau. Ayant posé la pince à disséquer, il enlève celle qui obturait la veine, puis il ouvre le presse-tube. Le sang jaillit dans l’ampoule en repoussant le citrate. Dès ce moment, il faut observer une précaution capitale : on doit imprimer au récipient de petits mouvements de translation latérale, ou, plus exactement, de petites secousses, afin de mélanger le sang au citrate, et d’empêcher ainsi tout début de coagulation. Ces mouvements seront répétés fréquemment pendant tout le temps qu’on recueillera le sang.
Dès que la canule a été introduite dans la veine, l’aide a adapté, à la tubulure de l’ampoule, la soufflerie par son ajutage aspirateur. Il presse sur la poire et fait ainsi le vide dans le récipient. Le sang monte plus ou moins rapidement selon le degré de réplétion des veines du patient. En général, il faut trois minutes, quelquefois un peu moins, pour obtenir un demi-litre de sang.
L’ampoule, une fois pleine, le chirurgien ferme le pressetube et enlève le récipient, tandis que l’aide détache la soufflerie. Avant de retirer la canule de la veine, l’opérateur a pris soin de placer sur la veine une pince à mors
NO souples ou d’étrangler le vaisseau avec les fils placés préventivement.
On apporte l’ampoule près du récepteur. Si le bouchon l’obture hermétiquement, on ne perd pas une goutte de
sang.
4° T'ransfusion du sang. — L'introduction de la canule est répétée sur le donneur, avee cette double différence que : 1° le chirurgien introduit la canule dans le bout central de la veine de facon à injecter le sang vers le cœur; 2° l’aide adapte la longue tubulure de la soufflerie qui sert normalement à faire l’insufflation.
L'opérateur, ayant ouvert le presse-tube (ou enlevé la pince de Kocher), on pratique l’injection avec la vitesse. désirée. Le chirurgien prend soin d’appuyer, avec la main gauche, sur le bouchon, afin que la pression ne le fasse pas sauter. Retirer brusquement la canule dès qu’il ne reste plus que quelques centimètres cubes du sang, afin d’éviter ia pénétration d’air. Si l’on veut transfuser une seconde fois 250 ou 500 centimètres cubes de sang, on recommence l’opération, après avoir rincé l’ampoule avec du citrate, et x avoir abandonné la quantité voulue de cette solution.
On peut terminer par une injection intraveineuse de sérum physiologique, en versant celui-ci dans l’ampoule, sans même avoir besoin de retirer la canule de la veine.
5° Hémostase et sutures. — II ne reste qu’à lier les veies avec un catgut n° 1 au-dessus et au-dessous de la bréche, et à fermer la plaie cutanée avec quelques agrafes de Michel ou quelques crins de Florence.
G° Incidents et ‘difficultés. — Tes seules difficultés proviennent de la non observation d’une des pré-