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de nos soldats, dont l’état était désespéré, furent ainsi sauvés, et, à côté de ceux-là, combien de souffrances et de comp'ications redoutables furent épargnées aux autres.
Il suffit d’avoir vu le spectacle inoubliable d’un poste dc secours de bataillon, un jour d’attaque, pour s’en convainere. Dans ces postes, où nous ne disposions que de moyens de fortune tout à fait disproportionnés avec les plaies effroyables qu’il nous fallait panser, les blessés attendaient souvent de longues heures avant qu’on put les évacuer. Quelquefois, il n’était pas possible de les évacuer de jour. D’autres fois, le- nombre de nos brancardiers n’y suffisait pas. Les hémorragies étaient arrêtées au moyen de garrots extrêmement douloureux, qui vouaient presque fatalement ceux qui en étaient porteurs à la gangrène. Les membres, atteints de fractures compliquées n'étaient immobilisés qu'imparfaitement, et les blessés graves, ceux qui étaient exsangues et froids, restaient souvent pendant des heures exposés aux intempéries,.sans que nous ayons seulement une couverture ou une toile de tente à leur donner. |
On s’imagine, dans ces conditions, tout ce que devaient endurer ces malheureux avant d’être efficacement soignés dans les formations sanitaires, et on se rend compte aussi du grand nombre de ceux qui devaient succomber avant d'y arriver. Or, nous l’avons dit, tous ces hommes blessés étaient épuisés par une perte plus ou moins abondante de sang. La transfusion, traitement héroïque des hémorragies mortelles, constituait done, pour eux, la suprême ressource, Pratiquée seulement d’un facon précoces vers le milieu de 1917, dans les postes chirurgicaux avancés, grâce aux belles recherches de M. Hédon et aux efforts de M. Jeanbrau, elle donna toujours des améliorations notables et, souvent aussi, de véritables résurreetions. Son étude et son application pratique au traitement des blessures de
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guerre nous apparaissent donc, à l’heure actuelle, comme étant des plus intéressantes, et je tiens à exprimer, ici, toute ma reconnaissance à M. le professeur agrégé Jeanbrau qui a bien voulu me donner cette belle question comme sujet de thèse et diriger ensuite mon travail.
Dans l’impossibilité où je me trouve de consacrer le temps nécessaire à étudier à fond cette importante question, j’ai dû, à mon grand regret, me borner à résumer ici la thèse d’Emmanuel Basset et les publications de MM. Hédon et Jeanbrau.
Le plan de ce travail est le suivant:
1° Historique rapide de la transfusion du sang:
2° La mort par hémorragie. Effets comparés des injections de sérums artificiels et de la tranfusion du sang;
3° La transfusion citratée ; technique de M. J eanbrau ;
4 Avantages de la transfusion eitratée ;
5° Résultats et indications de la transfusion en chirurgie de guerre;
6° Observations;
7° Conclusions;
8° Bibliographie.