OBSERVATION XXIX
Transfusion pour blessure de guerre — Plaies multiples des membres inférieurs. — Amputation de la,cuisse gaucho. — Deux transfusions à dix-sept heures d'intervalle. — Survie de quatre jours et seize heures — Mort de septicémie. (Costantini ir Murard. Lyon Chirurgical, janvier 1918.)
C. F.., 24 ans, blessé, le 9 octobre 1917, à 15 heures. Arrivé au poste avancé de B..., le même jour, à 18 heures.
Diagnostic. — Plaies multiples des membres inférieurs, jambe, cuisse et fesse, avec vaste délabrement et fracas du fémur gaughe.
Le blessé arrive très shocké, exsangue, sans pouls. Pas Ja moindre oscillation au Pachon. Il est d’une pâleur de marbre, très agité; la mort est imminente. Transfusion immédiate, par M. Costantini, de 500 centimètres cubes de sang eitraté, suivie d’une injection de 700 centimètres eubes de sérum adrénaliné. Amélioration immédiate. La
transfusion a été faite dans le lit même de la salle de ré-
chauffage où était couché le blessé, pour éviter de le fatiguer en le transportant dans la salle d’opération.
ru et
A minuit, le pouls est peréeptible et donne une légère oscillation au Pachon. Anesthésie lombaire à la novocaïne. M. Costantini pratique 1° l’amputation de la cuisse gauche ; 2° le débridement des plaies de la jambe droite, avec ligaturé des vaisseaux tibiaux antérieurs et postérieurs; 3° le débridement des plaies des fesses bourrées de débris de capote.
Le lendemain, 10 octobre, à midi, l’état s’est aggravé à nouveau, le pouls est incomptable, aucune oscillation au Pachon. M. Costantini fait une seconde transfusion de 500 centimètres cubes avec le même donneur que dans la nuit. Amélioration immédiate et considérable. A 17 heures, le pouls reste très rapide, mais le Pachon oscille légèrement oi
Le 11 octobre, gangrène ischémique de la jambe droite, amputation de la jambe droite, juste au-dessus des ligatures. |
Le 12 octobre, pouls à 124; tension maxima: 10; tension minima : 8. Lie blessé succombe de septicémie, le 14 octobre, à 11 heures, quatre jours et seize heures après la première
transfusion.
OBSsERvATION XXX Transfusion pour blessure de guerre. — Piaies multiples par petits éclats d'obus et broiement du pied gauche. — Shock prononcé. — Trausfusion eitratée. — Survie de douze heures. (Jeanbrau, in Murard. Lyon Chirur-
gical, janvier-février 1918.)
F. C..., blessé le 25 août, à 22 heures. Entré vers minuit au poste chirurgical avancé de B...
Diagnostic. — 1° Arrachement complet du pied gauche broyé; 2° plaie de la verge et du scrotum, avec hernie du
DES PE testicule gauche; 3° plaies punctiformes des deux fesses et des deux cuisses, dues à des projectiles très petits (grains de mil).
Intervention le 26 août, à 2 heures du matin, quatre heures après la blessure. Rachianesthésie à la novocaine.
M. Hertz pratique: 1° l’amputation de la jambe gauche au tiers inférieur ; 2° l’ablation du testicule gauche; 3° une suture des corps caverneux ; 4° enfin, un débridement de la région interne de la cuisse droite d’où il extrait un petit projectile.
Le lendemain matin, l’état du blessé est très grave. Le pouls est à 152; la tension maxima, prise au bras avec le Pachon, est de 10; la tension minima de 6. Arythmie, refroidissement, lèvres grises. |
À 8 heures, M. Jeanbrau pratique une transfusion de 500 centimètres cubes de sang citraté.
À la fin de la transfusion, le pouls est à 132, le blessé devient rose et déclare « qu’il se sent revivre ». La tension axima est alors à 12; la tension minima à 8,5. Dans la soirée, les vomissements reprennent, bientôt collapsus et mort à 20 heures, douze heures après la transfusion.
Autopsie. — L’examen nécropsique, pratiqué le lendemain, a permis de découvrir une péritonite généralisée due à des lésions intestinales par des éclats que la radioscopie n’avait pas décelés et qui avaient pénétré par les fesses. £a transfusion ne pouvait done donner aueun résultat dans
un cas de ce genre.
OBsERvATION XXXI
Transfusion pour blessure de guerre. — Plaie pénétran!e de l'abdomen avec lésions viscérales et hémorrigie intra-péritonéale très abondante, — Shock prououcé. — Trausiusion du sang à la fin de la laparotomie. — Survie de
vingt-six heures. (Jeanbrau, in Murard. Lyon Chirurgica!, |janvierfévrier, 1918.) 2
M. C..., 20 ans, blessé le 11 octobre 1917, à 14 heures. Arrivé au poste avancé le même jour à 15 heures. Opéré à 19 h. 30. |
Diagnostic. — Plaies multiples par éclats de torpille 1° pénétrante de l’abdomen, région épigastrique, avec herpie de l’épiploon,; 2° de l’épaule gauche avec projectile inelus ; 3° de la cuisse gauche avec projectile inclus. Pouls à 136, très faible; pas d’oscillation au Pachon à la radiale.
Intervention par M. Costantini. Après toni-cardiaques, chloroforme. Résection de l’épiploon hernié. Laparotomie médiane. Le ventre est rempli de sang. On constate une section complète du côlon transverse avec déchirure du mésocôlon. Résection de 3 centimètres du côlon et anastomose circulaire. On découvre une section complète d’une anse grêle près de l’angle jéjuno-iléal. Résection, anastomose circulaire. On éponge le sang et on referme le ventre. L’6tat du blessé étant très grave, M. Jeanbrau pratique, à la fin de l’intervention, une transfusion de 750 centimètres cubes de sang citraté. Le blessé se recolore, revient à lui, paraît hors de danger, mais il succombe, le 12 octobre, à 18 h. 30, vingt-six heures après la transfusion, de septicémie péritonéale.
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OBsRRVATION XX XII
Transfusion pour blessure de guerre. — Plaie thoraco-abdomina!e avee large perforation du rein et anémie post-hémorragique grave. — Etat désespéré. — Néphrectomie. — Transfusion de sang citraté. — Survie de cinq heures. (Jeanbrau Bullelin de la Société de Chirurgie de Puris, 11 juillet 1917, D 161772)
P. R... 32 ans, blessé le 12 mai 1917, à 21 heures.
Diagnostic. — Plaie par éclat d’obus thoraco-abdominale. Orifice d’entrée dans le dixième espace intercostal -droit, sur la ligne axillaire. Projectile décelé par la radioscopie contre le corps de la première vertèbre lombaire.
M. Jeanbrau le voit, le lendemain, 13 mai, à 13 heures, dans l’état suivant: dyspnée violente, R.: 34. Pneumothorax droit. Région lombaire fortement tendue et douloureuse, Plusieurs hématuries très abondantes de sang pur après la blessure. Pouls à 136, très faible, lèvres décolorées, extrémités froides, pupilles dilatées, agitation. En somme, le blessé va mourir d’hémorragie rénale. On a pratiqué une injection sous-cutanée d’un litre de sérum, des injections d’huile camphrée et de spartéine.
Intervention immédiate par M. Jeanbrau. — Chloroforme à la reine. Incision lombaire droite. Toute la fosse est infiltrée de caillots qu’on enlève à pleines mains. Le reim droit est en partie éclaté et saigne abondamment. Décortication rapide. Néphrectomie. On reconnait avec le doigt l’existence d’un orifice du diaphragme très profondément situé pour pouvoir le suturer sans prolonger l’intervention. Tamponnement à la gaze.
A la fin de l’opération, qui a été conduite rapidement, le blessé est très bas. Le pouls est à 160, à peine perceptible,
Sn Ne
M. Jeanbrau tente la suprême ressource, la transfusion. Il prend 250 centimètres cubes de sang à un blessé léger, vigoureux, dont le bras a été traversé par une balle, et qui déclare n’avoir presque pas perdu de sang. De fait:son pouls est à 60. Le sang est aspiré dans l’ampoule contenant 10 centimètres cubes d’une solution de citrate à 10 p. 100.
À la fin de la transfusion, qui a demandé en tout sept mirutes, le pouls du récepteur est tombé à 140, assez bien frappé. L’opéré, dont le facies s’est recoloré, reprend connaissance et parle. Malgré une nouvelle injection de sérum spartéiné, malgré l’huile camphrée, l’opéré succombe au shock à 18 h. 30, soit cinq heures après la transfusion, qui a été insuffisante. Il aurait fallu injecter 800 grammes ou un litre de sang.
Ogservarron XX XIII
. Transfusion pour blessure de guerre. — Plaies multiples. — Plaie du thorax hémorragie de la mammaire interne. — Thorocotomie, hémostase, extraction del’éclat. — Suture. — ‘Transfusion citraté. — Mort après seize
heures. (Murard. /yon Chirurgieul, janvier-fevrier 191%. Obs. XXXVII.)
G. P..., blessé le 1° septembre 1917, à 20 heures, arrive le 2, à 10 heures, porteur de plaies multiples par éclat d’obus.
Diagnostic. — Plaies multiples du membre inférieur gauche. Une plaie thoracique au niveau de la partie antéroexterne de l’hémithorax gauche, au niveau du sixième espace, sur la ligne axillaire antérieure. L’éclat est montré par la radio au niveau du bord gauche du sternum, sur J’attache du cinquième espace.
Le blessé, est saigné à blanc, pouls à peine percu très irrégulier, à 148. Sur la table, il est pris d’une abondante diarrhée sanglante. Cependant aucun signe abdominal,