‹ La Transfusion Sanguine d'UrgenceChapitre 15 sur 27 · A NES · texte numérisé non relu

A NES

10° La Permanence conserve une provision de sérums étalons: elle en expédie des flacons aux médecins qui lui en font la demande.

Utilisation de l’organisation de la Transfusion Sanguine d’'Urgence pour la pratique des transfusions à lhôpital.

Pour comprendre exactement le mécanisme du fonctionnement de la TRANSFUSION SANGUINE D'URGENCE, nous nous placerons dans l’hypothèse d’une transfusion à effectuer d’urgence dans un hôpital éloigné et dans un service n’ayant pas de transfuseur agréé.

Aussitôt que le médecin ou le chirurgien traitant a posé les indications de la transfusion, il fait appel à la permanence de Saint-Antoine. Autant que possible, il doit faire préciser le degré d'urgence et la quantité de sang qui sera probablement nécessaire. Dans la demande, il est nécessaire d'indiquer non seulement l'hôpital où doit être pratiquée la transfusion, mais encore le service, et même la salle et le lit du malade. Ces précautions, en apparence superflues, se justifient parce qu’elles font gagner du temps au transfuseur et parce qu’elles évitent des méprises dont les conséquences pourraient être graves. La demande est reçue à la Permanence de Saint-Antoine, qui dispose pour y répondre :

1° de donneurs résidant à l’hôpital où va être pratiquée la transfusion; et la secrétaire de la Permanence s’assure qu'ils sont disponibles aussitôt qu’elle a inscrit et collationné l’appel téléphonique;

2° de donneurs résidant dans le voisinage immédiat de l’hôpital intéressé;

3° d’un donneur assurant un service de garde à l’hôpital Saint-Antoine même.

La liste de ces donneurs est essentiellement constituée par le fichier général dont nous avons parlé, mais lPutilisation méthodique des donneurs a amené à établir un tableau de roulement qui, placé à la Permanence, donne immédiatement la liste des donneurs effectivement disponibles avec, en tête, ceux ayant donné depuis le temps le plus long. Ce tableau donne également la liste des donneurs immunisés. |

Il est complété par un tableau des transfuseurs de garde. Il y a, en règle, chaque jour, deux transfuseurs de garde, et, habituellement, deux transfuseurs suppléants. Le transfuseur de garde prend la garde chez lui s’il a le téléphone, le plus souvent dans l’hôpital où il a son service. Il suffit souvent à la secrétaire de deux ou trois appels téléphoniques, quelquefois d’un seul quand le donneur se trouve sur place ou qu’on utilise le donneur de garde à Saint-Antoine, pour que satisfaction soit donnée à l'hôpital demandeur.

Une fois la transfusion faite, il reste au transfuseur à signer la carte du donneur et, d’autre part, à établir sur un carnet à souche deux bons qui comportent le nom du donneur, la quantité de sang donnée, le nom du receveur, la salle et le service où a été faite la transfusion. Ces bons permettent à l'Œuvre de tenir sa comptabilité, et au donneur de toucher lindemnité qui lui est allouée.

Enfin, le transfuseur devra aviser la Permanence de l'endroit où il va se trouver pendant le reste de sa garde.

Le mécanisme est un peu différent quand la transfusion a lieu dans un service où l’interne est officielle-

ment transfuseur agréé. Si celui-ci trouve dans l'hôpital même un donneur, la transfusion sera faite sans qu’on ait eu recours à la Permanence; celle-ci sera seulement avertie ultérieurement. Si le transfuseur agréé ne trouve pas de donneur sur place, il en fait demander un à la Permanence, en spécifiant qu’il fera lui-même la transfusion.

Une difficulté toute particulière peut être soulevée quand, soit le donneur, soit le transfuseur, ont été dérangés inutilement (impossibilité matérielle de faire la transfusion, transfusion faite avec un autre donneur, transfusion faite par des moyens de fortune en raison de l'extrême urgence). Une petite indemnité de déplacement est prévue pour ces cas. Il arrive de plus en plus souvent que des donneurs sont demandés pour des transfusions faites en ville. Le souci de la sécurité des donneurs fait que ceux-ci ne sont adressés, tout comme à l'hôpital, qu’à des transfuseurs connus de l’Œuvre. Souvent même, le médecin traitant demande en même temps donneur et transfuseur. Dans certains cas, le malade peut honorer donneur et transfuseur. Quand il est nécessaire, l'Œuvre prend ces frais à sa charge.

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