‹ La Transfusion Sanguine d'UrgenceChapitre 16 sur 27 · DANS LES CENTRES RURAUX · texte numérisé non relu

DANS LES CENTRES RURAUX

L'organisation dont nous venons d’exposer le fonctionnement est essentiellement conçue pour servir dans des agglomérations importantes. L'importance même de . Son activité fait qu’elle vient trouver naturellement sa place dans les grands services d’assistance publique, auxquels elle ajoute seulement un petit organisme administratif : la Permanence que nous avons décrite. L’originalité de l’œuvre de la TRANSFUSION SANGUINE D’UR- GENCE développée dans les grands centres urbains est liée à l’activité de cette Permanence, qui gère toute la partie matérielle et administrative de l’œuvre, en même temps qu’elle assure la plus grande partie de son fonctionnement médical.

Dans les villes moins importantes, le problème se pose différemment : le nombre plus réduit des transfusions ne justifie plus l’existence d’un organisme administratif particulier. En règle, c’est un médecin spécialisé dans la transfusion qui va assumer seul la mise au point, puis le fonctionnement d’une équipe de donneurs spécialisés, en même temps qu’il assumera l’exécution de presque toutes les transfusions urgentes. Son rôle est complexe. Il aura à recruter des donneurs, à les sélec-

LRÈTÉE

tionner, ultérieurement à en assurer la surveillance, éventuellement à en pratiquer l’immunisation. C’est lui qui, le plus souvent, devra établir le tour de roulement et, au besoin, le tour de garde des donneurs. Il devra enfin tenir lui-même à jour les fiches de ces donneurs et conserver leur adresse pour les appeler selon les besoins. Chaque fois que le médecin transfuseur disposera d’un service hospitalier ou d’un dispensaire, il pourra se décharger de la partie matérielle de tout ce travail sur un employé soigneusement choisi de l’hôpital ou du dispensaire.

Dans les villes peu importantes, le donneur peut résider loin de l'hôpital. Il faut prévoir un moyen de transport pouvant aller le chercher rapidement puis le ramener chez lui, pour les transfusions comme pour les examens de contrôle, si ceux-ci n’ont pas été faits occasionnellement à temps.

Pour la plupart des centres de transfusion créés maintenant en France, la TRANSFUSION SANGUINE D'UR- GENCE a fourni les renseignements ou documents nécessaires à leur organisation.

Au point de vue administratif, la TRANSFUSION SAN- GUINE D'URGENCE a communiqué les types des imprimés ou registres nécessaires à son fonctionnement, et un schéma du fonctionnement de la Permanence.

Au point de vue médical ou technique, des renseignements bibliographiques de tous ordres, des renseignements sur le recrutement des donneurs, sur lé matériel, ont été fournis; des sérums-étalons ont été adressés, souvent même un transfuseur de la TRANSFUSION SAN- GUINE D'URGENCE a été l’organisateur du nouveau centre créé.

Récemment, les villes de Marseille, Strasbourg,

Mulhouse, Versailles, Dreux, Vichy, Cahors, Oran, Alger, ont été ainsi documentées.

Notons que, dans tous ces cas, et plus peut-être en province qu'à Paris, l’élément « Assistance » pose un problème intéressant. L’œuvre parisienne a conservé à sa charge, même maintenant, une part importante des frais. Rappelons qu’elle continue à payer la totalité des sommes nécessaires aux transfusions faites à des indigents ou semi-indigents en dehors de l’hôpital. En province, la création d'œuvres comparables à la TRANS- FUSION SANGUINE D'URGENCE permettra de même de multiplier les transfusions faites à l’hôpital ou chez les indigents. La contribution de lŒuvre pourra, comme à Paris, devenir insuffisante et nécessiter la participation du budget des œuvres d’Assistance municipale.

Le problème est encore tout autre dans les centres ruraux, où le praticien est isolé et doit savoir être transfuseur comme il sait être le spécialiste qu’il faut chaque fois que se pose un cas d'urgence. En effet, plus ici que dans tout autre cas, la notion d'urgence domine le problème. Beaucoup de blessés, beaucoup d’accouchées ne peuvent pas être transportés avant la transfusion, ou mieux encore ne pourront être transportés pour subir l'intervention nécessaire qu'après la transfusion faite; c’est l’urgence même qui exige une certaine dissémination des médecins transfuseurs. Ici, il ne saurait plus être question de créer à proprement parler un centre de transfusion, tout est réduit en pratique à un praticien possédant une bonne technique et ayant groupé dans son entourage immédiat quelques donneurs de bonne volonté. Ces donneurs seront des donneurs du groupe IV,

et leur groupe aura été sévèrement vérifié. Le transfu-

sp

seur isolé aura en effet rarement l’occasion de faire le groupe du receveur, et il pourra même risquer de se trouver sans sérums étalons. Il aura évidemment la ressource de se maintenir en rapports réguliers avec un centre de transfusion qui pourra lui fournir des sérums étalons fraîchement préparés et d'activité connue : Surtout, ce centre plus important pourra lui être d’un très grand secours quand il s'agira de transfusions non urgentes, par exemple en lui procurant un donneur supplémentaire ou un donneur immunisé. Le praticien isolé ne peut, en effet, trouver dans son entourage particulier des donneurs immunisés contre toutes les infections intéressantes.

Dans les cas non urgents, le praticien isolé pourra avoir recours aux donneurs du milieu familial; il pourra lui être commode, dans ce cas, de faire compléter l’examen du candidat donneur, qu’il aura fait luimême, par un examen qu'il fera pratiquer au centre de transfusion le plus rapproché (détermination du groupe sanguin, examens sérologiques).

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