INTRODUCTION
Conçue depuis les temps les plus reculés de la médecine, la Transfusion Sanguine est passée par des alternatives successives de vogue et d’oubli.
De vogue, parce que, dans certaines conditions, cette intervention, et elle seule, pouvait ramener à la vie des individus ayant subi une spoliation sanguine excessivement importante. D’oubli, parce que cette mêmr intervention pouvait, dans des conditions qui, longtemps, furent mystérieuses, non seulement n'être d’aucun secours, mais encore tuer soudainement des sujets qui, peut-être, n’auraient pas succombé sans cette intervention.
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On conçoit que l’emploi de la Transfusion Sanguine ait subi des phases très différentes. Du temps des Egyptiens, ce fut le rang occupé par le malade qui décidait de l’intervention. La Transfusion Sanguine était réservée aux grands dignitaires. Plus tard, ce furent surtout des réalisations de miracles que l’on avait en vue, lors de la Renaissance notamment. Par cette intervention mystérieuse, on se proposait surtout de rendre la jeunesse aux vieillards, la raison aux aliénés.
Il faut arriver au xvur° siècle pour constater les premières tentatives de transfusion faites selon des indica-
SR pe
tions physiologiques véritables, vérifiées par l’expérimentation, le traitement de l'Hémorragie massive notamment.
A partir de ce moment, la Transfusion sanguine entre évidemment dans une période nouvelle.
Mais, pour lui permettre d’entrer véritablement dans la pratique courante, il lui fallait franchir deux obstacles essentiels :
1° Il fallait rendre l’opération anodine. La découverte des groupes sanguins par LANDSTEINER a été la condition de la bénignité de la transfusion, en permettant d’établir la compatibilité du sang du donneur et du receveur;
2° Il fallait rendre l’intervention aisément praticable.
Les substances anticoagulantes d’abord, puis les appareils permettant l’utilisation du sang pur ont rendu la transfusion toujours possible, souvent facile.
Mais la transfusion, rendue à la fois réalisable et anodine, les indications de cette intervention se multiplièrent. Chaque jour en connut de nouvelles, et la liste serait bien longue si l’on se contentait d’énumérer les affections médicales, chirurgicales ou obstétricales contre lesquelles cette médication a été préconisée.
A la vérité, la légitimité de toutes ces indications est loin d’être la même dans tous les cas, et si, dans certaines circonstances, la Transfusion Sanguine peut apporter un appoint intéressant à la guérison, dans d’autres cas, elle constitue l’indication formelle, car elle seule peut, dans certaines conditions, rendre la vie au malade dont l’existence est immédiatement compromise.
De ce point de vue, on doit, avec TzANCK, distinguer les indications de la Transfusion Sanguine en deux classes complètement distinctes :
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D'une part, toutes les indications à résultats
inconstants, tardifs, remplaçables par d’autres méthodes.
D'autre part, l’'Hémorragie, où les résultats sont
constants, immédiats, irremplaçables.
Mais il importe de souligner que, dans l’'Hémorragie, qui constitue l'indication véritablement formelle, les circonstances sont très particulières, soulevant des difficultés techniques, nécessitant la transfusion de quantités de sang considérables, dans des conditions d’urgence extrême.
D'où nécessité d’une organisation autonome, capable de réduire au minimum les pertes de temps et d'accroître le plus possible la valeur des moyens techniques employés.
Nous avons consacré notre thèse à cette organisation, puisque, elle seule, permet la réalisation en temps voulu et en quantité suffisante de cette intervention médicale, qui, chaque jour, en plus grand nombre, sauve des vies humaines.
L'organisation préalable apparaît donc une condition sine qua non de l'efficacité de la transfusion sanguine.
Nous nous proposons ici d'étudier cette organisation, en vue de considérer le chemin parcouru et les progrès
à accomplir.