‹ La Transfusion Sanguine Dans Le Traitement Des Maladies Du Premier ÂgeChapitre 11 sur 29 · HÉL VAE · texte numérisé non relu

HÉL VAE

Inutile d'essayer de comprimer la veine à sa base, ce plan n'est pas résistant et la veine fuit sans se gon- [ler davantage. »

En résumé : position incommode, artifice incertain, pour obtenir la turgescence de la veine et dangereux par surcroît car les secousses du sanglot peuvent déplacer l'aiguille et lamener à perforer complètement la veine.

Park, très éclectique, considère cependant que les veines superficielles sont d’un abord trop incertain pour y avoir recours. Il préfère la ponction des veines profondes et en particulier de la veine fémorale. C’est là en effet une technique possible grâce au repère fourni par l’artère et surtout si l’on a soin lors de la ponction de monter l’aiguille sur une seringue remplie de sérum dans laquelle le sang reflue dès qu’on a pénétré dans la lumière de la veine. En fait on immobilise difficilement la cuisse et souvent lin- Jection est interrompue par déplacement de Paiguille. Lorsque l’enfant a plus de 18 mois, Park emploie la veine jugulaire externe. Mais toutes les fois où cela lui est possible, il injecte dans le sinus longitudinal supérieur.

La transfusion par voie sinusale est une méthode décrite par Marfan et qui jusqu’à ces derniers temps a été de beaucoup la plus utilisée en France surtout, mais également à l'étranger.

Guéniot et Seguy puis Dezoteux conseillent de faire la ponction aussi postérieure que possible car le sinus va en s’élargissant d’avant en arrière. Ils ont même

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proposé d'emprunter l’angle antérieur de la fontanelle postérieure : celle-ci d’ailleurs n’est guère accessible que durant le premier mois de la vie.

Huber et Abricossof, dans leur mémoire sur « La technique et mode opératoire de la transfusion sanguine chez le nourrisson », décrivent complètement la méthode classique de la T. S. par voie sinusale.

Matériel très simple :

1 ou 2 bonnes aiguilles acier inox 3 cm. de long, 8/10 de diamètre ;

2 seringues 20 cm. ;

1 aig. à prise de sang ord. ;

un verre stérile de 100 cm* ;

de la ouate, teinture d’iode-alcool ;

solution de citrate à 10 (% 1 ampoule.

On devra de plus s'assurer le concours de deux personnes énergiques, étrangères à la famille si possible, pour maintenir solidement l’enfant debout enveloppé dans une couverture.

La prise de sang ayant été faite au donneur et le sang recueilli dans le verre contenant la solution de citrate, on rase la fontanelle antérieure, on iode largement et on injecte le sang au petit malade. Pour ce faire on repère l’angle postérieur de la fontanelle et l’on ponctionne en ce point exactement sur la ligne médiane, d'avant en arrière en pénétrant obliquement de 1/2 à 1 cm. On éprouve en entrant dans le sinus une résistance analogue à celle que l’on obtient en pratiquant une ponction lombaire. L’injection terminée, on retire brusquement

l'aiguille et l’on comprime avec un tampon alcoolisé pour empêcher le sang de refluer par l'orifice.

Withlock Gordon, Blechmann, Mendum Tarr, Helmholz emploient également le sinus longitudinal, mais opèrent sur l’enfant couché.

Cette méthode de transfusion par voie sinusale paraît très séduisante au premier abord et les avantages qu'elle offre ne sont pas négligeables. La facilité et la rapidité de pénétration dans le torrent circulatoire, la simplicité du matériel nécessaire, la possibilité de ponctions ultérieures, sont autant de raisons qui militent en faveur de la méthode. Mais en réalité la pratique en est moins aisée. Tout d’abord ce procédé n’est pas exempt de dangers car c’est un procédé aveugle et il est difficile, lorsque laiguille est dans le sinus, de contrôler si le liquide que l’on injecte passe bien dans le torrent circulatoire ou s’il ne va pas s’épancher dans les espaces méningés. Plusieurs observations témoignent de la fréquence de cet accident et notamment celle de MM. Guéniot et Seguy qui trouvèrent, à l’autopsie d’un de leurs prématurés débiles mort d’ictère grave, un caillot aplati du volume d’une noix qui siégeait entre la dure-mère et l’occipital. Voron et Bransillon rapportent également qu’à l’autopsie d’un nourrisson atteint d’hémorragie grave du tube digestif et décédé malgré la transfusion, ils trouvèrent un hématome extradure-mérien de la grosseur d’une pièce de cinq francs en regard de la perforation du sinus longitudinal. De leur côté, MM. Debré, Lamy et Sée ont constaté

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un accident analogue après une transfusion dans le sinus. Unger, Spohn, Opitz ont observé à la suite de transfusions intra-sinusales, des réactions méningées qui bien que passagères et aseptiques ne sont pas forcément inoffensives chez des enfants atteints d’affections graves et souvent enclins à présenter des phénomènes convulsifs.

Par ailleurs, cette méthode présente d’autres inconvénients : on ne peut pas par cette voie injecter plus de 60 cc. de sang et dans bien des cas cette dose se trouvera insuffisante ; bien souvent aussi on se heurtera à l’opposition des parents que ce mode opératoire effraie. Enfin elle est impraticable chez un sujet de plus de 18 mois.

Il ressort de toutes ces objections que cette méthode est difficile et dangereuse et que nous devons en adopter une autre, peut-être plus compliquée en apparence mais plus avantageuse à certains points de vue et plus inoffensive surtout. Aussi est-ce à l'injection dans les veines du pli du coude préalablement dénudées que nous aurons recours dans la plupart des cas.

Cette technique préconisée par Robertson, Brown et Simpson en 1921, a été mise au point par Lesné et Mlle G. Dreyfus-Sée. Nous reproduisons ici le manuel opératoire indiqué par ces derniers auteurs:

« L’instrumentation comprend un bistouri, une sonde cannelée, une paire de ciseaux très pointus et courbés et du catgut fin. On disposera en outre d’un trocart de petit calibre à extrémité olivaire, lé-

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