‹ La Transfusion Sanguine Dans Le Traitement Des Maladies Du Premier ÂgeChapitre 10 sur 29 · LES VOIES D'ABORD · texte numérisé non relu

LES VOIES D'ABORD

Le choix de la voie à emprunter fait l’objet d’une question encore fort débattue à l’heure actuelle. Nous précisons de suite, en tête de ce chapitre, que nous envisagerons ici la transfusion proprement dite ; c’est-à-dire la transfusion réalisée par voie endoveineuse.

Nous laissons donc de côté les injections intrapéritonéales qui, bien que combattues par certains auteurs (Opitz, Peric) peuvent encore rendre d’excellents services dans des cas particuliers bien précisés d’ailleurs par le Professeur Debré, Semelaigne et Cournand. Nous n’envisagerons pas davantage les injections intra-musculaires et sous-cutanées longtemps défendues par Baumann, mais dont l'efficacité s’est révélée nettement inférieure à celle de la transfusion par voie endoveineuse.

Il n’en demeure pas moins que la ponction veineuse chez un nourrisson constitue un problème bien embarrassant : la multiplicité des méthodes proposées et la complexité de certaines d’entre elles, le prouvent abondamment.

Blechmann a utilisé une technique de ponction des veines épicraniennes qui lui a donné d’excellents résultats. Mais cette technique réclame une grande habileté et une grande pratique, car il faut mettre et maintenir l'enfant dans une position fort incommode et attendre qu’il pleure pour ponctionner d’un seul coup le cuir chevelu et la veine rendue ainsi turgescente. De plus, il faut « se servir d’aiguilles très fines en platine de 1 em. 1/2 de long et 5/10 de millimètre de calibre. Le biseau doit être court et cependant l'aiguille très acérée, sans quoi on perfore inévitablement la veine de part en part ».

D’autres auteurs proposent les veines superficielles du pied ou de la main rendues turgescentes par un garrot sus-jacent et un baïin chaud de 20 à 30°. Mais

on

le reproche à faire à toutes ces méthodes qui s’adressent aux veines superficielles, est qu’il s’agit en général de vaisseaux trop mobiles, trop fragiles et qui éclatent facilement, donnant ainsi naissance à un hématome qui vient interrompre la transfusion.

Forster et Agrelo se servent des veines du corps caverneux : méthode douloureuse et délicate, car il est difficile d’immobiliser le nourrisson et de pénétrer dans le corps caverneux. La résistance que doit offrir normalement l’albuginée n’est pas toujours un repère commode et en injectant en dehors du corps caverneux, on risque de provoquer un important œdème sous-cutané.

Blechmann, Kaliski, ont utilisé la veine jugulaire externe. Blechmann en décrit ainsi la technique :

« L’enfant est couché sur le dos, la nuque repose sur un coussinet de crin et la tête porte à faux, le visage tourné fortement du sens opposé au côté de la veine injectée.

Les deux mains de l’aide appliquées respectivement sur les régions occipitale et frontale tiennent la tête en hyperextension en dégageant le plus possible la région sterno-mastoïdienne, le bord du maxillaire ne formant plus alors qu’une saillie peu gêénante. Aïnsi la jugulaire fait un relief appréciable dans la région latéro-cervicale ; elle devient littéralement turgescente quand l’enfant pleure, si bien qu’on choisira ce moment pour pratiquer la ponction.

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