III. — Les Etats de Dénutrition et de Déshydratation
Dans les états de dénutrition, de débilité congénitale sévère, quelle qu’en soit la cause d’ailleurs — maladie de la mère pendant la gestation, prématurité, gemellité —, la transfusion trouve une indication remarquablement efficace, à condition toutefois d'opérer prudemment par petites injections lentes.
Cependant Spohn, J. Debray considèrent que la transfusion est inutile, voire même offensive chez les prématurés débiles. Certes la transfusion ne constitue pas dans ces cas une médication spécifique ; il n’en demeure pas moins que, faite à temps et prudemment, elle sauve la vie à ces enfants. Elle relève l’état général, éloigne les infections, évite la déshydratation, favorise la tolérance pour la nourriture, donc facilite la réalimentation, augmente la quantité de sang, guérit l’anémie, combat l’hypothermie.
De nombreux auteurs attribuant une vertu nutri-
tive au sang, ont expérimenté la transfusion dans les
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cas d’athrepsie, chez les prématurés débiles, et ont obtenu d'excellents résultats.
Guéniot et Seguy, Carlton, Park, Ledron ont constaté que la transfusion dans les cas graves d’athrepsie réduit la mortalité de 82 à 57 %.
Nous pensons, avec Lesné et G. Dreyfus-Sée, que les résultats peuvent être meilleurs si l’on attend pas la phase d’athrepsie vraie pour intervenir.
La sténose hypertrophique, les vomissements graves du nourrisson avec perte de poids sont une indication formelle de la transfusion.
Audéoud prétend même qu’à elle seule elle exerce parfois une action motrice capable de lever l’obstacle. Nous n’avons jamais eu l’occasion de contrôler ce fait.
Pratiquement nous utilisons la transfusion d’accord avec Park, Lesné, G. Dreyfus-Sée, dans les sténoses hvpertrophiques comme thérapeutique pré-opératoire pour remonter l’état général et augmenter la résistance des nourrissons particulièrement déshydratés ou atrophiques.
Les brûlures étendues si graves chez le nourrisson voient leur pronostic singulièrement amélioré grâce à la transfusion.
Park, Carlton en ont une grande pratique et ils proposent dans ces cas, pour lutter contre la toxémie, une transfusion abondante précédée d’une large exsanguination.
Enfin le choléra infantile, ou mieux le syndrome éoxique cholériforme du nourrisson, constitue une in-
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dication très importante de la transfusion chez le nourrisson.
Robertson, Brown et Simpson les premiers ont obtenu, dans ces cas, d’excellents résultats.
Park, à la Yale University Clinic, a institué un traitement systématique du choléra infantile dont il obtient des résultats excellents et dans lequel il considère la transfusion comme l’élément essentiel. Il pense en effet que la transfusion « donne à l’enfant un liquide qui reste dans son système circulatoire et semble tout à coup rendre l’organisme capable de continuer ses fonctions d’une manière plus normale ; le sang transfusé sans aucun doute rend lenfant capable de retenir Peau dans son corps ».
Il semble difficile, en vérité, de faire la part des bienfaits dus à la transfusion, car elle n’est pas seule en cause. Cependant, il nous semble qu’au moment précis où l’on fait la transfusion, il y a une amélioration nette de l’état général de lenfant : nous avons plusieurs fois constaté le fait.
Tassowatz et Schéegans ont utilisé également avec succès la transfusion dans le traitement du choléra infantile.
MM. R. Debré, Julien Marie, de Font-Réaulx et Mille Jamet utilisent dans ce cas la méthode d’instillation veineuse de Schick et Kareliz qu’ils ont introduite en France, associée à la transfusion. Et c’est surtout dans les cas graves, lorsque l’enfant a présenté plusieurs de ces vomissements brunâtres, sanglants, dont on sait le fâcheux pronostic, qu'ils ont
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remarqué la réelle efficacité de l'association des deux méthodes. Ils commencent par une transfusion sanguine lente et continue de 20 cc. à 30 cc. par kilog après dénudation de la veine du pli du coude, puis ils continuent le traitement par une instillation goutte à goutte de sérum artificiel glucosé et chloruré.
Les résultats qu'ils ont obtenus par ce procédé ont nettement amélioré le pronostic de ces syndromes cholériformes qui comportaient un taux de mortalité si élevé.
Telles sont donc. brièvement résumées. les indications de la transfusion chez le nourrisson et, bien que ce procédé soit loin de représenter la thérapeutique universelle que certains auteurs voient en elle, il nous semble qu'elle est susceptible de rendre les plus grands services dans un grand nombre de maladies du premier âge.