‹ La Transfusion Sanguine Dans Le Traitement Des Maladies Du Premier ÂgeChapitre 6 sur 29 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Bien que Marfan dès 1898 eût décrit la technique de l’abord du sinus longitudinal supérieur, l’on fut encore longtemps avant de pratiquer la transfusion sanguine au nourrisson. On en connaissait cependant les bienfaits chez l'adulte mais la publication de quelques accidents dus à l’ignorance des groupes sanguins (Landsteiner, 1901) et des produits anti-coagulants (Agote, 1914) retarda la vulgarisation de ce procédé thérapeutique. Enfin son extension aux maladies du premier âge fut empêchée surtout par des difficultés d’ordre technique que l’on arriva peu à peu à vaincre.

Toutefois on cite quelques cas de transfusions sanguines faites à des nourrissons ou à de très Jeunes enfants bien avant que la pratique en fût répandue.

En mars 1907, Brewer et Carrel pratiquèrent la première transfusion chez un nourrisson qui présentait des hémorragies graves. Ils effectuèrent cette transfusion en anastomosant la veine poplitée de l’enfant et l’artère radiale du donneur. Le résultat fut

excellent à ce que rapporte Crile (Hemorrhage and Transfusion, 1909).

En 1909, Crile tenta avec succès une transfusion chez un enfant de 4 ans.

En 1913, Lindemann publie une technique de transfusion chez l’enfant à l’aide d’une canule spéciale utilisable pour l'enfant et pour l'adulte à la fois.

La même année Kimpton et Brown inaugurent une transfusion indirecte au moyen de tubes paraffinés.

En 1914, Hustin de Bruxelles, Agote de Buenos- Ayres, Lewisohn de New-York, préconisèrent l’emploi de sang citraté.

Blechmann en France, Helmholz en Amérique, Tobler en Allemagne, vulgarisent la technique de la transfusion dans le sinus longitudinal supérieur.

Mais c’est surtout sous l’influence de Halbertsma en Hollande, de Morawitz et Opitz en Allemagne, que ce procédé thérapeutique fut répandu dans la mesure où il le méritait. Dès lors le principe en est connu et admis et les auteurs s’attachent surtout à perfectionner d’anciennes techniques, à en créer de

nouvelles et à préciser, à étendre certaines indications. C’est ainsi que :

En 1918, en France, Vignes puis plus tard Guéniot ét Seguy tentent avec succès des transfusions par le sinus longitudinal supérieur chez des nourrissons atteints d’hémorragies gastro-intestinales graves.

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Mais il faut arriver en 1923 au mémoire de Robertson, Brown et Simpson pour trouver une statistique importante qui totalise 600 transfusions exécutées chez des nourrissons.

La même année, Ruh et Mac Clelland proposent l’injection intra-péritonéale. Tripier, Arloing, Poncet et Hayem vérifient cette méthode par de nombreuses expériences sur le cobaye et le chien et en reconnaissent le bien-fondé (). Par contre, Opitz et Peric, en Allemagne, ne l’admettent pas et rendent ce procédé responsable d’un cas de péritonite qu’ils eurent à observer après transfusion.

En 1925, J. Debray, après les travaux de Park et de Bruce Robertson, pose le problème de lexsanguination-transfusion et prétend avoir obtenu d’excellents résultats avec cette méthode.

En 1929, Francotte dans son mémoire, étudie le mode d’action de la transfusion dans le premier âge et en précise les indications.

Puis viennent, en 1931, les importants travaux de Krahnlish et Koch qui étudient les résultats de 763 transfusions.

La même année, Lesné et G. Dreyfus-Sée publient un mémoire dans lequel ils précisent certaines indications et mettent au point une excellente technique.

En 1932. Huber et Abricoscof dans une substantielle publication, étudient en détail la technique de

(1) Le Professeur Debré, Semelaigne et A. Cournaud montrent les avantages et les limites de cette méthode qu’ils jugent préférable aux injections intramusculaires.

la transfusion sanguine chez le nourrisson en insistant particulièrement sur les divers modes opératoires.

En 1934, Dezoteux dans sa thèse (Paris) sur les « Transfusions difficiles », envisage en particulier la transfusion chez le nourrisson et développe certains points de technique.

Dans ces deux dernières années, Phelizot, Tassowatz, Schneegans étudient particulièrement les résultats de la transfusion dans les broncho-pneumonies infantiles.

Tout récemment, au Congrès International de la transfusion de 1937, le Professeur Rohmer reprend dans son rapport les résultats heureux que lui et ses élèves ont obtenus dans la broncho-pneumonie du nourrisson. Unger rapporte les résultats qu’il a ob-

tenus avec la transfusion dans la pneumonie des enfants. Van Creveld analyse les effets de « la Transfu-

sion sanguine dans les anémies et dans les états hémorragiques de la première enfance ».

Enfin, à ce même Congrès, M. le Professeur Robert Debré, avec MM. Maurice Lamy et Georges Sée, précise dans son rapport certains points très importants de technique et classe par ordre d’importance les affections du nourrisson susceptibles de bénéficier des effets de la transfusion.

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