CHAPITRE X
Maladies des voies respiratoires.
OBSERVATION I
Affaiblissement de la puissance vocale. — M. X..., baryton, trente ans, a perdu, à la suite de l’influenza, une grande partie de sa voix, si bien que, du mois de février au mois d’octobre 1890, il fut obligé de s’abstenir complètement de chanter.
Du 5 octobre au 15 novembre, je pratiquai, en seize séances, trente-deux injections d'un centimètre cube de suc testiculaire, et depuis lors M. X...fa pu reprendre et tenir brillamment ses rôles. Chaque fois que M. X... doit soumettre sa voix à un effort plus considérable que de coutume, il vient, dans la semaine qui précède la représentation, se faire inoculer quelques centimètres cubes de suc testiculaire et prétend que ce moyen lui réussit infailliblement.
(Extrait de mon livre “ Force et Santé.”)
OBSERVATION IL
Bronchite catarrhale. — M. L... de G... soixante ans, est, depuis dix ans, affligé d'un catarrhe chronique des bronches avec hypersécrétion de mucosités collantes, filantes et glaireuses, assez semblables à des blancs d’œufs crus. L’expulsion de ces crachats nécessite des efforts et des quintes de toux d’une violence telle que M. L... de G..., est souvent obligé de s’asseoir ou de s’appuyer en se tenant la tête pendant toute la quinte.
Le 2 janvier 1891, je fais à M. L... de G... à sa première visite, 3 injections d’un centimètre cube de suc testiculaire; je continue ainsi, deux fois par semaine, jusqu’au 10 avril. En tout vingt-six séances et 78 injections. , Dès le mois de février, M. L... de G... allait beaucoup mieux; à la fin de mars, il ne toussait plus, les sécrétions des bronches étaient normales, et il dormait toute la nuit.
OBSERVATION III
Paris, le 19 décembre 1893.
“ Mon cher docteur,
“ Je viens vous rendre compte de l'usage que “ i'ai fait des ampoules d’orchitine que vous “ m’avez données en octobre dernier.
“ Mon état n’était pas trop mauvais pour mon “ âge (66 ans), mais je ne pouvais marcher sans “ extrême fatigue, sueurs profuses, essouflements; “ je toussais presque constamment et n’osais, “ abominable catarrhcux, aller chez personne.
“ Mes crachoirs de nuit et de jour se remplis- “ saient en un rien de temps, et je sentais bien “ que dans peu de mois je serais cacochyme, “ affalé sur un fauteuil, à ne pouvoir sortir. Adieu “ travail et bien-être. Dès la troisième injection, “ changement notable : plus de sueurs, plus de “ fatigue et j’en suis arrivé à ne plus tousser. “ Les mauvais temps que je redoutais me laissent “ indifférent. Il me semble que j’ai vingt ans “ de moins. Les ampoules terminées, le mieux “ s’est accentué et il se maintient.
“ C’est à la mi-octobre que j’ai commencé “ et nous voilà lin décembre, le mieux-être dure “ depuis sept semaines. Dois-je reprendre le “ traitement ?
Voilà mon compte-rendu fini et je vous envoie “ mes remercîments chaleureux.
“ Votre bien dévoué B. V. Viguier, correcteur “ d’imprimerie, 299, rue de Belleville.”
Exposé de faits nouveaux montrant la puissance du liquide testiculaire pour combattre les effets de la tuberculose pulmonaire. (Communication de Brown-Shquard à la Société de Biologie).
M. le Dr Goizet, a fait récemment une intéressante communication à la Société de Biologie, où il rapporte des faits dont je dirai tout à l’heure quelques mots. Ses recherches ont porté sur le traitement de la tuberculose pulmonaire, à l’aide d’injections de liquide testiculaire. Il leur aurait depuis assez longtemps déjà donné de la publicité s’il n’avait consenti, sur ma de-
mande, à faire auparavant de nouvelles recherches à ce sujet. Sur trois individus atteints de tuberculose pulmonaire au deuxième degré, il avait fait depuis assez longtemps des injections sous-cutanées antiseptiques, et en avait obtenu quelque avantage. Sur mon conseil, au mois de juin dernier, il les soumit à un traitement mixte consistant en injections alternatives de liquide testiculaire et de substances antiseptiques. Après trois semaines de ce traitement chez ces trois individus, la toux avait cessé; les crachats, la fièvre, les sueurs avaient disparu; l’appétit était excellent. Ils reprenaient de la force et de l’embonpoint, et (aujourd’hui, après six mois d’injections, le Dr Goizet les considère tous trois comme guéris. Il semble donc, d'après ces faits, que les symptômes de la phtisie pulmonaire, peuvent disparaître sous l’influence dynamogénique du suc testiculaire.
Dans sa communication à la Société de Biologie (Mémoires, 1890, p. 101), M. Goizet rapporte plusieurs faits remarquables. Le premier de ces faits est celui d’un individu qui allait mourir à la suite de symptômes extrêmement graves, et qui a été rappelé à la vie par des injections sous-cutanées de liquide testiculaire provenant de jeunes cobayes. Il a fallu cependant pour cela vingt-deux séances et cent seize injections. La quatrième observation de l’auteur
a pour objet le cas d’un ataxique avec myélite centrale. Une amélioration considérable a été rapidement obtenue.
Ces faits ne montrent rien de plus que ce que des centaines d’observations ont déjà établi, à savoir que, malgré la persistance plus ou moins complète de certaines lésions organiques, le suc testiculaire peut faire disparaître les effets que ces lésions avaient produits.
III. — Je crois devoir redire ici qu’il faut, dans beaucoup de cas, renouveler les injections tous les deux ou trois jours, ou même tous les jours pendant plusieurs semaines, lorsqu'on veut s’assurer positivement si le liquide testiculaire peut agir favorablement ou non. Ces cas sont ceux où existe une puissante cause de débilité, avec perturbation notable des grandes fonctions organiques.
IV. — Je n’ai qu’une seule conclusion à tirer des faits exposés dans cet article, c’est que, de même que les hommes vigoureux, jeunes et en bonne santé reçoivent, par résorption, des éléments de leur sperme, qui servent à maintenir leur vigueur et leur santé, de même l’injection sous la peau d’un liquide extrait de testicules de mammifères en bonne santé peut, chez l’homme malade, produire deux effets : le premier consistant en un accroissement de forces, le second en
une amélioration ou une guérison d’états morbides variés, grâce à une augmentation de forces des centres nerveux.
Professeur Brown-Séquard, Société de Biologie, 14 décembre 1890.