‹ La transfusion vitaleChapitre 37 sur 46 · ADRESSÉES PAR · texte numérisé non relu

ADRESSÉES PAR

Le Professeur BROWN SÉQUARD

AU

Docteur GOIZET.

(Les originaux sont en la possession de la maison Richter).

Nice, ii décembre 1890.

. . . “ Quant à la question même du traitement de la phtisie, Potain et d’autres médecins ont bien démontré que la tuberculose peut être combattue avec succès quand la vigueur des malades augmente.

C’est un des effets de l’air pur et renouvelé, c’est aussi un des effets du liquide testiculaire.

Etudiez avec soin les phtisiques que vous soignerez : état du poumon, tous les jours, et symptômes généraux. Il faut la preuve de l’existence du Ier ou du 2me degré de la tuberculose pulmonaire : il faut conséquemment les détails de ce que la percussion, l’auscultation, etc., vous donnent. Il le faut pour chaque jour pendant des mois.

Nice, 13 décembre 1890.

. . . P. S. — C’est par le système nerveux dynamogénié que le liquide testiculaire guérit la phtisie.

Nice , 15 décembre 1890.

... Je suis très aise que vous ayez de nouveaux malades. Etudiez-les avec soin (signes sthétoscopiqueset autres au thorax, signes généraux, pouls au smygmographe de Marcy, chaleur animale, poids, etc.) Ce n’est pas un jeu, c’est beaucoup de très sérieuse besogne . . .

Nice, 20 décembre 1890.

. . . “ Le Temps” d’avant-hier soir vous a donné quelques détails sur le travail d’Ouspenski. J’espère que vous n’allez pas vous laisser précéder par des médecins de Paris à l'égard du traitement — non de la Phtisie — mais des phtisiques affaiblis ou enfiévrés, à l’aide des injections que vous savez si bien faire. Vous savez que

Mairet a montré que la température du corps d’un injecté s’élève si elle était audessous de la moyenne et s’abaisse si elle était au-dessus. C’est ce qui a été vu par d’autres aussi. Ouspenski ne paraît pas avoir eu connaissance de ces faits. Je vous engage à étudier avec soin la température des phtisiques avant et après les injections.

Nice, 20 décembre 1890.

Ce qui importe avant tout, c’est de recueillir dans tous leurs détails l’histoire clinique des malades que vous soignez.

Il faut faire connaître, par le menu, ce qu’a été le malade avant le traitement et surtout tout ce que l’on peut constater le jour môme où il va commencer. Ce jourlà il faut noter dans les plus grands détails les signes thoraciques, la température, la circulation, les sueurs nocturnes, l’état des fonctions des organes génitaux (mâle ou femelle), la force au dynamomètre, la faculté de marcher longtemps ou peu, les fonctions digestives, le sommeil et le reste.

Si vous pouvez trouver aisément les bacilles de Koch il faut examiner les crachats ; sinon il faut que quelqu’un les examine pour vous.

Après la 1ère injection et les subséquentes il faut tout examiner encore, plus rapidement, sans doute, mais sans négligence aucune.

Le nombre des malades est bien moins important que ce que je viens de dire.

Nice, 24 décembre 1890.

Vous apprendrez avec plaisir que la fille de Mr. R . . . pour laquelle on vous a consulté, est maintenant hors de danger. Elle allait mourir. Une 1ère injection faite, il y a six jours, l’a sauvée. Elle en a eu quatre et elle se promènedans son jardin où elle n’avait pu aller depuis longtemps. D’Arsonval avait envoyé un flacon de liquide testiculaire antiseptisé par de l’acide borique. Je viens de voir Mr.

R ... il est tout aussi heureux qu’étonné.

D . . . qui a fait les piqûres (à son corps défendant) est dans le plus grand étonnement qu’il ait eu de sa vie. D’Arsonval a un nouveau filtre qui ne réclame qu’une heure et il produit un liquide qui se conserve huit jours ou tout au moins six.

Nice , 26 décembre 1890.

Je vous félicite du nouveau succès que vous avez eu. Il faut en avoir d’autres. Dès que vous aurez quelques observations importantes vous ferez bien de les communiquer à la Société de Biologie. Vous donneriez en outre des faits nouveaux quelques détails sur vos trois malades de juin.

La malade de D ... à Cannes continue à gagner des forces.

Nice , 26-27 décembre 1890.

J’ai essayé beaucoup d antiseptiques et j'ai invariablement trouvé que la puissance

du liquide testiculaire était diminuée par leur emploi. C’est sur moi-même que ces essais ont été faits et l’injection était faite dans le rectum. Deux importants antiseptiques : l’acide borique et l’acide salicylique n’avaient pas été essayés par moi. D’Arsonval a essayé l’acide borique qui n’altère en rien l’odeur et la transparence du fluide. L’essai qui vient d’être fait par D . . . montre que l’acide borique ne diminue en rien la puissance du liquide. Il est probable que la malade que D . . . devait m’amener est la fille de Mr. R . . . que j’ai vu avant-hier et dont je vous ai parlé. D . . . s’est chargé — avec bien de la répugnance — de faire les injections. J’aurais refusé de les faire si on m’avait amené la malade, qui, du reste, n’était pas en état de venir à Nice et ne pouvait même quitter ni sa chambre ni son lit lorsqu’on lui a fait la ière injection.

Il est probable que d’Arsonval organise un service de préparation du liquide testiculaire, maintenant qu’il a trouvé le

moyen de faire passer en quatre minutes (au lieu de six ou huit heures) tout le liquide obtenu de deux testicules, à travers un filtre Pasteur. Cettte découverte de D'Arsonval va rendre extrêmement facile la préparation du liquide à employer en injections sous-cutanées.

Jai fait et je continue des expériences sur la conservation du liquide. Les injections sont supportées sans troubles locaux ou généraux pendant longtemps grâce à l’addition d’une quantité extrêmement minime d’acide borique. Il n’en est pas ainsi à l’aide d’autres antiseptiques.

Nice, 28 décembre 1890.

... La fille de M. R . . . qui a des cavernes, a pu, étant mourante, montrer les miraculeux effets qui m’ont été signalés. Vos malades ne pouvaient pas le faire, n’étant pas assez bas. C’est incontestablement la règle d’après tous les faits d’Uspensky que le retour vers la santé est lent.

Il est tout naturel qu’il en soit ainsi, si nous considérons que le poumon est atteint organiquement. Mais lorsque la faiblesse est à un degré excessif elle peut disparaître presque soudainement, sans que les symptômes se soient amendés.

Nice, 23 mars 1891.

. . . Des quatre ou cinq médecins de Paris qui font des essais dans les hôpitaux maintenant, pas un seul n’y a mis beaucoup de zèle et deux ou trois, je le crains, y ont mis . . . autre chose. Il n’en a pas été de rqême à Lille où le Dr Lemoine a obtenu des effets remarquables dans quatre cas de tuberculose pulmonaire.

Page 1