‹ La Transhumance pyrénéenne et la circulation des troupeaux dans les plaines de GascogneChapitre 16 sur 83 · Voir ci-dessous, p · texte numérisé non relu

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à Luz, à Nestalas et ailleurs, pour affermer les herbes d’un certain nombre de montagnes. Ils obtiennent, pour trois ans, la location des montagnes d’Aigue-cluse, de Ponto (ou Pountou) et d'Escoubouc. L’entente conclue, ce sont encore les jurats de Pontacq qui

. . LU enrôlent les animaux transhumants et les accompagnent jusqu aux pâturages *”.

2° Le bétail pouvait également être introduit par les usagers. Ici les modes d'admission étaient plus variés.

L'ancienne économie pastorale pratiquait le contrat de gazaille, qui n’était autre que le baïl à cheptel. Un propriétaire de la plaine, ayant du bétail ou de l’argent à placer, confiait des animaux à un paysan des régions hautes, usager des montagnes, qui se charseait de les nourrir, de les soigner et de les introduire en été sur les montagnes avec son propre bétail et dans les mêmes conditions. Les profits (laine, croît, lait, etc...) étaient partagés par moitié. La gazaille est mentionnée dans les Fors de Béarn. « Que tout homme qui aura bétail à gazaille puisse faire paître sur sa commune, dit-il, et de là, jusqu’à la troisième commune *. » Le Coutumier de Laruns. en Ossau, rédigé en 1587, contient une rubrique spéciale des gazailles *. Il autorise les habitants les moins fortunés (ayant moins de six chevaux, douze vaches, cinquante brebis et autant de chèvres), à prendre en gazaille « des animaux de tout poil, sauf porcq et truve ». Il oblige le bailleur et le preneur à déclarer leur contrat devant les jurats, sur la place commune, dans le terme d’un mois après la passation de l'acte. Le propriétaire, de son côté, prenait ses précautions. Le contrat de gazaille fixait d'ordinaire le prix des animaux. Et leur valeur était garantie, « sous hypothèque et obligation especialle », dit un de ces documents, par la personne et les biens, meubles où immeubles, du preneur qui répondait vis-à-vis du bailleur (qazailhaà, en béarnais). Le bail est fréquemment conclu pour trois ans, de Toussaint à Toussaint qui est le terme de l'été.

Par ces contrats, les montagnes accueillaient chaque année un certain nombre d'animaux de la plaine. Des documents d’archives, des registres de notaires nous en fournissent de fréquents exemples. Entre 1620 et 1635, un habitant de Lourdes, Simon Puyo, « bourgeois et marchand », donnait en gazaille à des paysans des envi-

30. 1614. Cité par G. Baurein. Histoire du travail à Pontacq (Revue historique et archéologique du Béarn et du Pays basque, 1912, p. 321-322).

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