‹ La Transhumance pyrénéenne et la circulation des troupeaux dans les plaines de GascogneChapitre 19 sur 83 · F. Marsan, 46, p · texte numérisé non relu

F. Marsan, 46, p

36. For de Morlaàs, rubr. 66 M. Arbos décrit sous le nom de commande un régime Fe bail à cheptel pratiqué au moyen âge dans les Alpes, qui ressemble beaucoup à celui de la gazaille (p. 163).

forts coteaux et de petites plaines, hauts de 300 à 800 mètres, qui s’allonge au pied de la chaîne jusqu'aux abords des « rivières » béarnaises et bigourdanes, et à quelques communes plus éloignées. C'est la partie occidentale de ce domaine qui fournissait les plus nombreux. On les appelait en montagne les « béarnais », et, sous ce nom, ils pacageaient un peu partout sur les hauteurs qui dominent le Gave de Pau, le Bastan et l’Adour. Il y en avait à Avyguecluse, à Pountou et à Escoubouc, sur les versants au Nord du Néouvieille. Il y en avait au pic du Midi, où Ramond, dans un tableau à sa manière, à la fois apprêté et pittoresque, les montre en conflit avec les bergers indigènes *. Chausenque, moins littéraire mais plus précis, compte « plus de 3.000 bêtes à laine, quantité de vaches, de juments et de chèvres » sur les pâturages du Lisev, au-dessus de Cauterets. À Estaubé, dont la partie orientale est Iouée aux Béarnais, il compte trois grandes ramades, des vaches et des joments sans nombre, « errant sur l’immense tapis vert » du cirque *. Très certainement, une partie de ces troupeaux « béarnais » venaient de régions assez voisines. Aujourd'hui encore, le montagnard baréceois emploie indifféremment les noms de béarnais et de labédanais pour désigner les troupeaux venus du plat pays. Mais c’étaient les communautés béarnaises qui fournissaient les plus nombreux. Si l’on pouvait, à ce sujet, avoir un doute, la lecture de Chausenque, qui est un observateur fort exact, suffirait à l’écarter. Les brebis qu'il voit pacager sur la montagne du Lisev sont, dit-il, d’une très belle race particulière aux montagnes du Béarn. Elles sont de grande taille et portent une toison très longue. Et il décrit le berger installé dans son coueylà, occupé à traire ses bêtes et à préparer son fromage. Ainsi procédaient, sur leurs estives, les montagnards de Barétous, d’Aspe et d'Ossau.

Les vallées espagnoles fournissaient aussi leur part de transhumants. Ceux-1à séjournaient sur les montagnes du versant français tantôt comme usagers, tantôt comme locataires d’herbages.

C'est à titre d'usagers qu'ils venaient, avant franchi les crêtes séparatives, pacager sur les montagnes du Béarn et de la Bigorre. Mais leurs envahissements annuels ne se justifiaient le plus souvent d'aucun titre. Les Français, de leur côté, empiétaient, par endroits, sur le territoire espagnol. Ces invasions étaient considérées comme des actes d'hostilité et provoquaient, de la part des communautés lésées, des représailles dont les moins violentes étaient

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