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la saisie du bétail et le pillage des cabanes. Le plus souvent, les bergers en venaient aux mains. C'est ainsi qu'on batailla pendant des siècles entre Béarnais de Barétous et Navarrais de Roncal pour les’ herbages ‘et les fontaines de la montagne d’Arlas ; entre Aspe et Anço, en Aragon, pour la montagne de Lacuarde ; entre Saint-
Savin. et Panticosa pour les herbages du Marcadau : entre Barèges et Broto pour la jouissance des vastes pelouses d'Aussoue.
. Pour atténuer les effets de ces conflits, les communautés intéressées recouraient, par intervalles, à des arbitrages èt concluaient des accords qui fixaient les limites des territoires contestés et les conditions suivant lesquelles les troupeaux en pourraient user. C'est dans la conclusion de ces pactes qu’il faut voir l’origine de quelques-uns des traités de lies et de passeries, notamment des accords de Barétous avec Roncal (1375), de Saint-Savin avec Panticosa (1314 et 1653) et surtout de Barèges avec Broto (1390). Mais ce n'étaient là que des règlements provisoires. Un jour ou l’autre la guerre recommençait. Entre les gens de Barèges et ceux de Broto, sauf peut-être au cours des cent soixante années qui suivirent la paix de 15390, et en dépit de renouvellements répétés (1575, 1624, 1712), on ne réussit jamais à s'entendre complètement. Jamais, même au temps où ils paraissaient renoncer à en user seuls, les Barégeois ne reconnurent à leurs voisins la propriété de la montagne d’Aussoue. Et il en fut de même ailleurs. La guerre de frontières se prolongea jusqu’au seuil de notre époque. Le souvenir ‘en était toujours vivant au temps où Ramond parcourait les mon- Æagnes ‘de la Bigorre *”. Il n’est pas encore complètement effacé. Les! prétentions des Espagnols sur les pâturages de la frontière restèrent une cause d’éternelles discordes.
Il n’en était pas de même quand leurs bergers se présentaient pacifiquement et s’adressaient aux communautés pour leur acheter des herbages.. Dans ce cas, ils étaient fort bien accueillis et n'avaient
pas de peine à trouver des montagnes, — toujours à peu près les mêmes, — qu'ils louaient à l’amiable ou comme adjudicataires.
A Barèges, ils. avaient à s'entendre avec les différents vicqs de la vallée‘, quand ce n’était pas avec l’assemblée des consuls. À Saint-Savin, ils traitaient, conjointement, avec l'abbé et la communauté des voisins “’; en Aure, avec les communes pour les montagnes dont elles disposaient respectivement. De quelque facon que