Ramond, 50, p
40. Sentences de 1319 et de 1414 (Bourdette 9, II, p. 181, 183, 185). 41 Statutz de la Rivière de Saint-Savin (Souvenir de la Bigorre, TT, p- 471).
l’on négociât, les accords s’effectuaient en toute liberté, par le consentement mutuel des parties, et on les respectait scrupuleusement. C'était l’objet le plus essentiel des traités de passeries que d'en garantir la stricte observation, même en temps de guerre entre les deux Etats souverains **.
Ainsi, chaque été, aux jours où les herbages du versant méridional, surtout ceux de l’Aragon et de la Catalogne, se trouvaient appauvris par la sécheresse et le dur soleil de l'Espagne, le versant français, resté plus verdoyant, voyait apparaître les ramades espagnoles, leurs mulets lourdement chargés et leurs bergers sauvages. En Aspe et en Ossau, ils ne dépassaient guère la frontière. Dans la vallée de Cauterets, à Barèges, ils s’avançaient assez loin en territoire français. [ls venaient pacager sur la rive droite du Gave, à Troumouse et même à Coumélie, au-dessus de Gèdre. Sur la rive gauche, ils pénétraient, au Nord du vallon d’Aussoue, jusqu'à Litouèse, Cestrède et Antarrouye “; jusqu'à l'Ardiden et au delà, comme le révèle l'appellation de Pourtère de l'Espagnol donnée à un passage de la haute chaîne .qui sépare Luz de Cauterets. Dans la vallée d’Aure, ils fréquentaient tous les ports de la frontière et les vallons qui en descendent, de la Géla au Rioumajou... Ces parcours se sont maintenus juqu'au seuil de notre époque. Ramond, visitant le cirque de Troumouse, y constate la présence de cinq mille moutons espagnols. Ce spectacle lui inspire un abondant commentaire sur Ha « misérable industrie » qui consiste à affermer les montagnes au lieu de les mettre en culture “*. Chausenque observe que les Espagnols louent des pâturages dans la partie haute de la vallée de Lutour, qu'ils gagnent, avec leurs troupeaux et même leurs mulets par les passages les plus difficiles *.
De ces visites annuelles des troupeaux espagnols, les communautés françaises n'avaient pas à se plaindre. Du moment que le berger payait les herbes le prix convenu, respectait les conventions, se tenait dans les limites assignées et ne s’écartait pas des chemins qu'on lui avait prescrits, tout se passait pacifiquement. La lecture de plus d’un document prouve que la présence des troupeaux étrangers sur le territoire d’un village de la montagne était
42, Voyez, notamment, les deux grandes passeries de 1513 (plan d’Arrem) entre les vallées frontalières des Pyrénées centrales, et de 1514 entre celles du Béarn et de l’Aragon ; le traité d’Aure-Bielsa (1598), etc. . H. Cavaillès, 18.
43. Sentence de 1414 (Bourdette, 9, IT, p. 183-185). 44. Ramond, 514, p. 253-256.