‹ La Transhumance pyrénéenne et la circulation des troupeaux dans les plaines de GascogneChapitre 42 sur 83 · Archives historiques de la Gironde, t. XXVI, p · texte numérisé non relu

Archives historiques de la Gironde, t. XXVI, p

sur une clause de 1550, stipuler en 1746 qu'il conservera le droit de recevoir dans les padouens et vacants les étrangers qui pourraient se présenter, et celui d'en « retirer les émoluments * ».

Il v avait donc, du Nord au Sud de la lande, des différences très appréciables dans les conditions où le bétail transhumant pouvait être admis à pacager. Toutefois ces différences avaient, pour ses conducteurs, peu d'importance. Qu'ils eussent affaire aux communautés directement ou aux seigneurs, ils disposaient des mêmes terrains de parcours, ouverts et libres en toute saison, et jouissaient des mêmes libertés. Ces libertés, ils les exerçaient à peu près sans contrainte. Bien plus, ils les considéraient comme de véritables droits. Dans un Mémoire * des plus curieux adressé en 1748 à Tournv, intendant de Guienne, les pasteurs de la vallée d'Ossau protestent. contre les clôtures et les défrichements effectués par les habitants sur la lande de Maillas et de Captieux, défrichements dans lesquels ils voyaient de véritables usurpations. Et ils ajoutent: « Les suppliants ne finiroient jamais s'ils vouloient rapporter tous les titres qui justifient leurs droits * dans toutes les landes. »

En réalité les titres dont ils se prévalaient, ils eussent été fort empêchés de les présenter. Ts en conviennent implicitement quand ils concluent prudemment : « Il suffit de dire que de tous les tems ils ont mené leurs troupeaux {sur la lande}, et qu'ils sont à ce sujet dans une possession immémoriale. » Ces derniers termes définissent beaucoup plus exactement la nature et l’origine des libertés dont les PBéarnais pouvaient s’autoriser. Ils jouissaient d’un usage, d'une tradition ou, comme ils disaient, d’une possession. Et cette possession paraît avoir été extrêmement ancienne. Mais de litres positifs, résultant de concessions seigneuriales où d'accords écrits avec des communautés, ils n’en avaient nulle part, pas plus sur les landes gœasconnes que sur leur domaine béarnais du Pontlong. Nous rontrerons plus loin qu'ils ont bénéficié de la protection des pouvoirs publics, à eux garantie dans leurs parcours et dans certains gîtes d’étanes, Mais les avantages qu'ils en retiraient avaient beaucoup plus le caractère d'une sauvegarde générale contre les violences et les exactions des particuliers que d’un droit d’exploitation sur leurs herbages. Sur ces herbacwes, leurs titres reposaient sur l'usage, non sur des droits positifs.

LES . , x , C'est dans ce domaine, et en s’adaptant à ces conditions, que se

22. Delage. Droits d'usage dans la forêt de La Teste (cité par Harlé, 85). 23. Archives de la Gironde C. 3221,

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