Segquense
2%. Archives de la Vallée d'Ossau. Registre des délibérations de la Jurade, (29 décembre 1763) BB 7, p. 142.
ment défendue par les Ossalois, était pour leurs troupeaux soit un séjour permanent, soit une station dans leur cheminement d'aller et de retour, quand leur parcours s’allongeait vers le Nord. D'autres stations se succédaient sur ces mêmes pistes. «... Ils ont droit de coupe, paccage, gîte, abreuvoir pour leurs bestiaux, de toute espèce, et logement de leurs pasteurs sur les terroirs de Sendets, celui du prieuré de Sainte-Foy-de-Morlaàs, le terroir de Momas qui est entre le ruisseau du Luy et celui de Loeit, et dans une partie des terroirs de Buros et d’Andoins *. »
Au-delà de Dax, de Mont-de-Marsan et d’Aire, les troupeaux poursuivaient leur route à travers les plaines gasconnes. Mais, ici, il se faisait une sorte de discrimination. Le Mémoire adressé en 1748 à Tourny par les habitants de la vallée d'Ossau affirme que les troupeaux ossalois pacageaient seuls « dans les landes de Maillas, Captieux, Luxey, Lenquoac, Rechous, Lugot et Bergonce ; la vallée d’Aspe et celle de Bareytous occupaient plus vers le couchant les landes de Sabre, Pissos, Balahade, Sore, Balisac et autres voisines: le reste des landes jusqu'à la mer était occupé par les pasteurs basques * ».
Mais cette répartition du troupeau paraît avoir été toute conventionnelle, Ce n'était pas la situation géographique des terrains de pâture qui déterminait le partage des troupeaux. C'était leur composition : il y avait une route des brebis et une route des vaches.
1° - Les brebis.
Les brebis, qu'elles vinssent d'Ossau, par Pau et Aire ; d’Aspe et de Barétous, par Oloron, Orthez et Mont-de-Marsan, appuyaient toutes vers le Nord-Est et cheminaient par la lisière de la grande lande. Une requête adressée en 1762 à Mgr. de Boutin, intendant de Guienne, par un berger de la vallée d'Aspe, en donne très exactement la raison, Les brebis béarnaises, « par l'habitude où elles sont de meilleures herbes, ne sauraient pacager dans la lande » dont peut se contenter « l’espèce des brebis des landes », race plus chétive et moins exigeante *”. TU leur fallait des pâtures plus riches et des terres plus sèches. Ces pâtures, elles les trouvaient dans les propriétés et les champs dépouillés par l'hiver, dans les vignes, les prairies et les « rivières ». Elles v pacageaient moyennant un
27. Déclaration de la Vallée d'Ossau (1760), art. 40. (Archives des Basses-Pyrénées, C C 56). 28. Arch. de la Gironde, C 3221.