‹ La Transylvanie et ses habitantsChapitre 16 sur 39 · II · texte numérisé non relu

II

avaient fait peu de sièges eo règle, parce qu'ils ignoraient l'art de la guerre. Le marquis Désalleurs » lieutenant géuéral des armées de Louis XIVj traversa la Turquie 5 et leur amena des ingénieurs français. L'un d'eux^ appelé Damoiseau^ fut chargé du siège de Megyes, que défendait une bonne garnison allemande. H établit ses batteries convenablement; mais , Forgds les ayant changées, contre son avis , le siège traîna en longueur. Après quelques assauts manques , la ville capitula. Ràkôtzi put alors tourner toutes ses forces contre Rabutin, général des impériaux » qu'il tenait étroitement bloqué dans Hermannstadt.

Aujourd'hui les murailles de Megyes entourent un espace beaucoup trop grand, car la population a diminué: on n'y compte que cinq mille habitants Toutes les villes saxonnes ont le même aspect : une enceinte crénelée, quelques vieilles églises, et peu de monde. Je crois que les Saxons ont tort de se plaindre du décroissèment continuel de la population des villes: car, en masse, la nation ne diminue pas. Il faut donc que les habitants se répandent dans les villages, lesquels en effet s'agrandissent tous les jours. La cause de cette fluc* tuation est heureuse. Autrefois le paysan n'avait de sécurité que derrière d'épaisses murailles, et il se faisait citadin quand les murs de son église ne suffisaient pas à contenir toutes les familles. Aujourd'hui il est aussi tranquille dans sa maison ouverte ; ily rcfite, et fait bien.

Notez en outre qu'il s'opère^ au bénéfice de Gronstadt, une centralisation rapide.

Un village voisin , nommé Bendorf, me fournit un exemple des calamités qui frappaient jadis la population des campagnes. Il fut si souvent saccagé par les Tatars au ]7« siècle 9 qu'en 1653 il ne s'y trouvait plus qu'un seul habitant. Quand celui-ci fut mon, les paysans des environs portèrent aux magistrats du siège la cloche de l'église et les vases sacrés, que Ton conserva en attendant des jours meilleurs.

Bendorf est aujourd'hui un village de huit cents âmes.

Page 1