C. MICHAEL TELEKl de SZÉK
t ZBRNYEST, MDCLXXXX.
vaicTôkdli. Enrôlé dans les troupes des mécontents» il revenait pour se venger de son mattre. Teleki était déjà entouré et blessé quand il le vit accourir. Il avait refusé de se rendre aux Turcs; mais, affaibli par la perte de son sang, il ne se défendait plus qu'avec peine. Lorsque Szdntô s'approcha, il crut qu'il venait le sauver, et il eut encore la force de rappeler à lui : c Szdnt6 , mon enfant I » s'écria-t-il. Mais le traître leva le sabre, et lui porta à la gorge un dernier coup, qui le renversa de cheval.
Le marquis Doria , qui commandait la cavalerie impériale, fut pris. Le général Heussler fut fait aussi prisonnier par un Tatar, qui, sans le connaître, le céda pour deux cents ducats à Tôk5li. Le Tatar avait vendu l'homme, mais non le cheval. Il Gt quitter sa monture au prisonnier en lui donnant un coup de fouet sur la tête, et s'écria : poposlas^ c'est-à-dire c homme libre ». Tôkoli aida le général à se relever, c Captas es, domine Heussler, lui dit-il. — Hodie tnihi, cras tibi, domine cornes Tôkoli », repartit T Allemand.
Le lendemain de la bataille, Tdkôli, ennemi juré du généralissime , fit rechercher son corps. Mais il était déjà dépouillé par les Tatars, et il avait reçu tant de blessures au visage, qu'on fut long-temps sans pouvoir le retrouver. A la fin un prisonnier le reconnut, en passant les doigts dans sa bouche, à ce qu'il n'avait plus de dents. Tok&Ji fit laver le corps, et l'envoya , re-
vêtu de son propre linge , à la veuve de Teleki , Judith Vér. C'était agir en ennemi généreux. Les Saxons^ au contraire 9 se couvrirent de honte en injuriant le mort quand il traversa leurs villages.