‹ La traversée de l'AfriqueChapitre 36 sur 106 · PA · texte numérisé non relu

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Ces caravanes ne desservaient pas seulement le territoire de Moassi, mais aussi celui de Mpéséni et de Jumbé.

Depuis longtemps déjà ce dernier était l'alhé des Anglais, auxquels 1l avait fait sa soumission, et pourtant il trafñiquait encore à outrance; seulement, au lieu d'envoyer ses esclaves par la voie du Nya désormais barrée par la civilisation, 1l les expédiait aux confins du pays de Moassi, où les caravanes arabes passaient à des époques fixes. Ne voyant plus de convois d'esclaves du côté du lac, le gou vernement du Nyassaland était persuadé que la traite avait disparu dans la région placée sous le protectorat anglais, alors qu'au contraire elle faisait rage dans l'intérieur du pays, comme je men suis assuré par MmOI-même.

Ce que j'ai constaté en 1891 dans la Maravie, en 1805 chez Mpéséni et Moassi, Je l'ai retrouvé en 1806 au Bangouéolo, en 1897 au La nganyika : partout la traite bre, presque au gr. | jou: r

Je reconnais que les A | en s'emparant pays, ont fait tous leurs efforts pour entrave ce commerce infâme. Mais ils se trompent ou nous trompent quand ils prétendent l'avoir arrêté. Affirmer que l’on a aboli le commerce des esc l'on a rendu à la liberté des captifs enlevés aux esclavagistes, cela fait bien en Europe ; on réjouit

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quelques bonnes âmes de philanthropes en chambre. Mais quand on a vécu, comme moi, dans la brousse pendant des années, en entretenant des relations aussi bonnes avec les Arabes qu'avec les indigènes, on ne peut lire sans sourire de pareils appels à la

popularité. De tous les peuples européens, le peuple anglais est celui qui déteste le plus co le

nègre ; il est négropl hobe dans l'âme, et, loin de vouloir protéger la race noire, s’il pouvait impunément l’'anéantir, Ê le ferait avec joie. Les Livres Bleus ont be: iaque année, détailler les résultats sur- ‘ee nu par les autorités locales dans la suppression de la traite au Nyassaland, celle-ci na fait que changer de quartier . le courant a rencontré un obstacle et s’est simplement détourné de son cours habituel.

En 1806, lors de mon retour au Barotsé, j'ai encore rencontré et photographié des convois d’es-

le chemin du Bangouéolo; j'ai causé Arabes aui les conduisaient, je leur ai même racheté des captifs que jai rapatriés moi même plus tard. Ils s’en allaient tout tranquillement ers Zanzibar; or, pour Sy rendre, il leur fallait

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Ke J passer soit par le lac Nyassa, soit par le plateau Dos eve et ils passaient bel et bien.

J'ai déjà donné mon opinion sur l'esclavage chez les peuples africains (1); Je réprouve la razzia, cestà-dire la façon barbare dont on s'empare de ces malheureux, dont on les arrache à leur pays, à leurs

les. Cette partie aiguë de l'opération accomplie gt

t la douleur passée, ils ne se FRE nt plus eux-

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mêmes, attendu qu'au bout de uit jours ils ont oublié père, mère, mari, femme ou enfants, et 1ls ont adopté leur position avec l'inso: uciance la plus parfaite. Les souffrances du voyage une fois surmontées, ils deviennent heureux et tranquilles, étant bien nourris, bien vêtus par un maître qui les soigne et qui finit par les considérer comme ses enfants.

Le moral du noir est si différent du nôtre que nous

\(1) Le Dahomey, Pp. 207.

PERS ART A PT DO EE DU VEN NE NME F RUE x | LU UE DU ZAMBEZE AU CONGO FRANÇAIS 8 À ne ouvons mparer ses sens. tions Y celles aue (f 1 P CO 7. r SES SÉNSAlIONS da CEÈLES QUE |

nous éprouverloi ns si nous étions dans sa position ; |

tel homme de chez nous qu'on arracherait brusque-

ment à son foyer, à sa famill prendre qu'il ne verra plus jamais les siens 1c1-bas,

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ou se briserait la tête contre une pierre, ou mour- (14 rait de chagrin. Le noir, lui, ne mourra que de faim si son nouveau

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mais qu'on le nourrisse bien, il ne tardera pas à re- | fi EE

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