‹ La traversée de l'AfriqueChapitre 35 sur 106 · LE · texte numérisé non relu

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des Girafes. Le fleuve a ici environ 400 mètres de large ; en aval, au dire des indigènes, il existe des rapides qui barrent la navigation.

La rareté des pirogues du pays, jointe à la lenteur des indigènes, nous oblige à mettre trois jours pour passer le fleuve. Sur la rive droite, J'ai été surpris du changement de décor : paysage, environs, couleur du terrain, flore et faune (ceci, je l'ai constaté après), tout est différent; il est étrange qu'un grand fleuve puisse marquer sur une région une hgne de démarcation aussi nette, un contraste aussi frappant entre les aspects du règne végétal ou animal. C’est aussi le cas du Zambèze, dont les deux rives diffèrent essentiellement entre elles : ni les mêmes paysages ni les mêmes animaux. On comprend que les espèces animales soient maintenues séparées par ces grandes voies fluviales qui offrent a la plupart d'entre elles un obstacle infranchissable; mais on s'explique plus difficilement le changement de caractère des pays séparés par ces cours d'eau; cette dissemblance est pourtant manifeste.

Les bords immédiats de l’Aroangoua sont peu peuplés ; lors de notre arrivée, les quelques habitants de la localité étaient occupés à leurs cultures, car novembre est le moment des semailles. Ils refusèrent de tenter à ce moment un voyage vers le Bangouéolo à cause des marécages nombreux que les pluies allaient produire : d’après eux, le meilleur moment était la #ass1ca, c'est-à-dire la fin des pluies ou saison du sorgho, qui équivaut à notre mois de juin.

Je remontai vers le nord. Partout la même réponse. Ces gens avaient d’ailleurs cent fois raison, puisque, même en juin, comme Je le vis plus tard, le pays est encore impraticable. Je me décidai, en

conséquence, à repasser l'Aroangoua afin de visiter le territoire de Mpéséni, situé à l'est.

Sur ces entrefaites, les pluies avaient commencé et je fis quelques chasses fructueuses à l'éléphant avant de quitter le Barotsé (c'est le nom du pays qui se trouve sur la rive droite de l’Aroangoua) ; Jy vis une faune très intéressante, entre autres des cirafes dont je parvins à tuer une. Me promettant de revenir au mois de mai de l’année suivante pour allonger et compléter cette exploration, je traversai ensuite le pays de Mpéséni, qui n'offre aucun caractère bien saillant; les habitants, au contraire, sont assez curieux et ne ressemblent que sous peu de re t« tes du territoire, selon la configuration du pays, très agglomérée ou très disséminée ; les plaines

\pports aux peuplades que nous avons déjà visiées. La population de Mpéséni est, selon les par-

sont habitées de préférence, à cause des pâturages qu’elles offrent au bétail, dont l'élevage est une des caractéristiques du pays; en revanche, la partie accidentée, couverte de brousse épaisse où abonde la tsétsé, est presque déserte.

J'ai déjà dit que l’origine des premiers habitants du pays était zouloue (1). Mais, au lieu d’être venus du nord, comme je l'avais cru d’abord, il paraîtrait qu'ils sont au contraire arrivés du sud, chassés par des dissensions et des guerres intestines. Cette version est très admissible, étant donné qu'une foule de peuples zoulous se sont échelonnés sur le parcours du Zoulouland au Zambèze, tels les Macalacas, les Gaças, les Matabélés, les gens de Matékénia sur le haut fleuve, enfin les Angonis.

(1) Du Cap au lac N'yassa, P. 113.

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À la suite de l'émigration, les premiers occupants se sont répandus dans toute la région ouest du lac Nyassa, et plus tard, avec les premières populations, qui étaient, selon toute apparence, des Magandias et des Sengas, ils ont formé les royaumes de Mpésém, Tchikoussi et Moassi.

La race est celle des Angonis, comme on appelaît autrefois tous les peuples d’origine zouloue, éleveurs de bétail, armés de sagaies et de boucliers. Les Portugais les désignent sous le nom uniforme de Landins. Peu à peu ils se sont séparés, et ils forment aujourd’hui plusieurs tribus : les gens de Tchikoussi, qui ont seuls conservé le nom primitif d’Angonis, ceux de Mpéséni, auxquels nous laisserons, faute de mieux, le surnom de Mafsitis, que leur ont donné les peuples qu'ils oppriment; enfin les tribus de Moassi, qui portent, selon les endroits, la désignation d'Angonis, d’Atongas, de Tchinyassas, d'Ouanyikas, etc. Tous ces noirs ont les mêmes mœurs.

Ne nous occupons pour le moment que des Mafsitis, dont nous parcourons le territoire. Bien que la race ait dégénéré par suite de mélanges, bien que la langue zouloue ait à peu près disparu, on retrouve encore chez Mpéséni la plupart des usages zoulous : ainsi, le pays est administré par des ministres appelés zxdounas; les citoyens sont divisés en catégories d'après leur âge et leur valeur personnelle : les hommes libres ayant fait leurs preuves portent sur la tête l'anneau de ciré; leurs oreilles sont fendues pour permettre d'y passer un morceau de bois ou une tabatière; on élève du bétail; on mange du lait caillé ; on dédaigne les armes à feu : autant

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d'usages importés exclusivement du Zoulouland. À ces mœurs d’origine se sont mêlées des coutumes locales (épreuve par le moavi, croyance aux fitis, aux esprits), qui sont empruntées aux peuples voisins : Sengas, Azimbas, Magandjas, dont autrefois un grand nombre se sont annexés volontairement aux envahisseurs, se dérobant par cette soumission au sort de leurs congénères, voués à la destruction; ces nouveaux venus se sont peu à peu fondus dans la race.

De toutes les particularités qui caractérisent les mœurs des Mafsitis, je ne retiendrai ici que quelques usages sociaux assez intéressants.

J'ai parlé plus haut d’une distinction qui existe entre les différentes classes de citoyens du sexe masculin au double point de vue social et militaire, car nous sommes, ne l’oublions pas, chez un peuple essentiellement guerrier.

Les tout jeunes gens commencent par garder les bestiaux; ils restent pâtres Jusqu'à quinze ou seize ans : libre à eux de boire du lait s'ils l’aiment.

L'arrivée à l’âge de la puberté donne lieu à des fêtes : les jeunes Mafsitis deviennent alors #aféras, c’est-à-dire apprentis guerriers ; ils ne peuvent plus désormais boire de lait, celui-c1 étant réservé aux femmes et aux enfants.

Le jeune homme fait un Jour ses premières armes, et de #aféra devient £fabaenda, jeune guerrier. Il est ensuite classé successivement, selon son âce, dans diverses milices qui portent le nom de mabéma, de madjah'a, etc.; puis plus tard, homme fait, marié, chef de famille et ayant donné des preuves de courage, 1l devient #donda, titre qui lui confère le privilège de porter l'anneau distinctif.

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Cet anneau est généralement en cire (comme au Zoulouland) ou bien en nerf de bœuf ramolli et roulé ; il est noir, de forme régulière, très lisse, de la grosseur du doigt, et se fixe soit sur la tête comme une couronne, soit en arrière des oreilles ; il adhère aux cheveux ou à la peau d’une façon définitive et n’est jamais enlevé ; on l'appelle cÆz7070 chez Mpéséni (1).

En temps de guerre, chacune des milices que Jai citées opère pour son propre compte ; Jeunes et vieux essayent de se surpasser mutuellement, et lémulation qui en résulte est au profit de la cause commune ; contre un ennemi bien organisé, 1l serait possible qu'il en résultât quelque désordre, mais les opérations de guerre de Mpéséni, n'étant, en général, que des attaques du plus fort contre le plus faible, prennent plutôt le caractère d'actes de brigandage; elles n’ont rien qui soit de nature à provoquer l'admiration. Les Mafsitis se sont conduits depuis trente ans comme des égorgeurs, comme de véritables oiseaux de proie. Puisse la récente campagne faite par les Anglais chez eux arrêter leurs déprédations et donner enfin un peu de tranquilité aux populations du Zambèze.

À noter encore, chez Mpéséni, l'absence de cimetières: on enterre les morts n'importe où, dans le sous-sol des cases, des rues. La case du mort continue à servir aux vivants, tandis que, chez les peuples voisins, elle est abattue après l'enterrement. Les orands dignitaires seuls reçoivent leur sépulture

(1) Chez Tchikoussi et Mpéséni, les chefs ou les indounas portent quelquefois cet anneau de forme plus élevée et plus plate.

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N1. — Mafsitis (Kabaendas).

MPÉSÉ

DU ZAMBÈZE AU CONGO FRANÇAIS 75 dans les enclos à bœufs que l’on voit partout dans les villages.

Le bétail est la richesse du pays ; c'est avec des bœufs que l’on dote la fille ou le fils, que l’on paye les amendes ; le roi et ses indounas possèdent des centaines de ces animaux ; les simples sujets, quelques-uns. Le lait caillé, presque solidifié, est la nourriture nationale; le beurre sert comme graisse pour la cuisson des aliments; on l'emploie aussi pour s'oindre le corps et les cheveux. La viande ne se mange que dans les grandes circonstances, et la peau sert à confectionner les Aussi achètet-on beaucoup plus aisément dix esclaves qu'un bœuf ; le seul de ces que nous ayons mangé nous a d’ailleurs été offert par Samba-Mropa, le premier ministre du roi.

boucliers.

animaux

En revanche, dans les endroits peuplés, nous achetions du lait tant que nous en voulions; nous étions pour la première fois dans un pays où l’on savait traire; partout ailleurs, en achetant une chèvre, 1l fallait montrer aux indigènes la façon d’'obtenir le lait ; pour eux, la méthode la plus simple consiste toujours à sucer la mamelle avec la bouche et à «déposer» ensuite le liquide dans la calebasse; malgré la beauté de leurs dents (dont, soit dit en passant, la réputation est usurpée), je préfère devoir mon café au lait à un procédé moins... compliqué...

Je reviens aux Mafsitis.

Ils ressemblent à tous les noirs de la région on trouve chez eux, comme partout, de beaux hommes à physionomie ouverte. Le tatouage n'est pas en usage ; en revanche, l'ouverture des oreilles est usitée chez les deux sexes ; les femmes portent dans la lèvre supérieure un ornement que lon

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appelle le pe/élé et dont j'ai déjà parlé autrefois (1).

La coiffure de guerre est originale : elle se combose de plumes diverses, longues et souples, arran-

œées en un chignon que l’on s'attache sur la tête

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le d'un cordon passé sous le menton, selon

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le goût des individus, ce chignon forme une simple LAS AO : be ] ° A | à |. L Saba | FEES ns PIERRE houppe ou bien, plus abondant, retombe sur les RL 7 ; , côtés de la tête. Au moment de l'attaque, le bruit assourdissant des boucliers frappés à coups redoublés, la vue de ces ficures féroces coiffées de

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plumes ébouriltées par le vent, tout conspire à

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que les paisibles populations, souvent surprises la nuit, à la lueur de l'incendie, par ces bandits, les

aient appelés Mafsitis (démons).

En | A Tr . 1 . < ve P F ae >: / " L A À de 14 Es À Les Mafsitis m'ont expliqué eux-mêmes la cause

du dédain qu’ils ont pour les armes à feu. Avec le fusil à pierre ou à capsule, disent-ils, l’homme est perdu dès qu'il a fait feu une fois, car 1l n'a pas le

temps de recharger. Leur tactique consiste Juste-

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ment à profiter de cet inconvénient, lorsqu'ils ont na . Ë « $. En M Ê - . £ d À à 74 C > . % * EE / ) 7 LS faire à des ennemis armés de fusils. Cachés der-

rière leurs grands boucliers et accroupis, 1ls s'approchent lentement jusqu'à ce que l'adversaire ait tiré; Q 1

is bondissent alors en avant sur l'homme désarmé, NN SR POTTER, RÉPARER EX.

ct les casse-tête, les sagaies pleuvent sur lui. Ces brigands ont, en revanche, un respect particulier pour les armes perfectionnées ; 1ls savent, tout

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au moins par oui- 2 dé t , ? . 2,9 » tir rapide. Pendant mes pérégrinations au nord

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du Kapotché, à Missalé, à Foulankoungo et autres

(1) Du Cap au lac N'yassa, p. 339.

points de la frontière de Mpéséni, Jai souvent rencontré des bandes de Mafsitis en route pour EE razzia ; Je navals avec moi, la plupart du temps, que mes chasseurs et mes porteurs d'eau, D nant un groupe de sept ou bruit personnes, tandis que souvent les Mafsitis étaient fort nombreux Leur premier mouvement consistait toujours à

cacher; puis la vue dun blanc et une ré lutaire sur la portée de ses armes à feu les faisaient bientôt changer de tactique : ils passaient pe chemin. D’autres fois, payant d’audace, ils se portaient d ma rencontre, tandis que je continuais ma route d'un air indifférent: arrivés à quelque distance, ils

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à terre en signe de paix, puis, s'avançant sans armes, ils se e ne à auelaues as et la au: lent 11S S£ rYOUP: al nt LOL 1S d Qu IQU … pas el Claqualeri a } RAT ) | 1? s , : 2 14 des mains à l’unisson, ou bien l’un d'eux me saluait |

1 k 5 PNEU AR EL RE UE À D Pr les mots d’ usage : [l e conne, MSOUN20, \ Bonjour,

A voir ces hommes, jeunes pour la plupart, aux

belles figures sans tatouage auxqu fais la coiffure de plumes donne un je ne sais quoi de mâle, de martial, de décidé, on n’eût jamais cru que leur plus

ande joie était d'égorger des vieillards, des

des enfants, et de porter sans remords la ruine chez de pauvres gens inoffensifs.

Parfois, au COUTS de ees rencontres, OT] sa ei di tous un instant, au pied d’un arbre, pour échang quelques mots; je ne pouvais résister au désir de questionner les Mafsitis sur leurs atrocité s. Un jour,

je leur demandait à brûle-pourpoint pourc quoi, quand

ils prenaient des femmes, ils tuaient toujours leurs enfants en bas âge. On me répondit qu'une femme

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autres prisonniers; puis il faut qu’elle mange beaucoup pour avoir du lait; or, on n'avait souvent rien à donner aux captifs pendant plusieurs jours, et l'enfant devait nécessairement mourir en route autant valait s'en débarrasser tout de suite sans épuiser la mère. On me donna ces détails en les entremêlant d'éclats de rire, comme on explique une chose très amusante, très cocasse : on avait l'air de se dire : « Fait-il de drôles de questions, tout de même! Ah! ah!»

Mon habitude d'interroger les noirs sur leurs mœurs me valut quelquefois des réparties plus gaies, celle-ci entre autres, qui est empreinte d’un certain esprit d'observation. Nous causions autour du feu des usages des blancs et des noirs; chacun mettait

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son mot; 1l m'arriva de dire que, chez nous, on considère comme malpropre, en général, de se moucher avec les doigts.

«Ah! oui, riposta un de nos porteurs magandjas, vous préférez vous moucher dans un petit chiffon que vous mettez soigneusement dans votre poche, comme quelque chose de précieux ; nous, nous préférons le jeter.»

Je ne trouvai rien à répondre ; cette réflexion, frappée au coin du bon sens, ne me paraissait pas dépourvue d’une certaine ironie.

Un chef me dit une fois : « Tu prétends que dans ton pays 1l y a de belles étoffes et beaucoup à manger, que les femmes de ta race sont belles, qu'on boit de la bière tant que l’on veut, que l’on vit tranquille et heureux. Puisque tu n’achètes ni ivoire n1 esclaves, pourquoi donc alors quittes-tu tout cela pour venir dans un pauvre pays comme le nôtre? Que diable viens-tu faire 11? Ou bien tu mens, ou

bien les blancs ont un cœur très différent du nôtre et que je ne comprends pas.»

Essayer d'expliquer à un noir tout ce qui a un sens abstrait, comme la passion des aventures, de la chasse, du mouvement, en un mot des impressions morales, c’est perdre son temps ; du moment que cela ne peut ni se manger, ni se boire, n1 se voir, cela n'existe pas : chasse, guerre, agriculture, tout cela pour l’indigène est un travail destiné à rapporter quelque chose ; chasse signiñe viande qui se mange, ou ivoire qui procure soit des étoffes, c'est- »-dire des vêtements, soit de l'argent avec lequel on achète le bétail et les esclaves dont on a envie; tout évolue pour le noir autour de ce matérialisme borné.

Quand on me voyait recueillir des insectes, des serpents ou d’autres animaux, c'était toujours les mêmes questions.

—— Pourquoi le blanc emporte-t-1l toutes ces bêtes chez lui?

__ Parce qu'il n'y en a pas chez nous, répondais-Je.

Vous les mangez?

Non.

— Alors, qu'est-ce que vous en faites ?

— On les montre aux autres blancs qui ne sont jamais venus 1CI.

— Ah! Et qu'est-ce qu'ils disent en les voyant?

__ Jls ne disent rien, ils les regardent.

— Ah!

Et on restait persuadé quand même que je faisais des collections de comestibles pour mêés com-

patriotes.

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Je reprends le cours de notre voyage dans le nord de Mpéséni. Continuant notre route, nous arrivons chez son voisin, Moassi, en décembre 1805. Ici, les habitants ont subi fortement l'influence arabe ; Moassi lui-même me parait avoir du sang zanzibarite dans les veines. Les gens du pays ressemblent beaucoup à ceux de Mpéséni, mais 1ls portent le nom de Chêvas ; ce sont des descendants des anciens Zoulous, comme d’ailleurs leurs voisins de l’est établis sur le lac Nyassa et sujets de Jumpbeé,

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autre chef arabe.

Moassi et Jumbé sont brouillés à mort (1).

Accueillis comme amis par le premier, nous ne pouvons rendre visite au second et nous décidons, après notre séjour sur ce territoire, de retourner vers le sud sans pousser jusqu'aux rives du lac Nyassa, quoique nous n'en soyons éloignés que de 70 kilomètres. En attendant le moment propice pour reprendre mon chemin vers le lac Bangouéolo, je désirais d’abord visiter un district assez intéressant, celui de la Boua, et retourner de là dans le haut Kapotché. La Boua est une rivière qui part des confins de Mpéséni, dans le pays de Missalé, et qui se jette dans le Nyassa au nord de Kota-Kota.

La seule chose qui m'ait frappé chez Moassi est le développement de la traite des esclaves ; les caravanes arabes visitaient constamment son territoire; à chaque pas, au cours du voyage, nous en avons rencontré, les unes arrivant avec des étoffes, de la

poudre, des armes à feu; les autres repartant avec

des convois de captifs plus ou moins chargés d'ivoire.

(+ à 4 nllié nou laser maen is r ln Mhnacei (r) Jumbé, allié aux Anglais, causa la perte de Moassi n M" rQ hrs en 109

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