‹ La traversée de l'AfriqueChapitre 50 sur 106 · LA À · texte numérisé non relu

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éd

résolu de passer par le nord, j'avais à combiner mon itinéraire de façon à ne pas revenir vers le sud.

Malheureusement ces projets ont dû être aban-

donnés, comme on le verra plus loin, et Jai été forcé. au dernier moment, d'en adopter un autre

plus en rapport avec les circonstances.

Comme on le sait, l'Etat indépendant du Congo

n eu récemment à combaïtre, dans ces régions,

| plusieurs révoltes d’'indigènes. Les Belges ont | |

toujours [ait face avec )EeAUCOUD de tenacité aux

mécontents, et 1ls sont arrives,

les belligérants, du moins à les apaiser. Il est

SinO1I] à sO11] lettre même remarquable de constatei (soit dit en pas- ; \

4 > = - y 5 . x . - \ > 11 As … NPA sant, et sauf à y revenir plus tard) de qu Ile façon

une minorité d'Européens a pu tenir en respect

des peuples aussi puissants et d'un caractère aussi difficile que les Batétélas, les Bassongos ou le

Bakoussous, par exemple.

Au moment où jaurais voulu me rendre du Katanga au Kassai, ce voyage était absolument impraticable ; tout le pays entre le Loualaba, le Louapoula et une partie du haut Kassaïi était en guerre, et aucun des Arabes que j'ai consultés ne m'a conseillé de tenter le passage sans une grosse escorte armée. Les officiers belges eux-mêmes ne croyaient pas la chose prudente, et 1ls m'assurèrent que leur devoir était de m'empêcher de passer.

Engager une escorte était une opération fort

A te DANS em an en dei (1 CEA ] RS RES nr RENE PET difficile ; j'avais déjà assez de peine à trouver des

porteurs, sans aller me mettre » recruter des soldats. Et quels soldats! Des gens qui auraient peut-être pris la fuite au premier coup de fusil.

Une des raisons pour lesquelles je tenais à

prendre cette voie était mon vif désir de visiter le Congo ou Louapoula près de sa source ou, tout au moins, près du lac Moëro. Puisqu'il ne m'était pas possible d'y aller par le sud, je songeai à m'y rendre autrement. Avant tout, il fallait me renseigner et, pour cela, attendre le résultat de mon voyage sur le lac; je me déciderais ensuite.

Mais mon séjour dans cette partie de l'Afrique ne fut qu'une suite non interrompue de déboires. Le premier fut le départ de Bertrand, mon dernier compagnon. Les fatigues et le climat l'avaient fortement éprouvé; je craignais, en l’emmenant plus loin, que le sort ne lui fût fatal, et malgré le vif désir que j'avais de ne pas me séparer de lui, Je dus céder à la raison et le faire rentrer en Europe alors qu'il était encore en état de le faire plus loin, c'eût été trop tard, et il lui eût fallu coûte que coûte aller de l'avant.

Je me suis heureusement trompé dans mes pronostics sur la gravité de son cas, car il s’est si rapidement remis pendant son voyage de retour, quil renonça à rentrer en France, et il est resté au Nyassaland, où il fait actuellement des essais de plantation de café. Mais quand il fut rétabli, il était trop tard, hélas! pour qu'il pût songer à

e rattraper : jétais déjà loin! C’est bien regrettable, car si, d'un côté, Je suis heureux aujourd'hui que les grosses fatigues et les misères que nous avons endurées lui aient été épargnées, en revanche, quelle joie c'eût été pourtant si nous avions pu achever le voyage ensemble!

On ne vit pas impunément l’un avec l’autre pendant des années, luttant pour la même cause partageant la même existence, les mêmes joies, les mêmes

Mme

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