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des villages assez nombreux. Deux petites étapes le long de la rive droite nous conduisent à son embouchure et enfin à Kapemba, au bord du lac Tanganyika, et à 55 milles au nord de l'endroit où nous l'avons quitté vingt et un jours auparavant.
J'installai mon camp sur une colline élevée. Un accès de fièvre violent fut le résultat de tous les soucis et de toutes les contrariétés que j'avais éprouvés; Je me remis néanmoins après deux ou trois Jours de repos complet; mais je n’en avais pas ln: avec les ennuis : devant moi se dressaient d'autres désappointements.
Qu allais-je faire maintenant? A quel parti m'arrêter ? J'avoue que j'étais excessivement embarrassé.
Chérif arriva sur ces entrefaites, ayant brülé la politesse à messieurs les Baouimas la nuit même où ils perdirent nos traces et campèrent à la Nyamba ; 1l me félicita de la rapidité avec laquelle nous avions fait notre chemin : à chaque instant 1] avait craint de nous rencontrer. Parmi les bandits, la famine s'était mise de la partie, ce qui avait contribué à ralentir leur poursuite; on avait attrapé trois malheureux indigènes qu'on avait mangés bien maigre repas pour 580 hommes! Deux jours plus tard, on avait perdu nos traces et le découragement s'était emparé des chefs; des palabres avaient eu lieu, suivies de rixes, et Chérif avait jugé le moment venu de se dérober aux responsabilités qu’on allait faire peser sur lui. Il avait abandonné ses effets et avait perdu d:u1x charges d'étoffe que le roi lui avait fait laisser en lui disant qu'il les retrouverait à son retour. Je l’indemnisai largement, car J'avais contracté envers ce brave garçon une dette de réconnaissance : sans: lui, c'en
était f: ait de l'expédition. Il déclara qu'il resterait avec moi quelque temps, car lui aussi ne savait plus
que faire sa petite tournée de commerce étant des0rmals compromise
De mon côte, j'ai al eu sep désertions pendant le cours du voyage. Lu conséquence en avait été l'abandon d'un nombre égal de charges; Je fus donc forcé d'abandonner la tête de mon grand élé phant (1) an d'en utiliser les porteurs, et le crâne du colosse restera pour toujours dans une ravine des monts Mitoumbas.
Au moment de notre arrivée au lac, je fus témoin d'une trombe. Le vent était violent, le ciel oris, mais le lac peu agité : la colonne d'eau, presque invisible au centre, semblait se relier aux nuages; un instant, elle parut stationnaire, puis elle s'éloigna vers le sud avec une rapidité extrême, un gros orage éclata au moment où elle se mettait en mouvement. Ce phénomène est assez fréquent, paraît-il, à certaines époques de l’année.
Le quatrième jour de l’arrivée au Tanganyika, on vint me dire que le petit vapeur que nous avions vu à Tchitouta, le Good News, s'approchait de la côte vers le sud, sans doute pour faire du bois. C'était une aubaine inespérée pour moi, qui cher chais des moyens de transport. J'écrivis nmédiite ment au capitaine pour lui demander de me conduire avec mes hommes sur deux ou trois points de la côte ouest du lac. Le capitaine Gibson me répondit affirmativement et m'annonça quil vien-
(1) Mais non ses défenses, que j'ai encore et qu'on peut voir à l'Exposition universelle avec les résultats de ma
mission. (Ministère de l'Instruciion publique, classe III.)
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drait me voir le soir même à ce sujet; en effet, il jeta l'ancre devant la baie et descendit à terre, où je lui offris un frugal diner. Il fut convenu que, moyennant une somme fixée d'avance, 1l se charserait de me transporter sur les divers points où je comptais trouver des renseignements.
Le Good News était un minuscule vapeur, beaucoup trop petit pour naviguer sur les eaux mouve: mentées du Tanganyika ; aussi s’était-1l borné, depuis quinze ans qu'il existait, à voyager pendant les calmes, en se mettant à l'abri aux heures du vent. C’est donc de préférence la nuit et le matin quil effectuait ses parcours.
J'épargnerai au lecteur les nouvelles pérégrinations au cours desquelles je revisitai plusieurs points déjà vus; je me bornerai à mentionner la visite que je fis aux Pères Blancs à Mpala. Le Père Guillemé, un des plus anciens dans le pays, my donna avec amabilité quelques renseignements précieux dont je le remercie. Je dois, du reste, l'expression de ma vive gratitude à tous les religieux de cet ordre, si utile et si dévoué à la cause africaine, pour l’accueil cordial qu'ils m'ont fait dans leurs stations.
À Mtova était le capitaine Debergh, représentant de l'Etat indépendant du Congo sur le Tanganyika. Il commença par me déclarer que son devoir était de m'empêcher de passer, mais que, si je tenais absolument à le faire à mes risques et périls, il voulait de cette décision prise par moi une déclaration écrite où je mentionnerais en même temps qu'il avait fait pour me dissuader tout ce qui était en son pouvoir; il ajouta que, si je persistais à passer par le Manyéma, il me donnerait une
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